58 Lettres

Lettre 4581 de Jean-Pierre Crousaz  à Jean-Alphonse Turrettini

Lausanne 21.02.1734

Nous avons... des grans

De Crousaz félicite JA de son abrégé d'histoire ecclésiastique, qui est un ouvrage de tête qui va beaucoup servir à la jeunesse alors qu'il y a beaucoup de gros volumes sur la même matière qui sont des ouvrages de main; il a été touché par la délicatesse de l'épître dédicatoire [Turrettini, "Augustissimo"], preuve d'une amitié véritablement tendre. Il a éprouvé beaucoup d'amertume en voyant toutes les manœuvres par lesquelles on a essayé de plonger le jeune prince [Friedrich II de Hesse-Kassel]...

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Lausanne 21.02.1734


Lettre autographe, signée. Inédite. (F)
Bibliothèque de Genève, Ms fr 486 (f.54-55)


Nous avons... des grans


De Crousaz félicite JA de son abrégé d'histoire ecclésiastique, qui est un ouvrage de tête qui va beaucoup servir à la jeunesse alors qu'il y a beaucoup de gros volumes sur la même matière qui sont des ouvrages de main; il a été touché par la délicatesse de l'épître dédicatoire [Turrettini, "Augustissimo"], preuve d'une amitié véritablement tendre. Il a éprouvé beaucoup d'amertume en voyant toutes les manœuvres par lesquelles on a essayé de plonger le jeune prince [Friedrich II de Hesse-Kassel] dans le goût de la dissipation et de l'éloigner des entretiens avec son gouverneur; et cela dans le seul but de faire apparaître de Crousaz comme inutile aux yeux du père [Wilhelm VIII]. Pour atteindre cette fin, on n'a pas hésité à se servir finement de [Jacob] de Chapeaurouge et de JA lui-même. Pendant ce temps-là, de Crousaz a reçu un magnifique papier sans que pourtant aucun ordre ne fût mis à exécution. On n'a rien fait à propos des assignations promises et, depuis son départ de Genève, il n'a rien reçu de Cassel. Toutes ces manœuvres sont l'ouvrage de de Donop. Heureusement qu'entre-temps le jeune prince a repris ses anciennes inclinations et retrouvé son bon goût. Pour le reste, de Crousaz a laissé passer une occasion favorable d'occuper une chaire de morale, qu'on lui aurait accordée avec beaucoup de remerciements, mais il n'a pas voulu paraître insatiable ou méfiant à l'égard des promesses du prince. Ce qu'on lui assignait lui suffisait et lui laissait le loisir de travailler sans contrainte. Il doit du reste encore recevoir la moitié des gages de l'année précédente. Il est charmé par le zèle de la République genevoise et convaincu que l'amour de la liberté se nourrit de celui de la religion. Son admiration est complète et sa confiance sera totale quand il apprendra que le matérialisme est abattu, le juste fondé sur d'autres principes que l'utile, l'épicurisme méprisé et la jeunesse revenue d'une dissipation entraînant le libertinage d'esprit. [Philibert] Clerc, le professeur d'éloquence, est mort la nuit même des suites d'une fièvre maligne. C'est une grande perte; il plaint sa mère [Catherine-Marie], qui vit encore, et sa veuve, qui est une femme d'esprit et de mérite.

Adresse

[Genève]


Lieux

Émission

Lausanne

RĂ©ception

Genève

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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