207 Lettres

Lettre 2383.1 de Benjamin Chauvet de Masse Ă  Jean-Alphonse Turrettini

Bernau 09.06.1713

Ma persuation de vÎtre bonté

Benjamin Chauvet de Masse a reçu une proposition dont il aimerait faire part son cousin JA. Pour pallier la situation difficile dans laquelle il se trouve Ă  cause de la diminution dont souffrent dans le pays les pensions de guerre et de la nĂ©cessitĂ© de subvenir aux besoins de sa femme [Marie] et de ses enfants [Daniel et Rachel-Isabelle], on lui suggĂšre d’essayer d’obtenir un poste de surintendant auprĂšs du comte Alexandre de Dohna, poste jadis occupĂ© par feu La Conche et par ses successeurs. Il...

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Bernau 09.06.1713


Lettre autographe, signée. Inédite. (F)
Archives de la Fondation Turrettini (GenĂšve), 1/GD 5


Ma persuation de vÎtre bonté


Benjamin Chauvet de Masse a reçu une proposition dont il aimerait faire part son cousin JA. Pour pallier la situation difficile dans laquelle il se trouve Ă  cause de la diminution dont souffrent dans le pays les pensions de guerre et de la nĂ©cessitĂ© de subvenir aux besoins de sa femme [Marie] et de ses enfants [Daniel et Rachel-Isabelle], on lui suggĂšre d’essayer d’obtenir un poste de surintendant auprĂšs du comte Alexandre de Dohna, poste jadis occupĂ© par feu La Conche et par ses successeurs. Il aurait dans ce cas le congĂ© du roi [Friedrich Wilhelm I]. Au premier abord il a trouvĂ© cette proposition Ă©trange mais par la suite, au vu de sa situation actuelle difficile, il a finalement trouvĂ© souhaitable qu’elle se rĂ©alise. Il demande l’avis de JA et si celui-ci partage son avis, il Ă©crira au comte ; mais dans ce cas il faudrait aussi que quelqu’un d’autre sollicitĂąt le comte puisque sa seule dĂ©marche ne serait pas efficace. Il a Ă©tĂ© nourri Ă  la campagne, s’y connaĂźt en agriculture et, grĂące Ă  Dieu, jouit d’une bonne santĂ©. Il demande instamment l’avis de son cousin ; s’il devait ĂȘtre nĂ©gatif, il le prie de lui indiquer quelques autres ouvertures possibles. Beaucoup d’honnĂȘtes gens sont dans la mĂȘme situation de l’expĂ©diteur. Il informe sa tante [Isabelle II Turrettini] de la mort de sa sƓur [Madeleine] de Pluviane ; elle avait fait un testament clos, qu’elle gardait prĂšs d’elle, instituant sa sƓur Turrettini comme hĂ©ritiĂšre, avec substitution en faveur de Chauvet. Ce testament ne se trouve pas ; au cas oĂč il ne rĂ©apparaitrait pas, sa tante Turrettini serait-elle l’hĂ©ritiĂšre en sa qualitĂ© de plus proche parente ? Quelles mesures devrait prendre l’expĂ©diteur Ă  l’égard des Ă©ventuels prĂ©tendants Ă  l’hĂ©ritage, compte-tenu du fait qu’il y a une procuration en sa faveur faite quelques annĂ©es en arriĂšre ? Cette procuration contient une clause rude qui ne lui fait pas honneur et qui risque de le mettre dans une mauvaise posture puisqu’il est tenu de rendre compte de tout ce qu’il gĂ©rerait et exigerait, ce qui pourrait l’exposer Ă  des chicanes malgrĂ© la fidĂ©litĂ© avec laquelle il s’est occupĂ© de cette administration. Il souhaite que sa tante remĂ©die rapidement Ă  cette situation afin qu’il ne soit pas inquiĂ©tĂ© et traitĂ© comme un misĂ©rable praticien, sans probitĂ© aucune. Il croit que sa tante ne souhaite pas qu’il soit traitĂ© de la sorte mais il faut qu’elle soit avertie de la situation. Il demande Ă  JA de l’en informer. La succession de Madame de Pluviane n’est pas considĂ©rable puisque la dĂ©funte a aidĂ© ses neveux et ses niĂšces dĂšs le dĂ©but du refuge jusqu’à aujourd’hui. Le capital avait commencĂ© Ă  diminuer du temps du dĂ©funt mari de sa tante [Louis-Didier]. Depuis, une des sƓurs de l’expĂ©diteur a reçu deux-mille livres pour son mariage, une autre quelques centaines d’écus. Le capital a payĂ© ainsi plusieurs noces et a comblĂ© le dĂ©ficit des revenus des uns et des autres en vue de contribuer Ă  leur subsistance. Chauvet prĂ©fĂšre s’adresser Ă  JA plutĂŽt que directement Ă  sa tante Turrettini puisque cela fait longtemps qu’il n’a pas de ses nouvelles et craint qu’elle ne soit pas malade et que les informations relatives Ă  la succession qu’il vient de donner ne soient perdues au dĂ©triment des lĂ©gitimes intĂ©rĂȘts de JA et de sa mĂšre. Pour ne pas grossir ce paquet il ne joint pas l’enveloppe, il a confiance en JA et de la lecture qu’il fera de la lettre Ă  sa mĂšre.

Adresse


Lieux

Émission

Bernau

RĂ©ception

Conservation

GenĂšve


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