349 Lettres

Lettre 4775 de Georges Polier de Bottens à Jean-Alphonse Turrettini

Lausanne 14.07.1735

Je reçeus avant hier

Polier est très reconnaissant du présent de JA qui lui a offert les deux dernières thèses [De legibus naturalibus, pars prima, 1735] dont il a enrichi le public; il avait déjà, grâce à [Marc-Benjamin] Rosset [de Rochefort] lu celle sur la liberté humaine. Il les a lues et relues avec grand plaisir, en en appréciant la clarté, la solidité, la précision et les lumières. Après les avoir lues toute personne raisonnable devrait avoir honte d'avoir un sentiment contraire. Pour ce qui con...

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Lausanne 14.07.1735


Lettre autographe, signée. (F)
Archives de la Fondation Turrettini (Genève), 1/Gd.P.28

Budé, Lettres, III, p.248-252. Omissions.


Je reçeus avant hier


Polier est très reconnaissant du présent de JA qui lui a offert les deux dernières thèses [De legibus naturalibus, pars prima, 1735] dont il a enrichi le public; il avait déjà, grâce à [Marc-Benjamin] Rosset [de Rochefort] lu celle sur la liberté humaine. Il les a lues et relues avec grand plaisir, en en appréciant la clarté, la solidité, la précision et les lumières. Après les avoir lues toute personne raisonnable devrait avoir honte d'avoir un sentiment contraire. Pour ce qui concerne les pauvres Églises du Désert, le retour de B[oyer] a causé plus de divisions que jamais, moins par sa faute, semble-t-il (il est maintenant beaucoup plus doux) que par celle de ses confrères qui refusent de le recevoir à la paix de l'Église et de l'autoriser à prêcher, sous prétexte qu'il est encore sous l'interdiction du synode. Les Églises du voisinage se sont massivement déclarées pour lui; ils ont envoyé des députés à l'assemblée synodale des Cévennes pour en demander la réhabilitation et lui donner plein pouvoir de prêcher et de convoquer des assemblées à l'exclusion même des autres pasteurs s'ils s'y opposaient. Mais il apprend par une lettre de Boyer qu'ils ont réservé le consentement des commissaires nommés par la Vénérable Chambre des examinateurs de Zurich auxquels ils doivent envoyer un acte de soumission mais cela sous deux conditions: 1) que les autres en envoient un semblable 2) que l'on juge à rigueur de droit de toutes les plaintes portées les uns contre les autres. Il doute que les dits confrères acceptent ces conditions et, même si cela se faisait, il est à craindre qu'une sentence de Suisse ne puisse rétablir la paix en raison de la grande prévention qui règne parmi eux pour et contre Boyer. C'est pourquoi il pense que cette affaire devrait se terminer devant un synode général du Languedoc, plus complet que celui qui avait prononcé la condamnation et dont tout le monde s'engagerait à respecter les décisions. C'est ainsi que s'est terminée autrefois l'affaire [Alexandre] Morus. Polier aimerait avoir l'avis de JA sur toute l'affaire; il l'a déjà demandé à [Jacques] Vial mais sans résultat. Mauvillon, à Lausanne, semblait se destiner au service des Églises du Désert au moins comme catéchiste ou comme directeur des études des jeunes; Polier en avait une très bonne opinion mais elle a changé depuis que le jeune homme, dont on a encensé les quelques talents qu'il a pour la poésie, a commencé à fréquenter diverses compagnies qui n'ont d'autre but que de se divertir et qui lui ont fait reprendre le goût de ce monde et de ses plaisirs. Court et Polier l'ont mis en garde et il a promis d'être plus assidu aux devoirs de sa vocation. Mais l'expéditeur nourrit des craintes en dépit de tout car il pense que sa qualité de prosélyte et ses manières qui se ressentent du couvent qu'il a fréquenté risque d'éloigner les religionnaires de la confiance envers lui. Il lui en a parlé et lui a montré les dangers auxquels il s'exposerait lui-même et auxquels les Églises seraient aussi exposées, s'il n'avait pas les qualités requises. Il a semblé convaincu et décidé à exercer le ministère partout où l'occasion se présenterait. Ce qui le retient, c'est qu'il craint de perdre la petite pension dont il jouit et qu'il aimerait au contraire qu'elle soit augmentée. En effet sans cette aide, il ne peut payer que le logement et la nourriture et il doit déjà de l'argent à son hôte pour le blanchissage. Polier attend les directives de JA. Il serait bon que le professeur [Antoine I] Maurice écrivît quand même à Mauvillon en renouvelant les exhortations à se donner entièrement à l'étude de la religion s'il veut continuer à bénéficier de son petit bénéfice mais sans laisser voir que c'est une suggestion de Polier. Les autres proposants français qu'on a à Lausanne sont des modèles de piété et d'application pour l'étude.

Adresse

[Genève]


Lieux

Émission

Lausanne

Réception

Genève

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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