172 Lettres

Lettre 4704 de Jean-Alphonse Turrettini à Hans Kaspar II Escher

[Saconnex (Genève)] 02.11.1734

Etant informé par

La dernière lettre d'Escher informe JA que les esprits sont aigris contre lui à cause de la "Relation" ; il peut assurer son correspondant que c'est sans aucun fondement. Premièrement, JA n'en est pas l'auteur; deuxièmement, quand elle fut annoncée par les éditeurs [Galandre], JA eut la même réaction que son correspondant, craignant que cela ne fasse qu'aviver l'inquiétude. Il écrivit donc à [Jean-Frédéric I] Ostervald pour le prier d'empêcher la publication. Quelques semaines plus tard, les édi...

[Saconnex (Genève)] 02.11.1734


Lettre autographe, signée. Inédite. (F)
Zentralbibliothek (Zürich), FA v.Wyss III.102 (10)


Etant informé par


La dernière lettre d'Escher informe JA que les esprits sont aigris contre lui à cause de la "Relation" ; il peut assurer son correspondant que c'est sans aucun fondement. Premièrement, JA n'en est pas l'auteur; deuxièmement, quand elle fut annoncée par les éditeurs [Galandre], JA eut la même réaction que son correspondant, craignant que cela ne fasse qu'aviver l'inquiétude. Il écrivit donc à [Jean-Frédéric I] Ostervald pour le prier d'empêcher la publication. Quelques semaines plus tard, les éditeurs lui firent dire que la "Relation" était écrite avec beaucoup de modération et qu'Ostervald partageait cet avis. Malgré cela, JA ne céda pas mais, comme Escher après lui, il leur laissa une entière liberté pour la décision finale. Ils suivirent leur penchant et la firent paraître dans le Mercure du mois de juillet; il en fut fâché, mais après l'avoir lue, il dut convenir qu'elle était écrite de façon désintéressée et donnait un résumé fidèle des événements liés à la question des impôts. Il se rassura complètement quand il se rendit compte qu'elle avait été bien accueillie, mises à part quelques personnes outrées. C'est pourquoi il accepta la recommandation de certaines personnes de demander à Escher qu'il donne son consentement à la publication de la suite. Il n'y a donc pas de quoi s'irriter contre lui, surtout que, comme il l'a déjà dit, il n'est pas l'auteur de cette "Relation" ; si tel n'avait pas été le cas, il n'aurait pas supprimé de la "Relation" certains faits qu'il juge essentiels. Il est vrai que certains s'étaient mis dans la tête que JA était l'auteur de la relation mais le premier syndic [Louis Le Fort] a dit l'autre jour en Conseil que ni JA ni lui même n'étaient les auteurs. Il faut dire d'autre part que, pendant qu'on se plaint de cet écrit tout à fait modéré, on répand à Genève et à l'étranger des relations très partiales des événements. Comme JA est à la campagne, il n'a pas su si le Magistrat genevois avait reçu la nouvelle lettre des Cantons ni l'effet qu'elle aura produit. Mais il sait bien que la précédente n'avait pas eu d'effet sur la bourgeoisie; au contraire, leurs députés, au nombre de 32, ont présenté, huit jours auparavant, une nouvelle représentation où ils demandaient qu'on procèdât incessamment au jugement des auteurs du projet détestable [Philippe De Carro (?), Charles Lullin et Jean Trembley]. Cela montre le peu d'égards qu'ils ont pour la parole donnée et pour l'avis de LL.EE. On peut imaginer dans quelle considération sera tenue la recommandations de celles-ci d'"un oubli parfait et d'une irrecherchabilité générale et réciproque". Tel est l'avis des Conseils mais non pas celui de la bourgeoisie. Actuellement le Conseil est occupé à délibérer sur la nouvelle représentation. On est de plus en plus dans l'anarchie; pour preuve, l'affaire de [Jean] Tronchin dont JA a déjà parlé à Escher et beaucoup d'autres choses affligeantes. JA a fait un extrait de certaines choses importantes contenues dans la lettre d'Escher et l'a envoyé aux Messieurs du Conseil, qui ne manqueront pas d'en faire usage. Ils sont à plaindre, de même que l'État, menacé d'une entière ruine. Les montagnes sont depuis peu couvertes de neige et on a eu une forte gelée; cela annonce un hiver long et rigoureux. Les vendanges ont été médiocres. [Jacques-Antoine (?)] Arlaud vient de perdre sa mère [Jeanne], âgée de 96 ans et dont la santé a été bonne pendant toute sa vie, à l'exception des dernières semaines; elle était née la même année que Louis XIV.

Adresse

[Zurich]


Lieux

Émission

Saconnex (Genève)

Réception

Zurich

Conservation

Zurich


Cités dans la lettre