69 Lettres

Lettre 4390 de Jacob Vernet à Jean-Alphonse Turrettini

Rotterdam 08.09.1732

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Vernet et Marc Turrettini sont allés faire un tour à Amsterdam. [César Tronchin] Dubreuil n'a pas voulu reprendre les gazettes en prétextant qu'il avait déjà fait une grande grâce en les vendant à un tiers meilleur marché que les années neuves. Les autres libraires ne reprennent pas ce genre d'ouvrages. Tout ce qu'ils ont obtenu est la promesse de faire donner en échange pour 25 ou 30 florins de livres au choix de JA. Cela pourrait être par exemple le Journal des sçavans qui revient à 48...

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Lettre 4390 de Jacob Vernet à Jean-Alphonse Turrettini

Rotterdam 08.09.1732


Lettre autographe, signée. Inédite. (F)
Archives de la Fondation Turrettini (Genève), 1/Gd.V.1-II


Nous avons à repondre


Vernet et Marc Turrettini sont allés faire un tour à Amsterdam. [César Tronchin] Dubreuil n'a pas voulu reprendre les gazettes en prétextant qu'il avait déjà fait une grande grâce en les vendant à un tiers meilleur marché que les années neuves. Les autres libraires ne reprennent pas ce genre d'ouvrages. Tout ce qu'ils ont obtenu est la promesse de faire donner en échange pour 25 ou 30 florins de livres au choix de JA. Cela pourrait être par exemple le Journal des sçavans qui revient à 48 sols le volume. Ils ont présenté le mémoire de JA à Jacob Voordaagh, directeur de la Compagnie du Levant qui a dit qu'on en parlerait. Vernet a saisi l'occasion pour lui parler de la colonie française et genevoise qui est à Constantinople et qui a besoin d'un chapelain capable de prêcher dans leur langue. C'est en effet la Compagnie du Levant qui fait les frais de l'ambassade de Constantinople et c'est elle aussi qui pourvoit au service de la chapelle. Mais les étrangers ignorent le fait et apparemment s'adressent toujours aux États-Généraux qui renvoient à qui de droit avec une recommandation plus ou moins forte. Après en avoir discuté avec [Charles] Chais, Vernet est d'avis que le Conseil devrait écrire aux États-généraux sans témoigner aucune vue particulière mais en implorant leur charité envers tant de familles qui sont privées de la consolation d'une prédication dans leur langue. Il y a apparence qu'on cherchera un ministre capable de prêcher en français et en flamand; il ne pense pas qu'on puisse attendre davantage. Vernet a pris le parti d'écrire à [Pierre] Harenc, parent de la famille chez qui il a travaillé, et qui a été en poste longtemps à Constantinople pour connaître l'état de la colonie genevoise, les causes possibles de la division qui y règne outre celle liée aux deniers des pauvres, les remèdes possibles et la meilleure façon de s'y prendre pour procurer une prédication en français. Vernet, qui lui avait écrit à Sas de Gand, vient d'apprendre que Harenc est parti pour l'Allemagne, ce qui l'empêchera peut-être de répondre à sa lettre. L'intention de JA serait qu'ils passassent tout de suite en Angleterre mais pourquoi priver son fils du désir très légitime qu'il a de voir le camp de Breda, où vont tant d'étrangers, et certaines belles places de Flandres? En outre, s'ils s'en tenaient à leur projet, ils passeraient la mer à Calais et le passage serait beaucoup plus court que s'ils passaient d'ici. Ils ont déjà reçu une lettre de [François II] Pictet avec les renseignements demandés; ils ont également des lettres pour Anvers, Bruxelles et Douvres. Ils expédient d'ici le gros des hardes à Londres, ne prenant que le strict nécessaire puisque le voyage jusqu'à Calais ne durera que quinze jours. JA recevra des nouvelles le plus souvent possible mais pas régulièrement. Il dira par la suite comment ils doivent régler leur séjour en Angleterre. Les périodes les moins indiquées pour passer la mer sont novembre et février. La dernière somme de 800 florins qu'ils ont employée peut paraître un peu forte à JA mais c'était pour des choses nécessaires (habits, linge etc.). Le Traité de la justification [de La Placette] s'imprime actuellement; on en enverra à JA une douzaine d'exemplaires. Pour convaincre les libraires de ne pas publier le témoignage de JA, sur la base duquel ils avaient accepté la commission, Vernet a dû faire en leur nom un avertissement qui contient la substance du document de JA. Partout Vernet et Marc Turrettini ont essayé de répondre convenablement aux honnetêtés qu'on leur a faites. Il faudra en particulier que JA remercie Chais qui a été très obligeant. Il faudrait que JA envoie un nouveau certificat pour le docteur [Théodore II] Tronchin sans faire une mention exacte de l'âge, ce qui n'est pas trop favorable pour un jeune médecin. La commission pour le chocolat est arrivée trop tard et les divers essais qu'ils ont fait faire à la hâte ne leur ont pas plu. Il vaut mieux que [Julie] Turrettini en charge Madame Bennelle. Vernet a prêché à Rotterdam et à La Haye.

Adresse

[Genève]


Lieux

Émission

Rotterdam

Réception

Genève

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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