32 Lettres

Lettre 4383 de Jacob Vernet à Jean-Alphonse Turrettini

La Haye 13.08.1732

Outre mon ample

JA a dû apprendre par une lettre de son fils le désir de celui-ci d'acheter une pompe pneumatique qu'un habile ouvrier de Leyde a faite sur l'idée de [William Jacob] S'Gravesande. Vernet ne peut qu'encourager cette demande; c'est le genre de choses qui conviennent au jeune Turrettini, beaucoup mieux que les livres, et il y trouvera du plaisir et il en procurera aux gens de lettres. Outre cela, il mérite qu'on le lui achète puisqu'il ne fait aucun écart dans la dépense, comme les comptes le montr...

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Lettre 4383 de Jacob Vernet à Jean-Alphonse Turrettini

La Haye 13.08.1732


Lettre autographe, signée. (F)
Archives de la Fondation Turrettini (Genève), 1/Gd.V.1-II

Extraits dans Budé, Vie de Vernet, p.52-53, 53-54.


Outre mon ample


JA a dû apprendre par une lettre de son fils le désir de celui-ci d'acheter une pompe pneumatique qu'un habile ouvrier de Leyde a faite sur l'idée de [William Jacob] S'Gravesande. Vernet ne peut qu'encourager cette demande; c'est le genre de choses qui conviennent au jeune Turrettini, beaucoup mieux que les livres, et il y trouvera du plaisir et il en procurera aux gens de lettres. Outre cela, il mérite qu'on le lui achète puisqu'il ne fait aucun écart dans la dépense, comme les comptes le montrent. Vernet le laisse maintenant gérer seul la bourse pour qu'il s'habitue. Son idée est que le but de l'éducation est d'apprendre aux jeunes gens à se passer de leurs précepteurs. La maison de [Marie-Madeleine] Falaiseau convient parfaitement à Marc Turrettini; on y est comme chez soi, avec cette politesse aisée si propre à former un jeune homme. On y respire les manières et le bon air de Paris. [Charles] Chais est très aimable avec eux et il les introduit chez ses amis; Vernet lui sait particulièrement gré de ne pas lui parler de leurs affaires ecclésiastiques, ce qui ne manquerait pas de l'embarrasser. Il lui a laissé la liberté de voir tout le monde et de garder la neutralité. Les autres ministres de La Haye en ont usé de même; ils ont montré beaucoup de respect pour le nom de JA et bien des civilités pour les voyageurs. Chion et de La Chapelle ont montré de l'attachement pour JA. Vernet les a tous entendus prêcher; ils ont chacun leurs talents. Il a lui-même prêché une fois et il a eu l'impression qu'on avait été content de lui; il s'est conformé au goût du pays dans le choix du sujet en prenant comme verset "je n'ai point honte de l'Évangile du Christ". Ils ont beaucoup fréquenté [Charlotte Pape] de Saint-Auban qui est une personne de beaucoup d'esprit. Ils ont aussi vu de nouveau [Evert Joost Lewe] van Aduard qui leur a permis de rencontrer [François] Fagel, le greffier et deuxième autorité de l'État, également habile dans les affaires et dans la science. Il possède une belle bibliothèque assortie de médailles modernes. Ils auraient pu être présentés au Grand Pensionnaire [Slingelandt] s'il n'avait pas été horriblement incommodé par la goutte. Rien n'est encore décidé pour ce qui concerne les Vaudois et l'emploi de la collecte générale; mais on négocie avec les Cantons suisses pour leur faire toucher 50'000 livres. On ne sait pas à quoi on affectera le reste de la somme. Vernet et Marc Turrettini ont reçu l'argent de [Paul] Bennelle; le jeune homme devait s'habiller et il a donné un habit et son chemisier à Simon ; ils ont été aidés dans le choix par Madame Falaiseau. Vernet lui-même a dû acheter plusieurs choses. Tout cela grossira beaucoup le prochain décompte mais on ne pouvait pas faire autrement, à moins d'être sortis de Genève mieux équipés. Tout le monde les exhorte à aller voir la campagne qui doit se clore le 5 septembre; ils y verraient les deux fils de [Lewe van] Aduard [Evert Joost et Berend] et de Falaiseau [Joseph]. Le spectacle devrait être beau et ils ont l'intention de s'y rendre. Le départ pour l'Angleterre n'en sera retardé que de quinze jours. Ils pourront ainsi voir également Bruxelles et Anvers (?) en trois jours et rejoindre Girardeau et Mussard [V], qui sont là avec leurs femmes, au moment où ceux-ci retourneront à Londres. Ils attendent des lettres de recommandation pour l'Angleterre de la part d'[Ami] Lullin, qui les a promises, de même, naturellement, que de JA. On commence à se faire du souci sur la destination de la flotte d'Espagne mais on saura à quoi s'en tenir avant le départ. Vernet règle ensuite quelques problèmes concernant les comptes et une commission de [Julie] Turrettini. De Putter, un ancien proposant de Genève, a été pourvu de l'Église de Naerdem. Ils ont vu Consul, chargé d'une commission de Suisse relative aux Vaudois, mais Vernet n'a pas pu en savoir beaucoup sur lui. Ils voient assez souvent Julien de Scaupon qui semble s'intéresser encore beaucoup à Genève. Il énumère aussi d'autres"personnes par qui ils ont été bien accueillis. Le mariage de [François II] Pictet à Londres rendra sa maison encore plus agréable. Le fils de JA sait déjà demander ses nécessités en anglais. JA ne dit pas dans sa dernière lettre s'il a écrit à [François] Martel et ce qu'il a appris de [Du Plan] du Cayla. Le prince d'Orange [Willem IV Karel Hendrik Friso] est venu à la Haye pour notifier son accommodement avec le roi de Prusse [Friedrich Wilhelm I] au sujet de la succession du roi Guillaume. Il sacrifie beaucoup mais il met aussi son affaire dans un meilleur ordre et demeure maître de certaines terres qui lui donnent plus d'autorité dans le pays. Il a de l'esprit, de la générosité et de la bonté mais il a le malheur d'être petit et bossu; son avancement rencontre beaucoup d'oppositions et on ne voit pas comment il pourra les surmonter. Après son retour de Frise, on les présentera à Vernet et à Marc Turrettini. Fagel lui a dit que les Cantons protestants avaient écrit aux autorités ici pour leur apprendre les vexations papistes en Hongrie. On a chargé l'ambassadeur qui est à Vienne [Hamel-Bruyninx] de faire une représentation mais Fagel a senti que les paroles n'avaient pas un grand poids. Vernet espère que la bonne santé de JA aura compensé la tristesse des moissons. Il lui demande si son explication de l'Épître aux Romains avance. Plus Vernet voit comment on pense dans ce pays, plus il s'intéresse à ces matières. Il faut dire en tout cas que les Français sont beaucoup moins rigides que les Hollandais et que le bon goût gagne de plus en plus du terrain parmi eux. Il a entendu de beaux et bons sermons et pense que les jeunes ministres de Genève pourraient passer profitablement quelque temps ici.

Adresse

[Genève]


Lieux

Émission

La Haye

Réception

Genève

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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