4 Lettres

Lettre 4303 de Auguste Trey  à Jean-Alphonse Turrettini

Berne 11.11.1731

J'ay receu hier à

De Trey est rentré à Berne; il pensait pouvoir faire ses vendanges mais les nouvelles qu'il a reçues de l'état de son épouse, proche de ses couches et dont la poitrine se trouve opprimée par une fluxion, l'ont incité à revenir incessamment. Il a déjà fait la distribution dans le pays; il s'est un peu élargi envers ceux qui sont restés, en les exhortant à ne pas s'exposer à la tentation. Il a distribué 650 francs environ à Yverdon, Payerne, Vevey etc, et il en enverra la note à JA la semaine proc...

Berne 11.11.1731


Lettre autographe, signée. Inédite. (F)
Archives de la Fondation Turrettini (Genève), 1/Gd.T.11


J'ay receu hier à


De Trey est rentré à Berne; il pensait pouvoir faire ses vendanges mais les nouvelles qu'il a reçues de l'état de son épouse, proche de ses couches et dont la poitrine se trouve opprimée par une fluxion, l'ont incité à revenir incessamment. Il a déjà fait la distribution dans le pays; il s'est un peu élargi envers ceux qui sont restés, en les exhortant à ne pas s'exposer à la tentation. Il a distribué 650 francs environ à Yverdon, Payerne, Vevey etc, et il en enverra la note à JA la semaine prochaine. Il attend les ordres de JA pour ce qui reste qu'on pourra réserver pour ceux qui viendront. Il fera toucher à [Marie] Genevois les 30 francs que JA lui a destinés. Il a eu la douleur d'être témoin de ce qui s'est passé entre les Perron; il était allé rendre visite au Lion d'or à ces messieurs qu'il trouva encore attablés. À un moment donné, le ministre [Étienne] Perron commença à parler avec une certaine aigreur à son cousin [Jacob Perron] et témoigna son mécontentement et celui de tous les chefs de la vallée de Pragelas, comme s'il avait voulu vendre ses compatriotes, jugeant suspect le mémoire compilé sans l'avis ni la participation des autres ainsi que le voyage de son cousin à Berne, fait, selon lui, pour favoriser Dalençon. De Trey prit alors la parole, priant le ministre de se modérer; il ajouta que Jacob Perron lui avait été recommandé par le professeur [Jean-Alphonse] Turrettini et par le pasteur [Michel] Léger comme un honnête homme fort intéressé à la cause des pauvres Vaudois; il en connaissait toutes les démarches puisque ce fut lui qui le fit charger de la commission de la part de LL.EE. Il termina en les exhortant à la paix. Ces messieurs se retirèrent et il resta avec le pasteur Léger. Ces derniers étant montés à l'étage, il paraît qu'ils se querellèrent de nouveau et qu'ils ne s'en tinrent pas qu'aux mots. Il n'a plus revu Jacob Perron alors qu'il aurait souhaité le rencontrer avant son départ. [Étienne] Perron lui fit quelques excuses et de Trey lui manifesta son mécontentement de s'être trouvé dans une telle situation. JA lui parle d'un mémoire imprimé de Léger dont ni l'auteur ni personne d'autre ne lui avait parlé; et pourtant il a vu longuement Léger. Il a eu le plaisir de voir à Lausanne le conseiller [François-Jean I] Turrettini et l'aîné [Antoine] de feu son compère [Samuel Turrettini].

Adresse

[Genève]


Lieux

Émission

Berne

Réception

Genève

Conservation

Genève


Cités dans la lettre