45 Lettres

Lettre 4145 de Jean-Pierre Crousaz  à Jean-Alphonse Turrettini

Kassel 13.05.1730

Les marques de

De Crousaz se fait toujours beaucoup de soucis pour la santé fragile de JA; à chaque nouvel ouvrage on craint qu'il ne s'agisse du chant du cygne. Il a lu avec beaucoup d'admiration la derniÚre dissertation de son ami, dont le sujet [l'existence de Dieu] a fait couler plus d'encre ces derniers temps que pendant des siÚcles; la façon dont JA en parle dépasse toutes les autres. Il attend avec impatience celles qui suivront. Les sciences et la religion sont dans un triste état en Allemagne: des cou...

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Kassel 13.05.1730


Lettre autographe, signée, adressée. Inédite. (F)
Archives de la Fondation Turrettini (GenĂšve), 1/Gd.C.36


Les marques de


De Crousaz se fait toujours beaucoup de soucis pour la santĂ© fragile de JA; Ă  chaque nouvel ouvrage on craint qu'il ne s'agisse du chant du cygne. Il a lu avec beaucoup d'admiration la derniĂšre dissertation de son ami, dont le sujet [l'existence de Dieu] a fait couler plus d'encre ces derniers temps que pendant des siĂšcles; la façon dont JA en parle dĂ©passe toutes les autres. Il attend avec impatience celles qui suivront. Les sciences et la religion sont dans un triste Ă©tat en Allemagne: des cours de logique de six mois, comme en Hollande, plus propres Ă  gĂąter l'esprit qu'Ă  le rectifier; des cours de physique de la mĂȘme teneur; et quant Ă  ceux qui, par leurs connaissances mathĂ©matiques, pourraient apporter des Ă©claircissements, ils ne se prĂ©occupent que de donner chaque jour de nouvelles marques en faveur de la mĂ©taphysique leibnizienne. Ils oublient du reste que c'est en tant que mathĂ©maticien que Leibniz a acquis sa grande rĂ©putation; sans cela ses rĂȘveries mĂ©taphysiques auraient eu le sort qu'elles mĂ©ritent. À cela il faut ajouter le mĂ©pris dont on fait preuve Ă  l'Ă©gard de ceux qui font profession des lettres; on marque un peu plus d'empressement pour les mĂ©decins parce qu'on en a besoin; les jurisconsultes sont encore un peu consultĂ©s mais les thĂ©ologiens sont tout Ă  fait nĂ©gligĂ©s. Il faut dire que certains parmi ces derniers sont en partie cause de ce qui leur arrive. Le ministre de la Cour est un homme trĂšs savant, trĂšs sensĂ© et trĂšs Ă©loquent; il est trĂšs considĂ©rĂ© par rapport aux autres mais pas autant qu'il le mĂ©rite. De Crousaz n'a interdit aucun des loisirs habituels au jeune prince [Friedrich II de Hesse-Kassel] mais il l'a accompagnĂ© partout de façon Ă  l'instruire convenablement. Il fait l'Ă©loge de [François] Martel, qui a encore une vigueur d'esprit et de corps exceptionnelle. On vient de perdre un bon prince [Karl VIII], plein de qualitĂ©s et douĂ© d'une trĂšs grande gĂ©nĂ©rositĂ©. Le roi de SuĂšde [Friedrich I], qui a une infinie tendresse pour son neveu, honore de Crousaz de son estime.

Adresse

GenĂšve


Lieux

Émission

Kassel

RĂ©ception

GenĂšve

Conservation

GenĂšve


Cités dans la lettre

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