172 Lettres

Lettre 3973 de Jean-Alphonse Turrettini à Jacques Serces

Genève 03.05.1728 [03.05.1728 (n.s.)]

J'appris avec plaisir

JA a appris, par une lettre que son correspondant a écrite à [Antoine I] Maurice, qu'il avait bien reçu ses deux lettres précédentes. Il espère qu'il aura bien reçu aussi la Nubes Testium ainsi que sa Défense de sa dissertation sur les articles fondamentaux [Brevis et pacifica disquisitio]. Celui qui l'avait attaqué [Crinsoz de Bionnens] a critiqué la préface de sa Défense dans une nouvelle brochure intitulée Apologie de M. Bionnens. C'est un amas d'absu...

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Genève 03.05.1728 [03.05.1728 (n.s.)]


Lettre autographe, signée. Inédite. (F)
Archives de la Fondation Turrettini (Genève), 1/Gd.12.13


J'appris avec plaisir


JA a appris, par une lettre que son correspondant a écrite à [Antoine I] Maurice, qu'il avait bien reçu ses deux lettres précédentes. Il espère qu'il aura bien reçu aussi la Nubes Testium ainsi que sa Défense de sa dissertation sur les articles fondamentaux [Brevis et pacifica disquisitio]. Celui qui l'avait attaqué [Crinsoz de Bionnens] a critiqué la préface de sa Défense dans une nouvelle brochure intitulée Apologie de M. Bionnens. C'est un amas d'absurdités et les amis de JA lui ont conseillé de ne pas donner suite. De Bionnens s'est offusqué de ce que JA a dit qu'il a écrit contre lui par un principe de colère. Sur 33 pages, il se plaint du chagrin que JA lui aurait donné, en ne partageant pas ses vues sur le serment [Essai sur le serment] et en ayant dit à un libraire que, dans ses notes sur Job, il y avait peut-être des choses qui ne s'accordaient pas avec les idées de ce pays. Quant à la matière, il y a peu de choses et c'est pitoyable. Buddeus, ayant vu la thèse où JA le réfute sur la pythonisse d'Endor [Disputatio, pars quarta, 1725] a publié une Epistolica Dissertatio en guise de réponse très honnête. Il admet que ni le diable ni les faux docteurs ne peuvent faire de vrais miracles (à savoir des événements qui changent l'ordre de la nature) et il blâme ceux qui, comme Samuel Clarke, veulent prouver la vérité de la religion chrétienne par des miracles, après avoir ruiné cette preuve en accordant cela. Il croit pourtant que le démon et ses acolytes peuvent faire des choses bien au-dessus de ce qui est au pouvoir des agents ordinaires. Il considère que les spectres sont de cette sorte-là et s'étonne que JA le nie. Il convient à la fin que dans cette question tout dépend du degré de vraisemblance. Ses raisons sur les spectres sont très faibles. JA est très chagriné d'apprendre qu'on publie à Londres une édition de ses leçons sur l'interprétation de l'Écriture [De methodo]; il demande à son correspondant de la regarder et de la lui envoyer si possible. [Jean IV] Sarasin, s'il est encore à Londres, pourra lui en dire davantage. Si entre-temps le correspondant constate que c'est une édition fautive, comme cela doit être le cas, JA fera publier un désaveu dans la gazette qu'on publie ici. Il va écrire la même chose à Sarasin mais craint qu'il ne soit plus à Londres. S'il y a des frais, [François] Pictet les remboursera. Il est arrivé la même chose à [Jean-Frédéric I] Ostervald qui a désavoué dans la Gazette ce qu'on avait imprimé de lui ["Avis", 1728]. JA aimerait bien que l'Église de la Savoie choisisse le destinataire comme pasteur, ce qui ne serait pas incompatible avec des bénéfices anglais.

Adresse

[Londres]


Lieux

Émission

Genève

Réception

Londres

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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