10 Lettres

Lettre 3934 de Jacques II Eynard à Jean-Alphonse Turrettini

Francfort 16.03.1728

On ne sauroit

Eynard n'a reçu qu'au début de l'année le paquet de JA que [Pierre] Romagnac lui a apporté [Turrettini, Défense] et par conséquent Lenfant a reçu le sien un peu plus tard. Il avoue à JA son affliction de voir qu'il a pris la peine de répondre à un auteur [Crinsoz de Bionnens] et à un ouvrage de cette espèce [Lettre de Mr T. C.]; l'homme est un chicaneur qui n'aurait mérité que la réplique d'un jeune écolier, mais si JA a estimé devoir le faire, cela signifie qu'il devait avoir ses...

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Francfort 16.03.1728


Lettre autographe, signée. Inédite. (F)
Archives de la Fondation Turrettini (Genève), 1/Gd.E.9


On ne sauroit


Eynard n'a reçu qu'au début de l'année le paquet de JA que [Pierre] Romagnac lui a apporté [Turrettini, Défense] et par conséquent Lenfant a reçu le sien un peu plus tard. Il avoue à JA son affliction de voir qu'il a pris la peine de répondre à un auteur [Crinsoz de Bionnens] et à un ouvrage de cette espèce [Lettre de Mr T. C.]; l'homme est un chicaneur qui n'aurait mérité que la réplique d'un jeune écolier, mais si JA a estimé devoir le faire, cela signifie qu'il devait avoir ses raisons. Il n'a pas encore vu Romagnac puisqu'ils sont à une journée de distance mais il a rencontré une personne de son Église. Il semble qu'il soit aimé de tous les honnêtes hommes de son Église mais qu'il ait contre lui une méchante race de gens grossiers et turbulents, qui constituent la grande partie de la communauté et qui auraient souhaité voir à sa place un ministre de Berlin. Quoi que régulièrement appelé, il a ainsi fallu une deuxième élection. Maintenant ils s'en prennent à un défaut qu'il a, celui de ne pas posséder une grande mémoire. Il a dû lire son premier sermon et cela lui est arrivé d'autres fois; il a fait des efforts pour y remédier mais sans succès et il s'est attiré une assez grave maladie. L'ami qui lui a raconté cela et qui est un membre du Consistoire s'est rendu à Francfort en secret pour demander conseil à Eynard; il croit savoir, par une lettre que l'oncle de Romagnac [Hugues (?)] à écrit à son neveu, qu'il y aurait une possibilité pour lui d'être appelé au Collège de Genève, ce qui serait une façon honorable de quitter l'Église si sa mémoire ne se renforce pas. Cet ami avait suggéré à Eynard d'écrire à Genève afin que, en cas de vacance de poste, Romagnac puisse l'obtenir; mais Eynard n'a pas fait la démarche qui risquerait de compromettre Romagnac en révélant sa faiblesse, sans quoi l'Église de Genève ne le rappelerait pas aussitôt. Il a conseillé à l'ami de faire patienter Romagnac et lui a suggéré des remèdes à lui transmettre pour pallier le défaut. Il aimerait avoir sur cette affaire l'avis de JA. Il est certes fâcheux pour l'Église de Genève et pour son Académie qu'elle ne puisse plus fournir de pasteurs pour l'étranger car il y a plusieurs bonnes Églises en Allemagne et en Hollande qui sont sur le point d'en manquer. Dumoulin de Kassel a été appelé à Leyde, où il s'était fait entendre en passant pour y quêter; l'Église de Leyde a pris des renseignement à Francfort pour savoir s'il était bon orthodoxe, s'il croit fermement à la prédestination etc. Le fait qu'il ait été mis sur la nomination avec Eynard par le Consistoire de Francfort et qu'il ait introduit à Kassel l'explication du Catéchisme de Heidelberg les a convaincus. Voilà ce qui arrive quand les affaires de l'Église sont entre les mains de quelques fabriquants. Il est étonnant que les catholiques aient passé cet article; ils ne connaissent apparemment pas les Églises françaises de Hollande et d'Allemagne. Leyde est parmi les plus avantageuses de Hollande, mais il est certain que l'Académie genevoise y a une très mauvaise réputation, puisqu'elle y passe pour hérétique. Il ne comprend pas comment Clignet a pu se déterminer à y faire étudier des Vaudois. Son neveu [Nieustad de Neufville] n'en fera certainement pas de même. Cependant il a su qu'on avait appelé [Charles] Chais à La Haye; il ne doute pas qu'il n'ait rétabli le renom des Genevois dans l'esprit des orthodoxes. On a toujours de faibles espérances pour l'exercice de la religion réformée en ville; des bruits avaient couru selon lesquels la chose était assurée à Vienne, ce qui a suscité la haine des ministres luthériens, sauf celle de Pritz qui est détesté de tous les autres à cause de sa tolérance.

Adresse

[Genève]


Lieux

Émission

Francfort

Réception

Genève

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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