69 Lettres

Lettre 3880 de Jacob Vernet à Jean-Alphonse Turrettini

Paris 19.11.1727

Si quelque chose

Vernet est très touché par les nouvelles marques de bonté de JA à son égard et regrette de ne pas pouvoir jouir de plus près de ces bonnes dispositions à cause de son devoir, même s'il reconnaît qu'il s'agit d'un devoir agréable et volontaire. Rien n'est plus utile pour un homme de son âge que de se former à l'école d'un si grand maître et de recueillir ses instructions familières. Il ne pourra malheureusement pas en jouir de sitôt; il devra en effet rester à Paris jusqu'à l'été prochain et puis...

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Lettre 3880 de Jacob Vernet à Jean-Alphonse Turrettini

Paris 19.11.1727


Lettre autographe, signée. (F)
Archives de la Fondation Turrettini (Genève), 1/Gd.V.1 et 1/Gd.V.1-II

Extrait dans Budé, Vie de Vernet, p.11.


Si quelque chose


Vernet est très touché par les nouvelles marques de bonté de JA à son égard et regrette de ne pas pouvoir jouir de plus près de ces bonnes dispositions à cause de son devoir, même s'il reconnaît qu'il s'agit d'un devoir agréable et volontaire. Rien n'est plus utile pour un homme de son âge que de se former à l'école d'un si grand maître et de recueillir ses instructions familières. Il ne pourra malheureusement pas en jouir de sitôt; il devra en effet rester à Paris jusqu'à l'été prochain et puis faire un voyage, qui ne sera pas long. Pour le moment il a plus de temps qu'auparavant puisque le jeune H[arenc] fait ses exercices; il en profite pour parfaire ses études. Il est content que JA ait été satisfait du petit travail qu'il lui a envoyé [Défense] mais il aurait préféré que la santé du correspondant lui eût permis de le corriger. Vernet fera des additions plus importantes maintenant qu'il a mieux étudié la matière. La bonne méthode dans la controverse est de remonter à l'antiquité ecclésiastique dans laquelle le langage, le culte et la hiérarchie ecclésiastique diffèrent un peu de la sécheresse réformée et encore plus de la superstition romaine. Seuls les Anglais ont su garder un juste milieu et avoir une forme d'Église semblable à celle du IIIe et IVe siècle. Ceci est vrai non seulement pour ce qui concerne les cérémonies mais aussi pour certains points dogmatiques de controverse. Par exemple il les considère plus proches de l'antiquité au sujet du sacrifice de l'eucharistie. En effet toutes les anciennes liturgies contiennent des prières d'oblation par lesquelles on présente à Dieu les symboles comme une espèce de sacrifice non sanglant et on le prie d'envoyer son esprit pour sanctifier les dons. Les Anglais ne se sont pas éloignés de cela, même si le sacrifice dont ils parlent n'est que commémoratif et représentatif. Calvin, au contraire, dans la 52e section de son Catéchisme, exclut toute idée d'offrande et presque tous les auteurs calvinistes le suivent en disant qu'on parle de sacrifice pour l'eucharistie de manière impropre et métaphorique. Ainsi la liturgie réformée ne contient rien de semblable, en quoi elle diffère de toutes les autres. Pour une éventuelle réunification, l'Église anglicane sera le point de contact; elle doit être le modèle pour les uns et pour les autres sauf pour la discipline des mœurs, qui est, semble-t-il, mal exercée. Vernet ne sait pas si le père Le Courayer est de retour de la campagne où il s'est retiré en attendant la fin de l'orage. C'est un malheur qu'on ait condamné son exposition du sacrifice [Défense] qui est la seule explication raisonnable qu'on puisse donner sur ce point à la doctrine romaine. Il doute que Monsieur de Meaux [Jacques-Bénigne I Bossuet] se soit prononcé dans ce sens-là. On publie un livre de l'abbé Duguet contre l'explication cartésienne de la présence réelle [Dissertations]. Fontenelle a lu dernièrement à l'Académie des sciences un bel éloge de Newton où il montre beaucoup d'admiration pour l'Angleterre; il glisse aussi un mot de la reine [Caroline Wilhelmina] qui a été en mesure de poser des questions à Newton et qui lui a donné des marques d'estime. À chaque nouvel ouvrage de Newton, l'Angleterre poussait un cri d'admiration; il a connu l'apothéose dès son vivant contrairement à Descartes avec qui on a fait un beau parallèle. On loue aussi l'art qu'il avait de faire des expériences, ce qui est moins facile qu'on le croit. Ses démêlés avec Leibniz sont une partie de son histoire. On en parle avec beaucoup de sagesse et on loue beaucoup les découvertes qu'il a faites. Un extrait de cet éloge paraît dans le Mercure galant. Dans un PS, Vernet ajoute qu'il joint à sa lettre une de [Gabriel] Dumont. JA peut lui envoyer feuille à feuille ce qu'il sait. Il a reçu aussi cette lettre de [Jacques] Serces. Il n'a pas reçu le Nouveau Testament [Genève, 1726] dont JA lui parle et il aimerait savoir par quelle voie on l'a expédié. On lui a annoncé l'exemplaire par Lyon, mais il ne l'a pas reçu non plus.

Adresse

[Genève]


Lieux

Émission

Paris

Réception

Genève

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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