71 Lettres

Lettre 3771 de Melchior II Hurter à Jean-Alphonse Turrettini

Schaffhouse 12.05.1727

Dum ego obscurus

Hurter, bien qu'homme obscur, ose interrompre les occupations précieuses du savant à la grande réputation qu'est JA. Il place son correspondant dans la triade de théologiens célèbres par leur piété et leur savoir avec [Samuel] Werenfels et Roëll, ce dernier étant désormais parmi les bienheureux. Il apprécie beaucoup toutes les œuvres de JA, ses dissertations et ses oraisons qu'il n'a pourtant pas pu trouver. Il a donc été d'autant plus content quand il a vu qu'on avait imprimé à Brunschwig des <...

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Schaffhouse 12.05.1727


Lettre autographe, signée, adressée. Inédite. (L)
Archives de la Fondation Turrettini (Genève), 1/Gd.H.15


Dum ego obscurus


Hurter, bien qu'homme obscur, ose interrompre les occupations précieuses du savant à la grande réputation qu'est JA. Il place son correspondant dans la triade de théologiens célèbres par leur piété et leur savoir avec [Samuel] Werenfels et Roëll, ce dernier étant désormais parmi les bienheureux. Il apprécie beaucoup toutes les œuvres de JA, ses dissertations et ses oraisons qu'il n'a pourtant pas pu trouver. Il a donc été d'autant plus content quand il a vu qu'on avait imprimé à Brunschwig des Opuscula de JA qu'il a dévorés. Il a apprécié la force de ses démonstrations, si éloignées des controverses et querelles qui divisent les théologiens, attitude contre laquelle a osé se déchaîner, dans son Gazetier menteur, Pieter Burmann, homme savant mais impur et méchant. Les Opuscula ont renforcé le désir de Hurter d'avoir les autres ouvrages de JA et notamment la troisième partie de son traité sur la vérité de la religion chrétienne [Disputatio, pars tertia, 1725], consacrée à un sujet digne de l'érudition de son correspondant. Hurter n'avait jamais osé écrire à JA mais profite maintenant du porteur de cette lettre pour surmonter sa pudeur; il s'agit de Johann Deggeler, l'un de ses chers amis, qui vient d'être brillamment reçu au saint ministère et qui s'apprête à voyager en France, non sans passer par la vénérable Église mère de Genève où il veut rendre hommage à plusieurs hommes célèbres qui habitent la ville. Il lui a donc demandé de le recommander à JA, dont il a entendu souvent parler, et avec estime, dans les cours de théologie naturelle et révélée de Hurter. Et voici donc qu'un inconnu recommande à quelqu'un un autre inconnu! Il serait néanmoins ravi si JA pouvait s'entretenir quelques heures avec lui et examiner les chapitres les plus importants de la théologie et de la philosophie ainsi que les œuvres parues ou sur le point de paraître qui concernent la théologie naturelle et l'histoire ecclésiastique. Pour ce qui concerne l'histoire ecclésiastique on doit mentionner, parmi les luthériens, Buddeus, Pfaff, Weisman alors que les réformés se taisent. Vitringa le père [Kempe] a beaucoup travaillé cela mais il est maintenant mort; ses manuscrits d'histoire ecclésiastique sont entre les mains de certaines personnes. Miege de Heidelberg est excellent dans les antiquités sacrées mais il est trop méticuleux dans l'édition de ses travaux. Theodor Hase possède une vaste science dans ce domaine mais son esprit est plus porté vers les dissertations curieuses sur des arguments ponctuels et l'édition de pièces fugitives que sur un travail de grande envergure. Quant à [Friedrich] Spanheim, son excellent travail n'est malheureusement pas arrivé jusqu'à son époque. C'est donc à JA qu'il incombe de reprendre le flambeau et de continuer son entreprise. Parmi les gens qui l'estiment au plus haut degré, [Eberhard] Köchlin, antistès de Schaffhouse et le père même de Hurter, Johann Heinrich, deuxième fils de l'antistès Melchior. Il lui donne par la suite quelques nouvelles: on vient de publier à Schaffhouse le premier tome des Observationes practicæ de Wepfer. Pour ce qui concerne le gymnase, on a décidé certains changements de façon à améliorer les études philosophiques dans lesquelles on expliquait en physique Schweizer, en politique [Franco (?)] Burgerdijsk, en logique [Johann (?)] Peyer, en éthique Ott [III] et en métaphysique Clauberg. Il est apparu plus conforme à la raison de traiter la philosophie pratique et théorique en suivant les méditations d'un seul auteur; c'est finalement la méthode de Buddeus qui a été retenue. Parmi les Zurichois Scheuchzer, le Pline Helvète, fait une très belle Bible illustrée; [Johann Jakob II] Ulrich publie la première partie de son commentaire allemand théorique et pratique de Mt 5 [Die auf den Höhenen schreyende Höchste] ; Zimmermann a écrit une dissertatio"n singulière De fato stoico dans laquelle il a essayé de prouver que le fatum des stoïciens n'était pas inexorable. On dit que, à Bâle, [Jakob Christoph] Iselin a été gravement malade; le professeur de logique [Johann Rudolf] Beck est mort. À l'Académie d'Utrecht, Lampe a ajouté à l'enseignement d'histoire ecclésiastique celui de théologie. Les philologues Burman, Haverkamp, Duker et Drakenboch publient un auteur classique après l'autre mais à un prix assez onéreux.

Adresse

Genève


Lieux

Émission

Schaffhouse

Réception

Genève

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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