97 Lettres

Lettre 3719 de Jean I Barbeyrac Ă  Jean-Alphonse Turrettini

Groningue 17.12.1726

Il est vrai... que j'étois

Barbeyrac avait bien raison de craindre que le silence de JA ne fĂ»t le fait de ses incommoditĂ©s. Il le remercie d'avoir continuĂ© Ă  s'intĂ©resser Ă  l'affaire d'Angleterre, alors que lui-mĂȘme n'y pensait plus. Il est content aussi d'apprendre que son ami a une opinion avantageuse du jeune seigneur [Evert Joost Lewe van Aduard van Hoogkerk] ; il l'a transmise au pĂšre [Evert Joost Lewe van Aduard], qui a avouĂ© avoir quelques motifs d'insatisfaction. En effet, il aurait aimĂ© que son fils Ă  GenĂšve ne p...

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Groningue 17.12.1726


Lettre autographe, signée, adressée. Inédite. (F)
BibliothÚque de GenÚve, Ms fr 484 (f.249-250)


Il est vrai... que j'étois


Barbeyrac avait bien raison de craindre que le silence de JA ne fĂ»t le fait de ses incommoditĂ©s. Il le remercie d'avoir continuĂ© Ă  s'intĂ©resser Ă  l'affaire d'Angleterre, alors que lui-mĂȘme n'y pensait plus. Il est content aussi d'apprendre que son ami a une opinion avantageuse du jeune seigneur [Evert Joost Lewe van Aduard van Hoogkerk] ; il l'a transmise au pĂšre [Evert Joost Lewe van Aduard], qui a avouĂ© avoir quelques motifs d'insatisfaction. En effet, il aurait aimĂ© que son fils Ă  GenĂšve ne perfectionnĂąt pas seulement ses Ă©tudes mais frĂ©quentĂąt aussi des compagnies honnĂȘtes de gens des deux sexes; or son fils lui Ă©crit qu'il a fait peu de connaissances depuis son arrivĂ©e dans la ville et que pour frĂ©quenter les dames genevoises il faut ĂȘtre trĂšs introduit chez elles. Il craint aussi que le jeune homme, un peu naĂŻf, ne soit la dupe de gens prĂȘts Ă  exploiter une jeunesse sans expĂ©rience; c'est la vue de certaines des dĂ©penses quelque peu excessives de son fils qui lui a suggĂ©rĂ© cette pensĂ©e. Il lui semble aussi que le jeune homme a davantage perdu que gagnĂ© dans les liaisons qu'il a contractĂ©es lors de son voyage en compagnie du Genevois [François Fatio (?)] chez qui il a logĂ© Ă  son arrivĂ©e Ă  GenĂšve. Il se trouve du reste que quelqu'un qui connaĂźt la ville ne lui a pas parlĂ© de façon trĂšs favorable de cette famille; et Barbeyrac lui-mĂȘme a toujours pensĂ© qu'il faudrait que le jeune Hollandais Ă©vitĂąt une trop grande familiaritĂ© avec elle. Barbeyrac et le pĂšre du garçon seraient reconnaissants Ă  JA s'il voulait non seulement recevoir le jeune homme chez lui quand sa santĂ© le lui permettrait, mais aussi l'introduire chez des gens honnĂȘtes des deux sexes; il pourrait aussi les prĂ©venir au cas oĂč viendraient Ă  sa connaissance des problĂšmes ou de mauvaises frĂ©quentations. Le pĂšre avait aussi prĂ©venu le fils qu'il ne devait pas quitter GenĂšve sans l'en avertir; or, il a appris, par une lettre que le jeune a envoyĂ© Ă  son ancien gouverneur [Gabriel Tavel], gendre de [Jean-Pierre] de Crousaz, qu'il s'ennuyait Ă  GenĂšve et voulait voyager en Suisse. Pour l'instant, le pĂšre a donnĂ© ordre Ă  son banquier de limiter l'argent Ă  mettre Ă  la disposition de son fils; il aimerait aussi savoir le nom des personnes chez qui il loge. Barbeyrac savait dĂ©jĂ  qu'au moment oĂč l'AcadĂ©mie de Lausanne se donnait un si beau sujet en la personne de [François-FrĂ©dĂ©ric] Treytorrens, enseignant de philosophie, on lui donnait Ă©galement un espion en la personne de [Jean-Jacques] Salchli; il savait aussi que les chances du fils [Abraham] de de Crousaz Ă©taient trĂšs rĂ©duites, bien qu'on eĂ»t remuĂ© ciel et terre pour lui. Quant au pĂšre, on dit qu'il s'ennuie beaucoup Ă  Kassel, de mĂȘme que sa femme [Louise I] ; il y en a qui croient qu'il irait volontiers en France si on l'appelait. Il a Ă©tĂ© trĂšs fĂąchĂ© des MĂ©moires sur le Consensus [de Barnaud] parce qu'il a pensĂ© que cela pourrait nuire Ă  son fils. Barbeyrac ne sait pas si, Ă  Berne, on a cru de Crousaz l'auteur de cet ouvrage, mais en Hollande personne n'y a pensĂ©. Il s'est inscrit en faux contre certains faits qu'on peut prouver par des lettres qu'il avait Ă©crites lui-mĂȘme en Hollande. Il remercie JA de lui avoir envoyĂ© la nouvelle version de GenĂšve [Nouveau Testament, 1726], qu'il n'a pas encore reçue des libraires de La Haye [Jean NĂ©aulme (?)] ; il pense que, en dĂ©pit du fait qu'elle a Ă©tĂ© travaillĂ©e par diverses mains et Ă  diverses reprises, cette version pourra ĂȘtre l'une des meilleures. S'il a des remarques Ă  faire, il les transmettra Ă  JA. Il semble que d'Artis ait publiĂ© Ă  Hambourg, oĂč il est Ă  prĂ©sent, un libelle violent contre la version de Berlin [Nouveau Testament, Amsterdam, 1718]. On a publiĂ© un livre anglais de Collins Ă  La Haye mais sous le nom de Londres, ce qui fait penser qu'il n'a pas pu le publier chez lui [The Scheme] ; il s'agit d'une dĂ©fense de l'un de ses livres prĂ©cĂ©dents [A Discourse] qui avait Ă©tĂ© attaquĂ© par au moins"trente-cinq pamphlets qu'il cite et qu'il s'amuse Ă  mettre en contradiction les uns avec les autres. AprĂšs avoir donc dĂ©truit toutes les prophĂ©ties bibliques, il finit en promettant un discours sur les miracles, dans lequel il dĂ©truira ceux-ci aussi. À GenĂšve, on devrait dĂ©jĂ  avoir la nouvelle Ă©dition de JosĂšphe imprimĂ©e Ă  Leyde et qui se dĂ©bite depuis quelques mois; Barbeyrac y a trouvĂ© des fautes d'impression, ce qui n'est pas Ă©tonnant puisque le professeur qui s'est chargĂ© de l'Ă©dition [Haverkamp] avait trop de travail, ayant fait imprimer un LucrĂšce Ă  la mĂȘme pĂ©riode. Il est du reste de ces Ă©diteurs entĂȘtĂ©s de leurs auteurs et, de plus, thĂ©ologien orthodoxe. Il traite avec hauteur tous ceux qui estiment comme supposĂ© le fameux passage de JosĂšphe sur le Christ. On a sorti aussi les huit premiers volumes du code diplomatique de Dumont [Corps universel] ; Ă  la fin, on aura davantage de volumes que prĂ©vus et l'auteur promet une deuxiĂšme collection, presqu'aussi vaste. Un certain Maxwell, qu'on dit habile homme, a traduit en anglais le De legibus naturĂŠ de Cumberland avec des notes et des dissertations; cela a fait Ă©clater un conflit en Hollande entre deux Ă©diteurs, les Wetstein [Gerard et Rudolph] et d'autres Ă©diteurs de La Haye, ayant ce mĂȘme projet d'une Ă©dition française. Il y a quelques annĂ©es Barbeyrac avait refusĂ© la proposition qu'on lui avait faite d'entreprendre un tel travail mais, il y a deux ou trois semaines, il a fini par cĂ©der aux Wetstein et a acceptĂ©. Il se rĂ©serve toutefois le droit de travailler Ă  son rythme et d'y ajouter ses notes. Il attend l'original et la traduction anglaise. La nouvelle Ă©dition du Concile de Constance de Lenfant, de mĂȘme que celle de l'Horace de Dacier [ƒuvres, Amsterdam, 1727], paraĂźtront bientĂŽt.

Adresse

GenĂšve


Lieux

Émission

Groningue

RĂ©ception

GenĂšve

Conservation

GenĂšve


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