160 Lettres

Lettre 3699 de Jean-Frédéric I Ostervald à Jean-Alphonse Turrettini

[Neuchâtel] 23 et 26.10.1726

C'est avec un extreme

Ostervald est chagriné d'apprendre le mauvais état de la santé de JA, même s'il savait déjà que son ami avait été indisposé tout l'été; il est très inquiet et prie quotidiennement Dieu pour sa conservation. Ostervald, quant à lui, serait dans un état passable si ses deux hernies ne grossissaient pas et ne lui faisaient pas craindre un triste avenir. Il lui renvoie, en le remerciant, la lettre de Nolten; il est surpris que les députés ne l'aient pas vu. Nolten, à ce qu'il comprend, croit que les...

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[Neuchâtel] 23 et 26.10.1726


Lettre autographe, signée, adressée. (F)
Bibliothèque de Genève, Ms fr 491 (f.87-90)

Budé, Lettres, III, p.171-173. Datée 23.10.1726. Omissions.


C'est avec un extreme


Ostervald est chagriné d'apprendre le mauvais état de la santé de JA, même s'il savait déjà que son ami avait été indisposé tout l'été; il est très inquiet et prie quotidiennement Dieu pour sa conservation. Ostervald, quant à lui, serait dans un état passable si ses deux hernies ne grossissaient pas et ne lui faisaient pas craindre un triste avenir. Il lui renvoie, en le remerciant, la lettre de Nolten; il est surpris que les députés ne l'aient pas vu. Nolten, à ce qu'il comprend, croit que les députés [Jean-Louis Chouppard, David Vattel, Abraham II Perrot] sont à Berlin pour autre chose que pour les affaires ecclésiastiques. Il est fâcheux qu'il ait une telle idée, qui est celle que le ministre [d'Ilgen] a ou fait semblant d'avoir, comme il l'a dit à Chouppard. Mais que peut-on faire face à toutes les choses désobligeantes pour la Compagnie qu'on écrit à la Cour depuis Neuchâtel? À la vérité, la reine [Sophia Dorothea], les margraves, les princes, les ministres d'État, les ambassadeurs d'Angleterre [Richard Sutton], de Danemark [Rothenburg] et de Pologne [Jarochowski] etc. font mille honnêtetés aux députés en témoignant leur estime; mais malheureusement l'homme qui peut tout et qui fait tout seul leur est contraire. Ostervald pense plus que jamais à la révision de l'Ancien Testament dont lui parle aussi JA; il aimerait tellement voir cet ouvrage achevé avant sa mort. Beaucoup de raisons doivent inciter la Compagnie à se mettre à l'œuvre et elle y est presqu'obligée après avoir publié le Nouveau Testament [Genève, 1726]. En effet, tant que celui-ci reste seul, on continuera à utiliser les anciennes Bibles pour la lecture depuis la chaire aussi bien que pour l'usage particulier et seul un petit nombre se servira de la nouvelle version. On demande du reste de tous les côtés une traduction de l'Ancien Testament et ce que JA dit de [Crinsoz] de Bionnens mérite réflexion car, si on attend trop longtemps, on court le risque de se faire devancer par des particuliers. Ostervald ne pense pas qu'un tel travail, de longue haleine et très délicat, puisse être l'ouvrage d'un particulier, tout habile qu'il soit. Il faudrait informer diverses personnes du dessein qu'on a et solliciter avis et remarques. En effet, même si, à Genève, il y a beaucoup de gens très capables, il faudrait peut-être faire appel aussi à des gens de l'extérieur. Quant à Ostervald, il ne se croit pas capable de donner des avis à des gens qu'il estime comme des maîtres; toutefois, compte-tenu de la longue application qu'il a consacrée à la Bible, il fera part à JA de ses remarques. Il lui faudra néanmoins un certain temps pour les mettre au net, puisqu'elles sont en chiffre et abrégées. Ostervald a beaucoup réfléchi à ce que JA lui a écrit à propos de la tendance qu'on a aujourd'hui à se décharger de ses responsabilités; c'est la même chose à Neuchâtel. On fait trafic de sermons entre ministres, personne n'explique plus un livre entier de l'Écriture; on se limite à commenter des morceaux détachés. Le peuple naturellement remarque tout cela; l'esprit de relachement des ministres ne manquera pas de passer dans le peuple. Samedi soir, il y a eu un étrange phénomène dans le pays, et probablement à Genève aussi; dès le coucher du soleil, on a vu une lumière très vive derrière la montagne, lumière qui n'a fait qu'augmenter avec l'avancée de la nuit. On a pensé que la vallée qui est au-delà de la montagne était en feu mais les habitants de la vallée, voyant la même lumière, crurent la même chose des régions situées au nord. Tout le pays fut en alarme et il en alla de même en Bourgogne; cela renforce Ostervald dans son idée qu'elle venait du Nord. Il y avait des traînées de rayons de lumière qui s'élançaient et s'élevaient dans le ciel comme des lances ou des verges; horizontalement on croyait voir des ondulations de cette lumière, se mouvant avec une très grande rapidité. On a tous été effrayés par une vapeur de feu qui s'est levée brusquement et dont le rouge é"tait celui des réverbérations d'un incendie. Le spectacle, qui s'accompagnait d'une odeur de feu très intense, ne dura que quelques minutes, la nuée disparaissant progressivement. Il faudra voir ce qu'en disent les nouvelles et les journaux. Dans le PS, Ostervald relève que ce que Nolten dit de Schmidtmann ne le surprend guère puisque celui-ci était le grand ami de Philippe Naudé. Ostervald savait aussi qu'on dit à Zurich que les lettres du roi de Prusse [Friedrich Wilhelm I] ont été réclamées par les universalistes. Le caractère de Nolten le charme et il est réjouissant qu'il ait du crédit à la Cour. Il dit du bien des sermons des députés mais ce qu'[Antoine] Achard écrit à JA montre qu'on y met de la différence et qu'on doit y en mettre. Si on avait suivi les conseils d'Ostervald, certaines gens n'auraient pas donné lieu à la comparaison. Ce que Nolten dit, que l'affaire des députés pourrait se terminer par écrit, est exactement ce que le ministre a dit lors de la première audience. Il prie JA de lui glisser deux mots en leur faveur. Ostervald a fait une méprise lors de son dernier envoi; il ajoute une feuille de sa lettre qu'il a retrouvée depuis lors.

Adresse

Genève


Lieux

Émission

Neuchâtel

RĂ©ception

Genève

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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