44 Lettres

Lettre 3651 de Marc-Benjamin Rosset de Rochefort à Jean-Alphonse Turrettini

Berne 04.07.1726

Je conviens avec vous

Rosset convient avec JA que les thèses marquent peu de dispositions à la paix; il est du reste le seul pour qui elles auraient pu être fâcheuses mais on l'a tellement chicané sur la distinction des prêtres et des évêques qu'il n'a pas eu beaucoup d'orthodoxie à défendre. Il a été seulement attaqué sur la thèse de la permission efficace du péché; il a dit d'emblée qu'il serait préférable de ne pas utiliser ce terme d'"efficace" qui risque de faire de Dieu l'auteur du péché mais il a ajouté que, s...

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Berne 04.07.1726


Lettre autographe, signée. Inédite. (F)
Archives de la Fondation Turrettini (Genève), 1/Gd.R.13


Je conviens avec vous


Rosset convient avec JA que les thèses marquent peu de dispositions à la paix; il est du reste le seul pour qui elles auraient pu être fâcheuses mais on l'a tellement chicané sur la distinction des prêtres et des évêques qu'il n'a pas eu beaucoup d'orthodoxie à défendre. Il a été seulement attaqué sur la thèse de la permission efficace du péché; il a dit d'emblée qu'il serait préférable de ne pas utiliser ce terme d'"efficace" qui risque de faire de Dieu l'auteur du péché mais il a ajouté que, si on prévenait le scandale que ce terme peut causer, on pouvait l'utiliser. Les autres étaient dans leur élément en défendant ces thèses; même Crassus a porté le zèle jusqu'à ses derniers excès pour faire sa cour. Rosset a opposé deux fois: la première contre la sagesse et la sainteté des premiers parents, la seconde contre l'opération intérieure de la grâce. Dans aucun de ces deux cas, on n'a su résoudre les difficultés qu'il avait opposées. Il aurait voulu opposer une troisième fois contre la réalité des miracles mais il n'a pas eu le temps. De Trey [I], qui devait donner la leçon aujourd'hui et disputer demain, est retombé malade pour avoir voulu dicter sa leçon à son frère [Auguste] ; voici donc les épreuves terminées. La leçon de de Trey, ainsi que les autres, ont été remises au recteur [Laufer] ; peut-être cela lui vaudra-t-il d'être élu ou peut-être remettra-t-on sa dispute à plus tard. Il y a pourtant encore beaucoup de monde qui voudrait un professeur allemand. Quant à Rosset, la tâche de son péché originel est trop profonde pour qu'on pense à lui; du reste, il ne pourrait pas en conscience accepter cette profession même si on la lui donnait, après tout ce qu'il a vu et entendu. L'entêtement croit de jour en jour non seulement parmi le clergé mais aussi dans le corps séculier. On veut les museler pour qu'ils ne parlent enfin que la langue du pays. Il n'aurait jamais cru que les choses seraient allées si loin. Voilà le fruit de la complaisance, voilà la communion qu'on veut entretenir avec le reste des Églises réformées. Il est outré par le candidat prosélyte [Crassus], en particulier par son verbiage et ses manières arrogantes; pour se faire valoir, il est allé jusqu'à parler de la doctrine de l'Académie de Genève, en disant qu'il avait souvent gémi avec feu [Bénédict] Pictet sur le triste état des choses. On lui a vivement reproché sa conduite et il n'a pas pu se justifier. Il prie JA de ne pas le mêler à cette histoire mais il avait le cœur trop gros pour se taire.

Adresse

[Genève]


Lieux

Émission

Berne

Réception

Genève

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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