262 Lettres

Lettre 3522 de Jean-Alphonse Turrettini à William Wake

Genève 27.07.1725 [27.07.1725 (n.s.)]

J'ai si fort

JA remercie Wake de la part des directeurs de l'Hôpital de Genève et de la Compagnie de la bonté avec laquelle il a recommandé à la Cour l'affaire concernant cette institution. Après cela, [Jean III] Sarasin a montré à la Compagnie une lettre de Wake et, depuis, [Antoine I] Maurice en a aussi communiqué une à JA. Les deux contiennent de grandes exhortations à la paix et à la douceur dans les questions de théologie; elles ont été très bien reçues. Maurice qui, du vivant du défunt [Bénédict Pictet...

Lettre 3522 de Jean-Alphonse Turrettini à William Wake

Genève 27.07.1725 [27.07.1725 (n.s.)]


Lettre autographe, signée. Inédite. (F)
Christ Church Library (Oxford), Arch. W. Epist.31 (195-196)


J'ai si fort


JA remercie Wake de la part des directeurs de l'Hôpital de Genève et de la Compagnie de la bonté avec laquelle il a recommandé à la Cour l'affaire concernant cette institution. Après cela, [Jean III] Sarasin a montré à la Compagnie une lettre de Wake et, depuis, [Antoine I] Maurice en a aussi communiqué une à JA. Les deux contiennent de grandes exhortations à la paix et à la douceur dans les questions de théologie; elles ont été très bien reçues. Maurice qui, du vivant du défunt [Bénédict Pictet], était très proche de ses idées, entre maintenant dans toutes les vues de JA, comme cela peut se voir d'une affaire qui vient de se passer. En 1706, quand on a aboli la signature du Consensus, on a été obligé à un compromis à cause de l'opposition d'un parti auquel appartenaient les deux professeurs de théologie, [Bénédict] Calandrini et Pictet, et plusieurs vieux pasteurs. L'œuvre est restée ainsi incomplète puisque, si on a certes enlevé le "sic sentio" et "sic docebo", on a été obligé de laisser l'exhortation à ne rien enseigner contre les canons du synode de Dordrecht, les anciens règlements de la Compagnie et le Consensus; on ajouta que cela était pour préserver la paix de l'Église et conserver l'uniformité de l'enseignement. C'était beaucoup d'avoir pu enlever la nécessité de croire et celle d'enseigner. Quant au reste, il n'était pas difficile de garder le silence sur ces matières et de ne pas attaquer des écrits qui étaient rejetés par la plupart des ministres. De cette manière pourtant on laissait la liberté d'enseigner les anciens sentiments et on fermait la bouche aux autres. On était encore (bien qu'on ne l'ait pas cru à l'étranger) dans la même situation où sont aujourd'hui les Suisses puisqu'ils sont réduits à demander qu'on n'enseigne pas le contraire. JA aurait beaucoup aimé changer cette situation mais tant que Pictet était en vie, il ne l'a pas fait pour ne pas susciter de troubles. Quand une occasion favorable s'est présentée, JA l'a saisie et a proposé d'enlever les exhortations, ce qui a été fait. On a pu rétablir les choses comme elles étaient à l'époque de la Réformation, avant les disputes sur la grâce. Pour éviter tout inconvénient, on incite les candidats au ministère à éviter en chaire les questions inutiles et oisives. On a aussi résolu d'être le plus possible discret sur ces mesures pour ne pas susciter de réactions négatives chez les voisins. Au cas où quelqu'un en parlerait, on dira qu'on n'a fait qu'achever ce qu'on avait fait en 1706. Wake devrait sûrement apprécier ces nouvelles mesures qui mettent l'Église de Genève, sur ces questions, sur le modèle de celle, excellente, d'Angleterre. Le roi de Sardaigne [Victor-Amédée II] est actuellement dans le voisinage mais on n'a heureusement aucun démêlé avec lui en ce moment. Il joint une lettre de [Jean-Frédéric I] Ostervald, dont la santé devient très chancelante. Il invoque la protection de Wake pour une famille (Rochegude) dont la vertu et la piété sont très distinguées. Le Parlement de Toulouse a libéré tous les prévenus des Cévennes; la Cour, qui n'a pas apprécié ce jugement, en a arrêté une partie. Y aurait-il moyen, à l'occasion du mariage du roi [Louis XV], d'en demander la libération ainsi que celle d'une vingtaine de galériens enchaînés pour cause de religion? On attend le dénouement de l'affaire de Thorn [Torún]. JA aimerait recevoir de Wake ce qu'il a publié il y a longtemps [An Exposition of the Church of England] contre l'Exposition de la doctrine catholique de Bossuet; il a entrepris quelque chose sur la controverse dans laquelle Bossuet a été mêlé.

Adresse

[Angleterre]


Lieux

Émission

Genève

Réception

Angleterre

Conservation

Oxford


Cités dans la lettre