97 Lettres

Lettre 3475 de Jean Le Clerc à Jean-Alphonse Turrettini

Amsterdam 14.03.1725

Je vous aurois

[Pierre] Humbert, qui s'était engagé à imprimer le manuscrit [[Barnaud], Mémoires] que JA a envoyé à Le Clerc, y a renoncé sous prétexte qu'il ne trouvait pas d'imprimeur; il est vrai qu'ils sont tous occupés avec de grands in-folio mais puisque c'est lui qui imprime les livres de Lenfant et la Bibliothèque germanique, il aurait pu en faire de même avec ce livre-ci qui n'est pas gros. Il a alors décidé de le lui retirer et il l'a donné à [Jean-Frédéric] Bernard qui va y travailler...

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Amsterdam 14.03.1725


Lettre autographe, signée, adressée. (F)
Bibliothèque de Genève, Ms fr 487 (f.316-317)

Sina, Epistolario, IV, p.294-297.


Je vous aurois


[Pierre] Humbert, qui s'était engagé à imprimer le manuscrit [[Barnaud], Mémoires] que JA a envoyé à Le Clerc, y a renoncé sous prétexte qu'il ne trouvait pas d'imprimeur; il est vrai qu'ils sont tous occupés avec de grands in-folio mais puisque c'est lui qui imprime les livres de Lenfant et la Bibliothèque germanique, il aurait pu en faire de même avec ce livre-ci qui n'est pas gros. Il a alors décidé de le lui retirer et il l'a donné à [Jean-Frédéric] Bernard qui va y travailler sous peu. Le Clerc a lu l'ouvrage d'un bout à l'autre (ainsi que les additions que JA lui a envoyées) et l'a trouvé très modéré et judicieux; il ne doute pas qu'il ne fasse de l'effet sur les esprits. Il est toujours bon qu'il y ait des livres comme celui-ci, pour détourner les esprits de nouveaux formulaires. En Hollande, bien que les hommes du gouvernement soient modérés, personne ne parle de réunification, de peur de s'attirer les zélés sur les bras et d'avoir à en faire les frais. En effet, au moment de la repourvue des charges, il se trouve toujours des gens méchants pour accuser tel ou tel candidat sage de ne pas être un bon réformé et le faire ainsi exclure, en prétextant que sa nomination ferait crier les magistrats. Un professeur de Helmstedt nommé Mosheim vient de publier un ouvrage [Historia concilii Dordraceni] dans lequel il prétend démontrer que les luthériens ne peuvent pas se réunir avec ceux qui souscrivent au synode de Dordrecht. Il n'est pas très bien informé des choses et accuse les remonstrants d'avoir changé de doctrine depuis le temps du synode et de soutenir des opinions contraires à l'Écriture. Il est surprenant que quelqu'un qui se veut modéré débite de telles choses, d'autant plus qu'il n'ignore pas que les Anglais partagent le système arminien sur ce genre de doctrines. Le Clerc imagine qu'il veut parler de la justification et de la modération à l'égard de ceux qui ne contredisent pas les dogmes fondamentaux. Il en a donné un extrait dans sa Bibliothèque [ancienne et moderne]. Le Clerc ne sait pas si JA a reçu sa nouvelle édition de Grotius [De veritate religionis christianæ, 1724], enrichie d'une dissertation contre l'indifference des religions qu'il avait donnée il y a six mois au libraire Bousquet. Quant à lui, il n'a pas encore reçu les thèses de JA [Disputatio, pars prima-secunda, 1724] ni le livre de de Muralt [Lettres sur les Anglais] ; il a vu ce dernier quand on l'avait envoyé en Hollande pour le contrefaire mais il ne l'a pas lu. Le IIe tome de son Histoire des Provinces-Unies, désormais imprimé, ne se vendra qu'avec le IIIe, qui sera le dernier puisque Le Clerc donnera seulement un abrégé des événements les plus récents, à cause des gens qui sont encore vivants et dont il ne voudrait pas dire de mal. Il fait la révision de ses commentaires bibliques [Veteris Testamenti libri hagiographi et Veteris Testamenti Prophetæ]. De Crousaz a été bien reçu à Groningue mais sa harangue [Oratio, 1724] et sa première Leçon [De physicæ origine], qui ont été imprimées, ne valent grand-chose ni pour la langue ni pour les raisonnements. On achève ici la IIIe impression de sa Logique française; la latine [Logicæ compendium], bien qu'elle ne soit pas mauvaise, n'est pas propre à ceux qui commencent la philosophie. Il craint qu'il ne perde un peu de sa réputation à Groningue. Il se permet enfin de recommander son neveu [Jacques-Théodore Le Clerc] pour la profession d'hébreu, au cas où il ne serait pas inférieur aux autres. Il ne s'agit pas d'enseigner les commentaires juifs ["rabbinages"] ni les langues orientales mais d'en apprendre assez aux étudiants pour qu'ils puissent lire l'Écriture et faire la distinction entre les bons et les mauvais commentateurs. Il pense que son neveu en sait assez pour cela.

Adresse

Genève


Lieux

Émission

Amsterdam

Réception

Genève

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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