12 Lettres

Lettre 3358 de Jean-Frédéric I Ostervald à Jean-Alphonse Turrettini

[NeuchĂątel] 16.02.1724

Je ne saurois assez

Ostervald remercie JA de l'intĂ©rĂȘt qu'il prend Ă  sa santĂ©; heureusement l'accident qu'il avait eu [sang dans les urines] et qui l'avait un peu alarmĂ© n'a pas eu de suites. D'aprĂšs Manget, cela doit ĂȘtre attribuĂ© au fait que depuis deux ans il est obligĂ© de porter un suspensoire Ă  cause d'une espĂšce de hernie qu'il a et que l'on nomme enterocĂšle ou varicocĂšle. Il reconnaĂźt que le repos lui est essentiel et c'est pourquoi il travaille moins qu'avant; il Ă©vite en particulier de garder trop longtemp...

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[NeuchĂątel] 16.02.1724


Lettre autographe. Inédite. (F)
BibliothÚque de GenÚve, Ms fr 490 (f.245-246)


Je ne saurois assez


Ostervald remercie JA de l'intĂ©rĂȘt qu'il prend Ă  sa santĂ©; heureusement l'accident qu'il avait eu [sang dans les urines] et qui l'avait un peu alarmĂ© n'a pas eu de suites. D'aprĂšs Manget, cela doit ĂȘtre attribuĂ© au fait que depuis deux ans il est obligĂ© de porter un suspensoire Ă  cause d'une espĂšce de hernie qu'il a et que l'on nomme enterocĂšle ou varicocĂšle. Il reconnaĂźt que le repos lui est essentiel et c'est pourquoi il travaille moins qu'avant; il Ă©vite en particulier de garder trop longtemps la position assise. Si les choses empirent, il demandera Ă  JA d'en parler Ă  [Jacques] Chenaud comme il le suggĂšre. Ostervald a su la mort de [David II] Ancillon et de [Louis (?)] Rosselet; ce dernier n'avait que 43 ans et c'Ă©tait un honnĂȘte homme, plein de droiture et avec un don particulier pour les malades. Il Ă©tait appelĂ© seul plus souvent que tous ses collĂšgues ensemble. On a eu des Ă©chos des dĂ©mĂȘlĂ©s de GenĂšve avec le duc de Savoie [Victor-AmĂ©dĂ©e II] pour une raison qui semble ĂȘtre bien mince; il serait Ă  souhaiter que les Suisses interviennent cette fois-ci. Ostervald avait entendu parler du dessein qu'on a dans le Pays de Vaud de rĂ©former la liturgie. Il va Ă©crire Ă  [Samuel] Turrettini, cousin de JA, pour le remercier de son livre intitulĂ© Preservatif contre le fanatisme; l'ouvrage est bon et tombe Ă  propos. En rĂ©alitĂ© la secte des piĂ©tistes va faire beaucoup de mal et leur nombre commence Ă  augmenter. Il y a Ă  NeuchĂątel un jeune ministre, reçu depuis trois ans et qui s'appelle [Samuel] Bourgeois; il avait de beaux dons mais il s'est jetĂ© dans ce parti-lĂ  ainsi que d'autres personnes. Ostervald en dirait davantage s'il pouvait parler de vive voix avec JA. À BĂąle, depuis la mort de [Friedrich] Battier et de [Theodor] Gernler, les choses ont bien changĂ© et, si on remettait aujourd'hui sur le tapis la question de la signature du Consensus, elle serait acceptĂ©e! En effet les quatre pasteurs qui, avec les docteurs en thĂ©ologie [Jakob Christoph Iselin, Samuel Werenfels, Johann Ludwig Frey], examinent ces choses, sont pour la formule. Il faut dire les choses comme elles sont: on dit que les trois docteurs ne font rien. Iselin, quand il n'est pas malade, ce qui est rare, traite la controverse des mĂ©thodes; Werenfels dĂ©plore le malheur des temps mais n'exerce aucune fonction; Frey, qui est un homme d'un rare mĂ©rite et qui attirerait bien des disciples, se refuse Ă  faire de la thĂ©ologie en disant qu'il n'y est pas obligĂ© et que cela revient Ă  l'antistĂšs [Hieronymus Burckhardt]. Ainsi le Christ n'est pas annoncĂ©. De cette maniĂšre on ne forme pas la jeunesse. Ostervald n'a pas mĂąchĂ© ses mots avec Werenfels en lui faisant sentir qu'il Ă©tait obligĂ© en conscience de faire valoir ses talents. Toujours Ă  BĂąle, les piĂ©tistes ont terme jusqu'Ă  PĂąques et doivent rester dans leurs maisons Ă  moins qu'ils veuillent se rendre Ă  l'Église. Il y a eu des changements Ă  Zurich: [[Johann] Jakob I] Lavater, professeur en thĂ©ologie, a demandĂ© sa dĂ©mission pour cause de maladie. Ostervald a Ă©crit Ă  [Johann Baptista Ott] que sa retraite ne constituerait pas une Ă©clipse car c'Ă©tait un homme honnĂȘte mais tout ce qu'il y a de plus tĂ©nĂ©breux. Son vicaire s'appelle [Rudolf] Cramer et fait beaucoup d'hĂ©breu Ă  en juger par un sermon allemand qu'il a fait imprimer pour le jubilĂ©. Adieu la lumiĂšre dans ce pays-lĂ  oĂč [Johann Heinrich] Heidegger a introduit les tĂ©nĂšbres, comme Ostervald le disait rĂ©cemment Ă  Ott.

Adresse

[GenĂšve]


Lieux

Émission

NeuchĂątel

RĂ©ception

GenĂšve

Conservation

GenĂšve


Cités dans la lettre

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