4245 Lettres

Lettre 3351 de Jean Rossières  à Jean-Alphonse Turrettini

Londres 17.01.1724 [06.01.1723/4 (v.s.)]

Je Vous suis bien

De Rossières remercie JA de ses bons soins dans la malheureuse affaire Saladin et regrette en même temps la peine que celle-ci lui procure. Il avoue avoir cru que la manière franche avec laquelle il avait parlé à [Antoine III] Saladin, quand celui-ci était en Angleterre, et les promesses que le Genevois lui avait faites, auraient aplani les difficultés qu'il y avait entre eux. Il est évident que le silence de [Marie] Saladin est à l'origine de tout le mal qui est arrivé puisque si de Rossières a...

+ 1 pages

page 1

00549_3351-1_ug71027_turrettini_file.jpg

page 2


00550_3351-2-3_ug71028_turrettini_file.jpg

page 3

00551_3351-4_ug71029_turrettini_file.jpg

Londres 17.01.1724 [06.01.1723/4 (v.s.)]


Lettre autographe, signée. Inédite. (F)
Archives de la Fondation Turrettini (Genève), 1/Gd.1.VII


Je Vous suis bien


De Rossières remercie JA de ses bons soins dans la malheureuse affaire Saladin et regrette en même temps la peine que celle-ci lui procure. Il avoue avoir cru que la manière franche avec laquelle il avait parlé à [Antoine III] Saladin, quand celui-ci était en Angleterre, et les promesses que le Genevois lui avait faites, auraient aplani les difficultés qu'il y avait entre eux. Il est évident que le silence de [Marie] Saladin est à l'origine de tout le mal qui est arrivé puisque si de Rossières avait eu sa réponse dans les temps où celle-ci devait arriver il aurait pu remédier à la situation et empêcher les fâcheuses conséquences qui se sont produites. Pour trop prendre à cœur les intérêts des autres, de Rossières a fini par négliger les siens. Il a la satisfaction d'avoir contribué au bonheur de bien des personnes dont Madame Saladin elle-même, quoi que cette considération ait été inutile jusqu'ici. Récemment, certains amis, informés de cette triste affaire, ont essayé d'y mettre un terme en employant leurs bons soins auprès du Saladin qui est ici [Jean-Louis]. Ils ont essayé de lui faire comprendre que l'état dans lequel se trouve de Rossières ne lui permet pas de répondre à la demande en question, ses propres affaires ayant subi des revers. À quoi Saladin a répondu que si les livres de de Rossières étaient doubles, il les ferait examiner mais que, si tel n'était pas le cas, il n'y prêterait aucune attention. On lui a rétorqué que de Rossières n'avait pas été élevé dans le cours mercantile et que ses livres, bien que non tenus en partie double, étaient clairs et nets et qu'il était prêt à prêter serment sur leur réalité et validité. Saladin a rejeté tout cela. De Rossières en a ressenti une très vive douleur car il est bien triste de voir que le serment d'un homme qui a toujours vécu dans la probité et qui, Dieu merci, jouit encore de l'estime de bien des honnêtes gens est tenu pour rien. Sachant que les moyens de de Rossières ne lui permettrait pas de répondre à sa demande, Saladin semble avoir pour seul but de lui faire passer dans le malheur le restant de ses jours. Si tel est son sort, il s'y soumettra, dans l'espoir que Dieu lui accordera les grâces nécessaires pour employer sa vie à Sa gloire. L'autre moyen de faire fléchir Saladin, que les amis de de Rossières ont employé, a été de lui offrir un peu plus que les 200 livres de départ mais en disant clairement que cette somme ne pourrait pas approcher les 600-700 livres qu'il avait demandées. Une alternative pouvait être de demander à des arbitres de fixer une somme que de Rossières paierait tous les ans pendant toute sa vie. Saladin a refusé ces offres par crainte d'encourir les reproches de sa famille. Tout espoir d'un accommodement s'étant évanoui, de Rossières est obligé de faire état de sa situation à JA et de lui communiquer ses résolutions, en le priant d'en faire l'usage qu'il jugera le plus opportun envers Madame Saladin. Il serait souhaitable de lui faire remarquer le triste état des affaires de de Rossières, la conduite qu'il a toujours eue envers elle, les succès qu'elle a connus grâce à ses services et l'effet malheureux provoqué par son silence. Si néanmoins ni les offres généreuses des amis de JA, ni sa promesse de serment sur sa situation réelle, ni la conscience, ni le christianisme ne sont suffisants, de Rossières se soumettra à ce qu'ordonnera la providence. Il demande à JA de recevoir l'aveu qu'il lui fait qu'il ne lui reste plus que les commissions pour vivre. Il se confie à ses prières.

Adresse

[Genève]


Lieux

Émission

Londres

Réception

Genève

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

+ 1 pages

page 1

00549_3351-1_ug71027_turrettini_file.jpg

page 2


00550_3351-2-3_ug71028_turrettini_file.jpg

page 3

00551_3351-4_ug71029_turrettini_file.jpg