207 Lettres

Lettre 3273 de Jean-Alphonse Turrettini à Hans Kaspar II Escher

Genève 01.06.1723

Je ne doute pas que vous

Au moment où JA envoya à Escher la lettre latine que celui-ci a dû recevoir, il ne savait pas encore que les rois d'Angleterre et de Prusse avaient écrit de nouvelles lettres aux Cantons évangéliques [George I, "Aux Illustres", 1723; Frierdrich Wilhelm I, "Aux Illustres", 1723]. Or, serait-il possible que de lettres si puissantes et si pressantes ne sortent aucun effet? Tout ce dont il s'agit est de ne pas condamner des sentiments reçus chez la plupart des protestants, sentiments déjà partagés p...

Genève 01.06.1723


Lettre autographe, signée. Inédite. (F)
Zentralbibliothek (Zürich), FA v.Wyss III.102 (4)


Je ne doute pas que vous


Au moment où JA envoya à Escher la lettre latine que celui-ci a dû recevoir, il ne savait pas encore que les rois d'Angleterre et de Prusse avaient écrit de nouvelles lettres aux Cantons évangéliques [George I, "Aux Illustres", 1723; Frierdrich Wilhelm I, "Aux Illustres", 1723]. Or, serait-il possible que de lettres si puissantes et si pressantes ne sortent aucun effet? Tout ce dont il s'agit est de ne pas condamner des sentiments reçus chez la plupart des protestants, sentiments déjà partagés par les réformateurs (entre autres Bullinger) et qui ne sont guère contraires aux fondements de la religion, comme la Formula même le reconnaît dans la préface. Les Cantons mêmes, dans leur réponse à la première lettre du roi d'Angleterre ["Réponse", 1722], reconnaissent qu'ils ne sont pas unanimes sur ce sujet. Peut-on encore s'imaginer que la Formula ne constitue pas d'obstacle à la réunification? Qui peut mieux le savoir que ces grands princes qui travaillent actuellement à ce projet et ces docteurs luthériens qui ne cèssent de le répéter dans leurs écrits? Du reste ce qui s'est passé depuis quatre ou cinq ans dans le Pays de Berne montre que tant qu'on imposera la Formula, il y aura du chagrin et du mécontentement; JA sait bien qu'on y a apporté des adoucissements par les explications qu'on en a données mais cela ne suffit pas à assurer la tranquillité puisqu'on peut toujours contester ou interpréter différemment des explications. En 1675, on aurait dû en rester à la Confession helvétique, qui est certainement plus que suffisante pour conserver la pureté de la doctrine, et imposer le silence sur les questions controversées. JA a appris de bonne source que, si LL.EE. de Zurich voulaient s'adoucir sur le Consensus, Berne suivrait; quant à Bâle, ils sont de plus en plus favorables à l'abolition du formulaire. C'est pourquoi JA implore Escher de travailler à adoucir les esprits et de suivre les règles d'une douceur et d'une modération véritablement chrétiennes. Le Genevois n'a aucun intérêt particulier dans cette affaire, si ce n'est celui de la Suisse. Il demande à Escher d'en parler au bourgmestre son père [Hans Jakob II]. JA attend avec impatience l'arrivée du fils d'Escher [Johann Ludwig (?)] qui doit, à présent, avoir déjà quitté l'Angleterre.

Adresse

[Zurich]


Lieux

Émission

Genève

Réception

Zurich

Conservation

Zurich


Cités dans la lettre

Ouvrages

Confessio et expositio simplex orthodoxæ fidei, & dogmatum catholicorum synceræ religionis christianæ Formula Consensus Ecclesiarum Helveticarum Reformatarum circa doctrinam de gratia universali et connexa aliaque nonnulla capita [«Réponse à Sa Majesté Britannique», Zurich, 09.1722] dans [Barthélemy Barnaud], Mémoires pour servir à l'histoire des troubles arrivés en Suisse à l'occasion du Consensus «Aux Illustres et Magnifiques Seigneurs, les Bourguemaîtres, Avoyers, Landmans, & Conseillers, des Cantons Evangeliques de Suisse, Zurich, Berne, Glaris, Bâle, Schaffouse, Appenzel, St Gall, & Bienne, Nos très-chers Amis » [Datée de St James, ce 30 janvier 1722/23] dans [Barthélemy Barnaud], Mémoires pour servir à l'histoire des troubles arrivés en Suisse, à l'occasion du Consensus «Aux Illustres et Magnifiques Seigneurs, les Bourguemaîtres, Avoyers, Landmans, & Conseillers, des Cantons Evangeliques de Suisse, Zurich, Berne, Glaris, Bâle, Schaffouse, Appenzel, St Gall, & Bienne, Nos très-chers Amis» [Datée de St James, ce 10 avril 1722] dans [Barthélemy Barnaud], Mémoires pour servir à l'histoire des troubles arrivés en Suisse, à l'occasion du Consensus «Frédéric-Guillaume, par la Grace de Dieu, Roi de Prusse &c. Aux Illustres et Magnifiques Seigneurs, les Bourguemaîtres, Avoyers, Landmans, & Conseillers, des Cantons Evangeliques de Suisse, Zurich, Berne, Glaris, Bâle, Schaffouse, Appenzel, St Gall, & Bienne, Nos très-chers Amis » [Datée de Berlin, ce 6 avril 1723] dans [Barthélemy Barnaud], Mémoires pour servir à l'Histoire des troubles arrivés en Suisse, à l'occasion du Consensus ➤ Lister (6)