2 Lettres

Lettre 3123 de Jacques Serces à Jean-Alphonse Turrettini

Londres 22.04.1721 [11/22.04.1721]

Un des articles que

Serces est heureux d'apprendre par les lettres de son père que JA continue à avoir pour lui la même bienveillance. Il le remercie des vœux qu'il forme pour son avenir mais il doit lui dire que, pour l'instant, il n'a encore rien obtenu de tangible. Il comptait beaucoup sur les puissantes lettres de recommandations dont il était pourvu mais il a appris que les Grands étaient de grands complimenteurs et qu'il ne fallait pas trop attendre d'eux. Il s'est donc tourné du côté des Églises françaises;...

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Londres 22.04.1721 [11/22.04.1721]


Lettre autographe, signée, adressée. (F)
Bibliothèque de Genève, Ms fr 492 (f.229-230)

Gardy, Correspondance, I, p.4-6. Omissions.


Un des articles que


Serces est heureux d'apprendre par les lettres de son père que JA continue à avoir pour lui la même bienveillance. Il le remercie des vœux qu'il forme pour son avenir mais il doit lui dire que, pour l'instant, il n'a encore rien obtenu de tangible. Il comptait beaucoup sur les puissantes lettres de recommandations dont il était pourvu mais il a appris que les Grands étaient de grands complimenteurs et qu'il ne fallait pas trop attendre d'eux. Il s'est donc tourné du côté des Églises françaises; il y a actuellement deux places vacantes, à la Savoie et à Saint Martin d'Organs dans la Cité. Il tiendra JA au courant de la situation. Il évite désormais les théologiens rigides dont il lui a parlé dans sa lettre précédente. Il a rencontré dernièrement le pasteur des Églises de la Pyramide et de la Patente, [Jacques] Gillet, qui se récria contre les thèses que JA avait fait soutenir à Serces [Brevis et pacifica disquisitio] en disant qu'il était inconcevable que, parlant des articles fondamentaux, JA n'en ait cité presqu'aucun. Serces lui a expliqué longuement que la religion n'avait rien à craindre de JA et qu'au contraire, elle avait tout à gagner de ce qu'il a entrepris pour en démontrer la vérité. Il parut à la fin un peu apaisé. Serces n'a pas une grande estime pour son jugement, ayant affirmé devant lui ce qu'il avait autrefois nié mais il passe pour un homme de bien. Un des juges de JA les plus sévères en Angleterre est [J. de (?)] La Motte, ministre de l'Église de Leicersterfield. Il prétend que JA verse dans le sabellianisme, ne faisant de Jésus-Christ qu'une personne de théâtre; dans un petit livre qu'il a écrit sur les confessions de foi il l'absout néanmoins de l'accusation de latitudinarisme [L'utilité et la necessité des confessions de foi]. Rivals a aussi des soupçons à son égard et croit savoir ce que les autres ne font qu'imaginer. [Louis] Saurin a fait des plaintes modérées; il aurait aimé que JA spécifie dans les articles fondamentaux la divinité de Jésus-Christ et le fasse de manière plus étendue. Il ne pense pas que JA nie cet article mais estime qu'il aurait dû montrer qu'il en est convaincu et cela d'autant plus que, selon lui, l'archevêque [Wake] l'en avait prié dans une de ses lettres pour dissiper les soupçons qui pèsent sur lui à ce propos. Il y a à la Cour un seigneur laïc qui n'est pas très chaud à l'égard de ces mêmes thèses; il est très remonté contre tout ce qui pourrait avoir un lien quelconque avec les sentiments de l'évêque de Bangor [Hoadly]. Il fait beaucoup de bruit et son épouse en fait encore davantage. Chaque fois que celle-ci rencontre Serces, elle lui recommande d'être orthodoxe, ce que ce dernier prend dans un sens très général. JA avait donc raison de croire que ses détracteurs ne sont pas Anglais; ceux-ci au contraire l'admirent beaucoup et lui conseillent de ne pas faire trop de cas de théologiens aussi peu habiles que les Français d'Angleterre. Serces demande à JA la plus grande discrétion sur tout ce qu'il vient d'écrire; il s'est finalement décidé à nommer des théologiens à la demande explicite de son correspondant mais a beaucoup hésité, notamment pour ce qui concerne Saurin, qui lui avait dit avoir l'intention d'écrire à JA sur cette matière. Beaucoup de gens attendent les publications de JA; Serces a par exemple parlé des leçons que JA avait faites sur la conformité de l'Église protestante avec celle des trois premiers siècles. On lui serait obligé de rendre publique une telle pièce; Serces se joint à cette demande et cela d'autant plus qu'une fois JA a dit qu'il pourrait en effet publier ces leçons. Il n'y a pas beaucoup de nouvelles littéraires, tout le monde, laïcs et ecclésiastqiues, étant pris par les affaires de la South-Sea, ses pertes et ses craintes. Le Testament du docteur Bentley devrait paraître sous peu mais il n'y aura pas le fameux passage de Jean sur la trinité [Novum Testamentum, 1720]. Wilkins, biblio"thécaire de l'archevêque, publiera les loix de Saxe et de Normandie traduites du latin [Leges Anglo-Saxonicæ]. [Jacques] Vial lui a promis de lui procurer les pièces qui se sont faites en Suisse sur la tolérance à l'occasion de la dispute de l'Académie de Lausanne avec celle de Berne. Il serait ravi de pouvoir les répandre; un ministre anglais les lui a du reste demandées pour un ouvrage qu'il veut écrire sur les souscriptions absolues et les maux qu'elles ont provoqués.

Adresse

Genève


Lieux

Émission

Londres

Réception

Genève

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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