507 Lettres

Lettre 3055 de Jean I Barbeyrac Ă  Jean-Alphonse Turrettini

Groningue 29.06.1720

Je reçus... en son tems

Barbeyrac a reçu la Nubes Testium de JA et l'en remercie; il a lu avec intĂ©rĂȘt la dissertation sur les points fondamentaux [Brevis et pacifica disquisitio] et il espĂšre que l'ouvrage produira tout l'effet qu'on attend de lui. Certes, il y a encore un trĂšs grand nombre de thĂ©ologiens, qui ne sont guĂšre disposĂ©s Ă  entendre raison mais on peut espĂ©rer qu'avec le temps l'esprit de modĂ©ration fera son chemin, sinon partout du moins en certains endroits et sinon chez tous du moins chez l...

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Groningue 29.06.1720


Lettre autographe, signée, adressée. (F)
BibliothÚque de GenÚve, Ms fr 484 (f.224-225)

Extraits dans Meylan, Barbeyrac, p.152.


Je reçus... en son tems


Barbeyrac a reçu la Nubes Testium de JA et l'en remercie; il a lu avec intĂ©rĂȘt la dissertation sur les points fondamentaux [Brevis et pacifica disquisitio] et il espĂšre que l'ouvrage produira tout l'effet qu'on attend de lui. Certes, il y a encore un trĂšs grand nombre de thĂ©ologiens, qui ne sont guĂšre disposĂ©s Ă  entendre raison mais on peut espĂ©rer qu'avec le temps l'esprit de modĂ©ration fera son chemin, sinon partout du moins en certains endroits et sinon chez tous du moins chez les politiciens. Ceux-ci ont une grande importance puisqu'ils peuvent contribuer Ă  rĂ©pandre l'esprit de modĂ©ration avec de nouvelles nominations dans les acadĂ©mies. À cet Ă©gard en Hollande on nomme malheureusement seulement des orthodoxes, comme cela s'est passĂ© pour la chaire de thĂ©ologie d'Utrecht, qui, vacante Ă  cause de la mort de [Frans II] Burman, vient d'ĂȘtre remplie par Lampe, l'un des auteurs de la Bibliotheca historico-philologico-theologica. On ne peut pas attendre beaucoup d'un homme qui regarde toutes les rĂȘveries des coccĂ©iens comme des oracles. Pour ce qui est d'Utrecht, Barbeyrac vient d'apprendre qu'on avait pensĂ© Ă  lui pour la place laissĂ©e vacante par Vitriarus le fils [Johannes Jacobus], appelĂ© Ă  Leyde. On avait au dĂ©but fait appel Ă  Valsmid, professeur Ă  Marbourg, qui a refusĂ©, probablement parce que les conditions qu'on lui offrait n'Ă©taient pas assez avantageuses. On s'est finalement dĂ©terminĂ© pour un autre Allemand, Otto, qu'on espĂšre, de par sa nationalitĂ©, ĂȘtre en mesure d'entraĂźner beaucoup d'Ă©tudiants de ce pays-lĂ . La candidature de Barbeyrac Ă©tait appuyĂ©e surtout par les Anglais, comme il ressort d'une lettre envoyĂ©e d'Utrecht par Daniel [III] dont il recopie un passage pour JA. Il est vrai que les Ă©trangers sont prĂ©venus contre Groningue, ville qu'on juge, Ă  tort, peu apte Ă  recevoir des Ă©tudiants venant d'autres pays, Ă  cause de son climat, de ses Ă©coles, de son absence de distractions pour la jeunesse. Les chambres que Barbeyrac peut offrir aux Ă©tudiants Ă©trangers sont trĂšs demandĂ©es; il a eu un Anglais, Elliot, qui est maintenant en route pour GenĂšve; pour le mois de septembre il attend le neveu [Carteret Mussenden] de Leathes, rĂ©sident d'Angleterre Ă  Bruxelles; en ce moment, il a un jeune homme qui vient de Hambourg, avec son gouverneur, et qui tenait Ă  tout prix Ă  rĂ©sider chez lui, en dĂ©pit des difficultĂ©s qu'il y a. Celles-ci sont liĂ©es au fait qu'[Ami] Lullin lui a Ă©crit de Paris il y a quelque temps, en lui faisant part de son intention de passer une pĂ©riode dans l'une des acadĂ©mies hollandaises. Il ajoutait que si Barbeyrac pouvait l'accueillir, son choix se porterait sans faille sur Groningue. Barbeyrac lui a rĂ©pondu en lui offrant une chambre mais depuis il n'a pas reçu le moindre signe de Paris. Il a su que Lullin avait Ă©tĂ© retenu dans la capitale par la maladie de son oncle [Marc Lullin] et qu'il avait toujours l'intention de se rendre en Hollande mais son silence ne se justifie pas. S'il venait maintenant, il y aurait un problĂšme de place chez Barbeyrac. Il vient de recevoir d'Angleterre un recueil de piĂšces presque toutes inĂ©dites de Locke [A collection of several pieces] ; il y a aussi des lettres, dont la plupart sont adressĂ©es Ă  Collins. L'Ă©diteur en est Des Maizeaux, qui y a ajoutĂ© la lettre que [Pierre I] Coste avait publiĂ©e, aprĂšs la mort du philosophe, dans les Nouvelles de Bernard; il paraĂźt qu'il a fait cela pour avoir l'occasion de mal parler de Coste, avec qui il s'est brouillĂ©. Le Dictionnaire de Bayle va bientĂŽt paraĂźtre, avec une dĂ©dicace au rĂ©gent de France [Philippe II d'OrlĂ©ans]. Basnage a composĂ© une Dissertation sur les duels. Les Sermons de LĂ©ger ne sont pas tels qu'on pouvait les attendre de lui; par contre, l'oraison inaugurale d'[Antoine I] Maurice rĂ©pond Ă  l'idĂ©e que Barbeyrac s'est faite de lui. Il a reçu aussi l'oraison inaugurale de"Mussard [De usu et prĂŠstantia juris naturalis] et se demande pourquoi [Pierre] Crommelin n'a pas voulu publier la sienne, selon l'usage. La traduction française de Grotius prĂ©parĂ©e par Barbeyrac est finalement sous presse [Le Droit de la guerre, 1724] et semble une trĂšs belle Ă©dition; la rĂ©vision l'occupe beaucoup mais cela en vaut la peine. Il signale Ă  JA le livre d'un Ă©cuyer anglais [Trott], juge suprĂȘme pour le roi [George I] en Caroline, qui s'imprime en Angleterre et dont le titre est Clavis linguĂŠ sanctĂŠ. Il apprend de [Georges] Polier [de Bottens] que les affaires de l'AcadĂ©mie de Lausanne ne sont pas encore terminĂ©es et qu'il devait ĂȘtre dĂ©putĂ© Ă  Berne; leurs ennemis sont bien acharnĂ©s. Il est heureux d'apprendre que [BarthĂ©lemy] Barnaud est maintenant prĂ©cepteur chez JA.

Adresse

GenĂšve


Lieux

Émission

Groningue

RĂ©ception

GenĂšve

Conservation

GenĂšve


Cités dans la lettre

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