209 Lettres

Lettre 3051 de Jean-Alphonse Turrettini à William Wake

Genève 20.06.1720 [20.06.1720 (n.s.)]

Pendant que le Parlement

JA est navré que les incommodités de Wake continuent et fait des vœux pour sa santé. Il a été heureux d'apprendre les bonnes dispositions de de Bernstorff et [Friedrich Johann] de Bothmer envers la réunion des protestants. Il a recommandé l'affaire à Roberthon. JA reçoit chaque jour de nouvelles lettres d'Allemagne qui montrent que son recueil [Nubes Testium] a été bien reçu par les luthériens. Il transcrit à ce propos un extrait d'une lettre de Pfaff. [Gabriel] Dumont, ministre de l'Égli...

Lettre 3051 de Jean-Alphonse Turrettini à William Wake

Genève 20.06.1720 [20.06.1720 (n.s.)]


Lettre autographe, signée. Inédite. (F)
Christ Church Library (Oxford), Arch. W. Epist.31 (96-97)


Pendant que le Parlement


JA est navré que les incommodités de Wake continuent et fait des vœux pour sa santé. Il a été heureux d'apprendre les bonnes dispositions de de Bernstorff et [Friedrich Johann] de Bothmer envers la réunion des protestants. Il a recommandé l'affaire à Roberthon. JA reçoit chaque jour de nouvelles lettres d'Allemagne qui montrent que son recueil [Nubes Testium] a été bien reçu par les luthériens. Il transcrit à ce propos un extrait d'une lettre de Pfaff. [Gabriel] Dumont, ministre de l'Église française de Leipzig, lui a écrit que le docteur Rechenberg, premier professeur de théologie de cette Université, a beaucoup apprécié la Nubes et qu'il approuve le dessein de JA; le même Dumont lui envoie la copie d'une lettre qu'il a reçue du célèbre Buddeus, professeur de théologie à Iena; JA l'envoie à son correspondant. Le ministre de l'Église luthérienne de Genève [Graff] a rencontré, lors d'un voyage en Allemagne et en particulier à la Cour de Saxe-Gotha, beaucoup de docteurs qui lui ont dit approuver l'ouvrage de JA; certains ont seulement exprimé leurs doutes sur le fait que ces sentiments soient répandus parmi les réformés. Mais ils n'ont qu'à voir le grand nombre d'autorités que JA allègue. Ils opposent le Synode de Dordrecht et c'est vrai que c'est peut-être la plus embarrassante de leurs allégations, tant qu'on sera tellement attaché à ces décrets, surtout en Hollande et en Suisse. Le duc de Saxe-Gotha [Friedrich II (?)] est très favorable au projet et a lu tout l'ouvrage de JA; il a écrit une lettre très obligeante au Magistrat de Genève en faveur de l'Église luthérienne de la ville. Il a aussi envoyé à JA cinq ou six médailles frappées sur le jubilé de la Réformation. Le Genevois a reçu de Ratisbonne un imprimé de quelques feuilles sur la réunification, Schediasma irenicum, dont l'auteur est un docteur luthérien [Klemm]. À l'état présent, il faudrait seulement que les Puissances protestantes, les rois d'Angleterre [George I], de Prusse [Friedrich Wilhem I], de Suède [Friedrich I] etc. interviennent pour que le projet aboutisse. Si on laisse passer cette conjoncture favorable, il se peut que les conditions changent par la suite. Une personne très intelligente écrivait récemment à JA qu'une idée pourrait être que le roi d'Angleterre charge quelqu'un de visiter les principales académies protestantes d'Allemagne et de s'entretenir sur la question: un luthérien, par exemple Pfaff, pourrait se rendre dans les pays luthériens, et un réformé, par exemple [Samuel] Werenfels, dans les pays calvinistes. JA demande à Wake de réfléchir à la proposition. Une autre chose à faire serait d'adoucir les sentiments des réformés hollandais et suisses sur les questions de la grâce et de la prédestination. Wake a fait ce qu'il a pu pour cela mais il reste encore des esprits échauffés à Zurich, à Berne et même à Genève. Que dire d'une personne d'ici [Bénédict Pictet] qui entretient une correspondance avec Wake et a autrefois écrit sur la réunification, qui ne contribue pas peu à échauffer les esprits des voisins et qui a mis dans des thèses publiques la doctrine de la grâce particulière dont on ne parlait plus depuis longtemps. Il demande à Wake la discrétion sur cela. Ce serait donc bien que le roi d'Angleterre écrivît en Hollande et en Suisse sur cette question. Il demande aussi la protection de Wake pour Pfaff; il faudrait le défendre contre ses ennemis, qui l'appellent "proditorem orthodoxiæ", par quelques marques d'honneur. Le colonel Stewart, qui avait été jadis arrêté avec lord Mar, n'a pas voulu suivre celui-ci, qui est parti de Genève quinze jours auparavant. Il a écrit à JA la lettre ci-jointe. Il est devenu très dévot, jeûne très fréquemment et semble s'être ravisé et être prêt à se soumettre au gouvernement s'il pouvait obtenir sa grâce. Il ne demande pas ses biens qui ont été confisqués mais la liberté d'aller passer le reste de sa vie en Écosse avec sa famille.

Adresse

[Angleterre]


Lieux

Émission

Genève

Réception

Angleterre

Conservation

Oxford


Cités dans la lettre