160 Lettres

Lettre 2965 de Paul L'Escot Ă  Jean-Alphonse Turrettini

Londres 20.10.1719 [09.10.1719 v.s.]

J'ay reçu avec bien

L'Escot espère trouver un établissement où il puisse passer paisiblement les dernières années de sa vie. Il aimerait une paroisse à la campagne, n'ayant pas l'habitude des grands auditoires et ayant toujours cette timidité qu'il a héritée de son éducation à Genève "dans un esprit de servitude". On lui a proposé d'abord une place en Irlande, à une journée de Dublin: les conditions lui auraient convenu parfaitement, le gage étant élevé pour un pays où la vie n'est pas chère mais il n'a reçu aucune...

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Lettre 2965 de Paul L'Escot Ă  Jean-Alphonse Turrettini

Londres 20.10.1719 [09.10.1719 v.s.]


Lettre autographe, signée. (F)
Bibliothèque de Genève, Ms fr 488 (f.20)

Budé, Lettres, II, p.227-229.


J'ay reçu avec bien


L'Escot espère trouver un établissement où il puisse passer paisiblement les dernières années de sa vie. Il aimerait une paroisse à la campagne, n'ayant pas l'habitude des grands auditoires et ayant toujours cette timidité qu'il a héritée de son éducation à Genève "dans un esprit de servitude". On lui a proposé d'abord une place en Irlande, à une journée de Dublin: les conditions lui auraient convenu parfaitement, le gage étant élevé pour un pays où la vie n'est pas chère mais il n'a reçu aucune réponse pour le moment et il ne garde plus aucun espoir. On lui a ensuite proposé l'Église française de Douvres qui est à pourvoir: c'est d'Egulhon, à qui il a été recommandé, qui en a la responsabilité et qui cherche à en améliorer le traitement, qui est pour le moment insuffisant à assurer la subsistance d'un ministre. Il s'en remet à lui. Mais il y aurait aussi une troisième possibilité, à savoir l'Église française de Greenwich, abandonnée par un pasteur suisse endetté. Cette Église, située près de Londres, présenterait le grand avantage que L'Escot pourrait y lire ses sermons (comme en Irlande) au lieu de devoir les apprendre par cœur, ce qu'il ne réussit à faire qu'après un très grand effort. En Caroline, on ne lui a jamais accordé la possibilité de lire ses prédications, de sorte que l'exercice hebdomadaire lui coûtait une peine supérieure à celle des esclaves. Quoi qu'il en soit de l'issue de ces différentes possibilités, il espère trouver un établissement qui leur permette à sa femme [Françoise] et à lui de vivre décemment; il est convaincu que sa femme le rejoindra une fois sa situation fixée. Entre-temps il s'efforce de vivre le plus modestement possible et donne le détail de ses dépenses. Comme il a vendu sa bibliothèque en Caroline et n'a apporté avec lui que les cinq volumes de Sermons de Tillotson, il a dû acheter la Bible de Diodati [Genève, 1644] (qu'il avait offerte à sa fille [Frances Villepontoux]), une concordance latine et la Synopsis de Poole. Il a aussi emporté avec lui ses propres sermons; il les a tellement raccourcis pour les adapter à sa mémoire qu'ils ont besoin d'être remaniés. Pour ce qui est du ministre suisse qui a dû partir à cause de ses dettes, il faut ajouter qu'il s'était forgé la renommée d'un prédicateur très habile, cela avant que l'on découvrît que les deux sermons grâce auxquels il s'était acquis la gloire étaient l'un de JA lui-même et l'autre de [Daniel I] de Superville. [Ami] Lullin va quitter l'Angleterre pour se rendre en Hollande.

Adresse

[Genève]


Lieux

Émission

Londres

RĂ©ception

Genève

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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