209 Lettres

Lettre 2917 de William Wake à Jean-Alphonse Turrettini

[Angleterre] 11.03.1719 [?.02.1718 (v.s.)]

I have tho' with

Wake a suivi, non sans difficulté, le bon exemple de JA et avec cette lettre il lui envoie une notice historique relative au jugement de l'Église d'Angleterre, en particulier sur les points controversés actuellement débattus à Berne. Il verra que les princes et les évêques anglais ont toujours eu à cœur de ne pas imposer d'explications particulières sur des mystères aussi profonds mais de laisser à chacun la liberté de suivre sa propre opinion. JA trouvera dans le document beaucoup de citations...

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Lettre 2917 de William Wake à Jean-Alphonse Turrettini

[Angleterre] 11.03.1719 [?.02.1718 (v.s.)]


Lettre autographe, signée. (Ang)
Bibliothèque de Genève, Ms fr 493 (f.47-48)

Budé, Lettres, III, p.388-391. Traduite en français avec beaucoup d'omissions. Extraits dans Sykes, Wake, II, p.67, 150.


I have tho' with


Wake a suivi, non sans difficulté, le bon exemple de JA et avec cette lettre il lui envoie une notice historique relative au jugement de l'Église d'Angleterre, en particulier sur les points controversés actuellement débattus à Berne. Il verra que les princes et les évêques anglais ont toujours eu à cœur de ne pas imposer d'explications particulières sur des mystères aussi profonds mais de laisser à chacun la liberté de suivre sa propre opinion. JA trouvera dans le document beaucoup de citations anglaises puisque Wake a préféré donner la parole à ceux dont il cite la pensée. Le style est quelque peu décousu mais il a écrit ce document à plusieurs reprises et avec beaucoup d'interruptions. JA peut assurer les frères de Berne que l'Église d'Angleterre a toujours évité, depuis la Réformation, de se déterminer sur de telles questions et que la paix dont ils ont bénéficié est la preuve de la sagesse d'un tel choix. Il confie à la prudence de son correspondant l'usage de ce document pour qu'il n'y ait pas de préjudice à sa réputation; il pense que celle-ci pourrait en souffrir si la pièce était rendue publique de par son caractère désordonné. C'était son seul souci pour sa lettre précédente mais il est disposé à l'oublier si JA l'estime utile pour le bien public. Il a été obligé de se servir de la main d'un copiste pour le document, n'ayant pas eu le temps de le faire lui-même. Il ne sait par ailleurs pas si son opinion est bien reçue à Berne; il l'avait déjà exprimée l'été dernier quand il avait écrit aux ministres et professeurs de Berne par le moyen de [Samuel] Scheurer mais il n'en pas eu d'écho. Il est très heureux d'apprendre que Werenfels prépare un recueil de ses ouvrages [Opuscula] ; il a apprécié ceux qu'il a déjà lu de lui mais il se réjouit de les relire avec les nouveaux. Si JA se décide à republier sa propre harangue [De componendis dissidiis], il pourra faire l'usage qu'il voudra des lettres de Wake. Si JA communique sa longue lettre à l'un ou à l'autre de ses amis, il aimerait que les passages anglais soient soigneusement traduits en latin à cause de la langue parfois surannée qui en rend difficile la compréhension. Wake a pris grand soin des amis de JA dont personne ne connaît les noms. Il a reçu les lettres de Zurich au sujet des Églises hongroises; il a essayé de voir de Bernstorff sur cette question et sur celle de l'union dont il a écrit aussi à Whitworth qui est l'envoyé d'Angleterre à La Haye et qui a à cœur la question. Mais les lettres et le mémoire sont actuellement entre les mains des ministres, ce qui pourra par la suite engager Sa Majesté [George I]. Privé néanmoins de ces documents, Wake ne peut rien faire. Il a du rest e reçu d'autres lettres de Zurich concernant les frères du Piémont; il les appuyera auprès du roi mais le Parlement discute actuellement d'affaires de la plus grande importance et qui passent avant celles-ci. Il a lu, non sans une certaine admiration, la confession de foi du roi de Prusse [Friedrich Wilhelm I, Das Glauben-Bekänntnis]. C'est une pièce extraordinaire, avec beaucoup de bon sens. Quand les affaires extérieures se seront un peu normalisée et qu'on aura retrouvé une plus grande union intérieure, on devra beaucoup faire pour la gloire de Dieu et la paix de l'Église. Mais il y a en ce moment des problèmes dans la famille royale, ce qui n'est pas sans créer beaucoup de difficultés; il espère que Dieu voudra bien promouvoir une meilleure entente entre le roi et son fils [George de Galles]. Il y a aussi un autre élément de trouble qui afflige ceux qui veulent la paix sans pour autant devoir renoncer aux vérités nécessaires. Certains écrivains latitudinaires, qui s'appellent eux-mêmes "free-thinkers", veulent renverser toute confession de foi et tout engagement sur les articles de la religion comme contraire à la sujetion qu'on doit au roi. Certains d'entre eux sont des déistes, d'autres d"es sociniens, tous des ennemis de la vérité catholique et, plus ou moins, des articles fondamentaux. Ils ne se contentent pas de plaider la tolérance universelle mais ils veulent être admis aux offices et aux dignités ecclésiastiques sans souscrire aux articles et sans approuver la liturgie. Ils abusent dans leurs écrits des plus grands noms pour se défendre; ainsi, dès que quelqu'un parle contre l'imposition en matière de foi ou la tyrannie ecclésiastique, ils en prennent quelques citations sans se soucier du contexte plus général ou du sens véritable que la phrase peut avoir pour l'auteur. C'est le traitement qu'ils ont fait subir à JA, à [Jean-Frédéric I] Ostervald et à [Samuel] Werenfels. Ce serait un grand service rendu à la liberté chrétienne si l'un ou l'autre d'entre eux prenait la plume pour dire que l'Église de chaque pays a le droit et l'autorité pour imposer sa confession de foi et obliger ceux qui veulent la servir à souscrire telle confession. [Parrain de] Durette a écrit en français sur cela [L'Abus des Confessions] ; c'est un petit livre qu'[Ami] Lullin devrait avoir envoyé à JA. Il est content que [Jean III] Sarasin soit arrivé au bout de ses peines. Il est très sensible à l'envoi des herbes vulnéraires. Par les lettres qu'il a reçues du nouvel antistès de Zurich [Johann Ludwig Nüscheler], Wake a compris que celui-ci défendait entièrement les intérêts de ceux qui sont favorables au Consensus; il se demande s'il ne voudra pas imposer une même signature dans son Canton. Il lui écrira avec beaucoup de précautions, sans le froisser mais sans entrer non plus dans les opinions qu'il voudrait peut-être entendre de lui. Wake est content que la santé de JA soit meilleure.

Adresse

[Genève]


Lieux

Émission

Angleterre

Réception

Genève

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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