43 Lettres

Lettre 2647 de Jean I Barbeyrac Ă  Jean-Alphonse Turrettini

Lausanne 13.02.1716

Je suis bien aise

Barbeyrac a appris que le livre de Covarrubias [Opera, 1679] que JA lui avait envoyé venait de la BibliothÚque publique, ce qui veut dire qu'il ne pourra pas le garder trÚs longtemps. C'est un problÚme pour lui, compte tenu du nombre trÚs élevé de citations de cet auteur qu'on trouve chez Grotius. Il ne saurait se résoudre à aller chercher tous les endroits qu'il faudrait consulter sur ce qu'il a déjà fait de ce travail (il en est au ch. XIII du IIe livre [du Droit de la gue...

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Lausanne 13.02.1716


Lettre autographe, signée, adressée. (F)
BibliothÚque de GenÚve, Ms fr 484 (f.198-199)

Extraits dans Meylan, Barbeyrac, p.109, 112-113.


Je suis bien aise


Barbeyrac a appris que le livre de Covarrubias [Opera, 1679] que JA lui avait envoyĂ© venait de la BibliothĂšque publique, ce qui veut dire qu'il ne pourra pas le garder trĂšs longtemps. C'est un problĂšme pour lui, compte tenu du nombre trĂšs Ă©levĂ© de citations de cet auteur qu'on trouve chez Grotius. Il ne saurait se rĂ©soudre Ă  aller chercher tous les endroits qu'il faudrait consulter sur ce qu'il a dĂ©jĂ  fait de ce travail (il en est au ch. XIII du IIe livre [du Droit de la guerre et de la paix, Amsterdam, 1724]). Il achĂšterait donc volontiers l'ouvrage s'il en trouvait un exemplaire pour un prix pas trop important; c'est ce qui lui Ă©tait arrivĂ© l'annĂ©e passĂ©e avec un exemplaire de l'Ă©dition faite Ă  Francfort au dĂ©but du XVIIe siĂšcle [1606] qui figurait dans le catalogue d'une vente Ă  l'encan mais, malheureusement, il Ă©tait dĂ©jĂ  vendu. Il avait aussi une fois trouvĂ© l'Ă©dition en 3 volumes de van der Muelen [Utrecht, 1696-1703] mais le prix Ă©tait trop Ă©levĂ©. S'il Ă©tait Ă  Berlin, il n'aurait pas eu de problĂšmes puisqu'entre la BibliothĂšque du Roi, celle d'ÉzĂ©chiel Spanheim et d'autres privĂ©es, on pouvait trouver tout ce qu'on cherchait. Depuis trois semaines, il fait ses leçons publiques Ă  la Maison de la Ville et il ne sait pas si l'auditoire sera toujours aussi nombreux qu'Ă  prĂ©sent, d'autant qu'on se lasse vite des nouveautĂ©s. Il tĂąchera d'inspirer Ă  ses auditeurs le goĂ»t pour les sciences et la modĂ©ration par rapport aux disputes. Il en est maintenant Ă  la matiĂšre de la conscience et il vient de traiter celle de la conscience erronĂ©e. Il a donnĂ© deux exemples de ceux qui sont de mauvaise foi dans l'erreur: le premier concerne Bayle qu'il a dĂ©crit, sans le nommer, comme un homme qui cherchait Ă  dĂ©truire la religion, en faisant semblant de vouloir humilier la raison. Le second est relatif aux persĂ©cuteurs qui montrent par leur mauvaise conduite qu'ils n'ont pas Ă  cƓur la vĂ©ritĂ© et la vertu. Plusieurs personnes de la magistrature suivent ses cours. Pour ce qui est des leçons particuliĂšres, il a entre douze et quinze personnes et cela parce que, comme les publiques, il les fait en français, sans quoi il n'aurait personne. [Charles] de La Motte, qui est empĂȘchĂ© d'Ă©crire longuement Ă  cause du grand froid qui est Ă  Amsterdam, lui a dit que Noodt lui avait envoyĂ© pour Barbeyrac un nouvel ouvrage – un commentaire sur le Digeste. Ce sera sans doute un trĂšs bon livre. Le SupplĂ©ment du Moreri paraĂźt et l'auteur en est [Jacques] Bernard. On parle aussi d'une traduction qu'on va faire des comĂ©dies de Plaute [Amsterdam, 1719], de diffĂ©rentes mains: il y aura les trois traduite par [Anne] Dacier, les Captifs selon [Pierre I] Coste et le reste de Du Limier. S'il s'agit de celui qui Ă©tait Ă  GenĂšve, cela ne promet rien de bon, il connaĂźt mieux son brĂ©viaire ou le droit canon que les auteurs latins. Barbeyrac a reçu une traduction flamande de son Discours sur les sciences et a appris que De Coup Ă  rĂ©imprimĂ© en Hollande son Discours sur la permission des lois. [Jacques] Fabri et Barrillot en Ă©taient dĂ©jĂ  informĂ©s et avaient l'air surpris puisqu'ils ont en Hollande un bon nombre d'exemplaires de l'impression qu'ils ont faite Ă  GenĂšve de la mĂȘme piĂšce. Barbeyrac n'a aucune part Ă  l'Ă©dition hollandaise mais il a Ă©crit aux imprimeurs genevois pour leur dire qu'il ne leur proposerait pas son troisiĂšme discours des Promotions [Discours sur le bĂ©nĂ©fice des lois], Ă  moins qu'ils ne le rĂ©clament. On est fort prĂ©venu en Hollande contre les Ă©ditions genevoises, voilĂ  tout le mal; Fabri et Barrillot ont du reste une lettre de [Henri] Du Sauzet, libraire de la Haye, qui leur dit franchement qu'on ne veut point de leurs Ă©ditions.

Adresse

GenĂšve


Lieux

Émission

Lausanne

RĂ©ception

GenĂšve

Conservation

GenĂšve


Cités dans la lettre

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