97 Lettres

Lettre 2632 de Jean I Barbeyrac Ă  Jean-Alphonse Turrettini

Lausanne 24.11.1715

Je répondis... à l'Anonyme

Barbeyrac a répondu à l'anonyme de Bordeaux suivant les conseils d'[Antoine] RouviÚre, qui coïncidaient avec ses propres sentiments. Il remercie JA des remarques qu'il lui a envoyées sur ses notes à Grotius [Le droit de la guerre, 1724] ; il aimerait recevoir souvent de semblables remarques de la part de son correspondant. Barbeyrac n'a rien à dire à JA sur la façon dont celui-ci doit répondre à Leibniz pour ce qui le concerne; le Genevois est instruit des faits et sait que Barbeyrac ne t...

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Lausanne 24.11.1715


Lettre autographe, signée, adressée. (F)
BibliothÚque de GenÚve, Ms fr 484 (f.192-193)

Extraits dans Meylan, Barbeyrac, p.105-106 qui date fautivement la lettre du mois de décembre et dans M. I. Klauber, Between Reformed Scholasticism and pan-Protestantism. Jean-Alphonse Turrettini (1671-1737) and Enlightened Orthodoxy at the Academy of Geneva, Selinsgrove, London and Toronto, 1994, p.155-156 et 219.


Je répondis... à l'Anonyme


Barbeyrac a rĂ©pondu Ă  l'anonyme de Bordeaux suivant les conseils d'[Antoine] RouviĂšre, qui coĂŻncidaient avec ses propres sentiments. Il remercie JA des remarques qu'il lui a envoyĂ©es sur ses notes Ă  Grotius [Le droit de la guerre, 1724] ; il aimerait recevoir souvent de semblables remarques de la part de son correspondant. Barbeyrac n'a rien Ă  dire Ă  JA sur la façon dont celui-ci doit rĂ©pondre Ă  Leibniz pour ce qui le concerne; le Genevois est instruit des faits et sait que Barbeyrac ne tient pas Ă  faire la cour au philosophe. Si tel avait Ă©tĂ© le cas, il en aurait profitĂ© Ă  Berlin. Il a eu beaucoup de plaisir Ă  recevoir, Ă  travers JA, les remarques faites par le conseiller [Jacques ou Daniel] Le Clerc au sujet du passage de Pline citĂ© par Grotius; il reconnaĂźt qu'Ă  la lumiĂšre de ce que Le Clerc dit, la correction proposĂ©e par Barbeyrac devient beaucoup moins nĂ©cessaire et il doit avouer qu'il n'avait pas songĂ© Ă  la signification que "evehere" peut avoir chez l'auteur latin. Pourtant il ne pense pas devoir abandonner absolument son idĂ©e, qui se justifie par l'opposition de l'idĂ©e de limites, la facilitĂ© du changement d'"evellimus" en "evehimus" et la suite du discours. Il dĂ©veloppe dans le dĂ©tail son argumentation. La Classe de Morges a fait une levĂ©e de boucliers pour reprĂ©senter Ă  Berne le progrĂšs que les nouvelles opinions pernicieuses font parmi les jeunes ministres et jeter ainsi les soupçons sur les membres de l'AcadĂ©mie. Elle demande qu'Ă  l'avenir tous les proposants qui doivent entrer dans la Classe soient obligĂ©s de signer le Consensus et sous une forme bien prĂ©cise. [Jean Pierre] de Crousaz, sachant qu'il Ă©tait spĂ©cialement visĂ©, en a parlĂ© au trĂ©sorier [Christoph] Steiger, Ă  qui ceux de la Classe devaient prĂ©senter le mĂ©moire lors de sa visite des vins. On a dit que ce seigneur les avait assez mal reçus et depuis on n'a plus rien entendu. Les promoteurs de cette affaire sont parmi les plus ignorants de la Classe et on a eu occasion de leur tĂ©moigner indirectement le ridicule de leur procĂ©dĂ©. Ayant en effet su que [Jean-Rodolphe] Hollard, ministre de Rolle, dont l'orthodoxie et la dĂ©bauche sont de notoriĂ©tĂ© publique, avait fait prĂȘcher dans son Ă©glise un proposant, ce qui est dĂ©fendu, on chargea Barbeyrac d'Ă©crire au doyen de la Classe. Dans sa lettre, Barbeyrac lui dit qu'ils avaient prĂ©fĂ©rĂ© ne pas alerter le souverain pour ne pas imiter ceux qui ne connaissent pas les rĂšgles de l'Ă©quitĂ©; qu'ils avaient Ă  cƓur d'inspirer Ă  leurs disciples un zĂšle raisonnable pour la vĂ©ritĂ© et qu'ils avaient dĂ©cidĂ© d'ĂȘtre plus sĂ©vĂšres lors des examens pour empĂȘcher qu'une ignorance brouillonne et prĂ©somptueuse ne nuise Ă  l'Église et Ă  l'État, qu'ils feraient trĂšs attention Ă  la conduite morale des candidats. Il semble que [Johann Rudolf] Tillier, qui Ă©tait encore bailli d'Aubonne au moment de la rĂ©union de la Classe, dĂ©fendit l'AcadĂ©mie et se prononça contre la signature du Consensus et il paraĂźt que c'est l'opinion d'un grand nombre des Deux Cents. Si l'affaire a des suites, Barbeyrac, avec trois ou quatre, a dĂ©cidĂ© de se prononcer contre la nĂ©cessitĂ© du Consensus. Il a du reste Ă©crit Ă  Berne, Ă  la suite de certains bruits qui prĂ©tendaient que, sous son rectorat, on n'avait plus exigĂ© la signature de la Formula. Il a expliquĂ© que cela Ă©tait faux, que tous avaient signĂ© mais que certains l'avaient fait sous la restriction "quatenus ScripturĂŠ consentit". Barbeyrac a ajoutĂ© qu'il n'avait pas Ă©tĂ© le premier Ă  accorder cette sorte de signature mais qu'il l'aurait fait mĂȘme si tel avait Ă©tĂ© le cas, puisqu'Ă  moins de renoncer au protestantisme toute signature d'Ă©crit humain doit porter une telle limitation. Il n'a pas encore reçu de rĂ©ponses. Il demande enfin Ă  JA de lui prĂȘter, s'il les possĂšde, les Ɠuvres de deux scolastiques espagnols, Covarrubias et Vasquez [de Menchaca] dont Grotius s'est le plus servi.

Adresse

GenĂšve


Lieux

Émission

Lausanne

RĂ©ception

GenĂšve

Conservation

GenĂšve


Cités dans la lettre

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