6 Lettres

Lettre 2560 de Jean I Barbeyrac à Jean-Alphonse Turrettini

Lausanne 15.01.1715

Depuis le commencement

Barbeyrac pr√©sente √† JA ses vŇďux pour sa sant√©. Il est ravi d'apprendre les nouvelles relatives √† [L√©onard] Baulacre et √† [Pierre¬†I] Coste et cela d'autant plus que [Charles] de La Motte, qui lui en donnait, est retomb√© malade et ne peut plus √©crire depuis octobre. Il ne savait pas que Shaftesbury [I] avait laiss√© un fils [II] ; il est √† esp√©rer qu'il ait les m√™mes qualit√©s que celles de son p√®re; Coste est s√Ľrement tr√®s propre √† cultiver son esprit. Il doit √™tre un peu las d'√™tre pr√©cepteur mai...

+ 2 pages

page 1

ms_fr_00484_f169r_ug60591_turrettini_file.jpg

page 2


ms_fr_00484_f169v_ug60592_turrettini_file.jpg

page 3

ms_fr_00484_f170r_ug60593_turrettini_file.jpg

page 4


ms_fr_00484_f170v_ug60594_turrettini_file.jpg

Lettre 2560 de Jean I Barbeyrac à Jean-Alphonse Turrettini

Lausanne 15.01.1715


Lettre autographe, signée, adressée. (F)
Bibliothèque de Genève, Ms fr 484 (f.169-170)

Extraits dans Meylan, Barbeyrac, p.100.


Depuis le commencement


Barbeyrac pr√©sente √† JA ses vŇďux pour sa sant√©. Il est ravi d'apprendre les nouvelles relatives √† [L√©onard] Baulacre et √† [Pierre¬†I] Coste et cela d'autant plus que [Charles] de La Motte, qui lui en donnait, est retomb√© malade et ne peut plus √©crire depuis octobre. Il ne savait pas que Shaftesbury [I] avait laiss√© un fils [II] ; il est √† esp√©rer qu'il ait les m√™mes qualit√©s que celles de son p√®re; Coste est s√Ľrement tr√®s propre √† cultiver son esprit. Il doit √™tre un peu las d'√™tre pr√©cepteur mais il ne pouvait pas refuser la charge aupr√®s du jeune Shaftesbury, puisque mylord lui avait laiss√© entendre qu'il lui assurerait une pension apr√®s sa mort, ce qu'il a d√Ľ faire. Il a aussi une autre petite pension, qui lui avait √©t√© laiss√©e par le p√®re [Edward Clarke] de l'enfant dont il a √©t√© pr√©cepteur quand il a quitt√© la maison de lady Masham. Il a ainsi de quoi subsister. On doit avoir imprim√© de lui √† Paris la traduction des Captifs de Plaute [Paris, 1713] ; il revoit aussi sa traduction de l'Essai de Locke [Amsterdam, 1729] et celle de l'ouvrage, toujours de Locke, intitul√© Que la religion chr√©tienne est raisonnable; ce dernier ouvrage est sous presse √† Amsterdam [Le christianisme raisonnable, 1715]. Avec le temps, il donnera d'autres pi√®ces et notamment la traduction d'H√©rodote. Barbeyrac n'a pas encore vu le IIe volume de la Biblioth√®que ancienne et moderne. Ce que JA lui dit de [Henry] Sacheverell est surprenant et on ne peut qu'admirer la patience du roi d'Angleterre [George¬†I]. Pour le livre de F√©nelon [D√©monstration de l'existence de Dieu], il est s√Ľr qu'il doit y avoir du plaisir √† le lire et accepte l'offre de JA de le lui pr√™ter. Il doit du reste lui rendre son Dion Cassius. Il a finalement re√ßu le livre de Reeland sur la g√©ographie sacr√©e [Palestina]: c'est un ouvrage excellent dans lequel on trouve un travail immense et une merveilleuse exactitude. L'auteur distingue fort bien ce qu'il y a de certain ou de probable des conjectures. Il est √©tonnant qu'un homme de 36 ans, tr√®s affaibli quant √† sa sant√©, ait pu r√©aliser une Ňďuvre pareille. Il a re√ßu le jour pr√©c√©dent la nouvelle √©dition du petit Pufendorf [Les devoirs de l'homme et du citoien, 1715] et l'enverra √† JA √† la premi√®re occasion. Pour le suppl√©ment de Mor√©ri, qu'on imprime en Hollande, il ne sait pas qui en sont les auteurs mais il sait que [Jacques] Bernard avait promis depuis longtemps aux Huguetan d'y travailler. On veut charger Barbeyrac de faire la r√©futation du livre de Stanyan intitul√© L'√Čtat de la Suisse; il a re√ßu une proposition dans ce sens de la part du bailli d'Aubonne [Johann Rudolf Tillier]. Cela ne lui pla√ģt pas, tout d'abord parce qu'il interrompt son travail sur Grotius [Le droit de la guerre, 1724] et ensuite parce qu'il ne veut pas se m√™ler de choses d√©licates. Mais il n'a pas pu refuser, puisqu'il s'agissait d'une proposition √©manant du gouvernement. On lui a promis des m√©moires et il para√ģt qu'il y a des erreurs grossi√®res dans l'ouvrage. La r√©futation doit surtout porter sur ce que l'auteur dit du gouvernement aristocratique, tel qu'il est √† Berne; il semble qu'il y ait aussi des erreurs pour ce qui concerne Gen√®ve et il demandera des renseignements √† JA l√†-dessus. Il a √©crit en Hollande pour savoir si le livre √©tait une traduction de l'anglais et dans ce cas il aimerait avoir l'original. La r√©futation de Barbeyrac prendra la forme d'une lettre; il laissera de c√īt√© les choses trop d√©licates et trop scabreuses, comme la religion, √† moins qu'il puisse faire des consid√©rations utiles et cela d'autant plus qu'il y a √† Berne, aux Deux-Cents, quantit√© de seigneurs qui ont, sur la politique et sur la religion, d'autres id√©es que les vieux. Il ne veut en tout cas pas √™tre connu comme √©tant l'auteur de cette r√©futation; il m√©nagera Stanyan et il esp√®re que ce travail ingrat emp√™chera ceux qui lui veulent du mal de pouvoir lui en faire.

Adresse

Genève


Lieux

√Čmission

Lausanne

Réception

Genève

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

+ 2 pages

page 1

ms_fr_00484_f169r_ug60591_turrettini_file.jpg

page 2


ms_fr_00484_f169v_ug60592_turrettini_file.jpg

page 3

ms_fr_00484_f170r_ug60593_turrettini_file.jpg

page 4


ms_fr_00484_f170v_ug60594_turrettini_file.jpg