349 Lettres

Lettre 2560 de Jean I Barbeyrac Ă  Jean-Alphonse Turrettini

Lausanne 15.01.1715

Depuis le commencement

Barbeyrac présente à JA ses vœux pour sa santé. Il est ravi d'apprendre les nouvelles relatives à [Léonard] Baulacre et à [Pierre I] Coste et cela d'autant plus que [Charles] de La Motte, qui lui en donnait, est retombé malade et ne peut plus écrire depuis octobre. Il ne savait pas que Shaftesbury [I] avait laissé un fils [II] ; il est à espérer qu'il ait les mêmes qualités que celles de son père; Coste est sûrement très propre à cultiver son esprit. Il doit être un peu las d'être précepteur mai...

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Lausanne 15.01.1715


Lettre autographe, signée, adressée. (F)
Bibliothèque de Genève, Ms fr 484 (f.169-170)

Extraits dans Meylan, Barbeyrac, p.100.


Depuis le commencement


Barbeyrac présente à JA ses vœux pour sa santé. Il est ravi d'apprendre les nouvelles relatives à [Léonard] Baulacre et à [Pierre I] Coste et cela d'autant plus que [Charles] de La Motte, qui lui en donnait, est retombé malade et ne peut plus écrire depuis octobre. Il ne savait pas que Shaftesbury [I] avait laissé un fils [II] ; il est à espérer qu'il ait les mêmes qualités que celles de son père; Coste est sûrement très propre à cultiver son esprit. Il doit être un peu las d'être précepteur mais il ne pouvait pas refuser la charge auprès du jeune Shaftesbury, puisque mylord lui avait laissé entendre qu'il lui assurerait une pension après sa mort, ce qu'il a dû faire. Il a aussi une autre petite pension, qui lui avait été laissée par le père [Edward Clarke] de l'enfant dont il a été précepteur quand il a quitté la maison de lady Masham. Il a ainsi de quoi subsister. On doit avoir imprimé de lui à Paris la traduction des Captifs de Plaute [Paris, 1713] ; il revoit aussi sa traduction de l'Essai de Locke [Amsterdam, 1729] et celle de l'ouvrage, toujours de Locke, intitulé Que la religion chrétienne est raisonnable; ce dernier ouvrage est sous presse à Amsterdam [Le christianisme raisonnable, 1715]. Avec le temps, il donnera d'autres pièces et notamment la traduction d'Hérodote. Barbeyrac n'a pas encore vu le IIe volume de la Bibliothèque ancienne et moderne. Ce que JA lui dit de [Henry] Sacheverell est surprenant et on ne peut qu'admirer la patience du roi d'Angleterre [George I]. Pour le livre de Fénelon [Démonstration de l'existence de Dieu], il est sûr qu'il doit y avoir du plaisir à le lire et accepte l'offre de JA de le lui prêter. Il doit du reste lui rendre son Dion Cassius. Il a finalement reçu le livre de Reeland sur la géographie sacrée [Palestina]: c'est un ouvrage excellent dans lequel on trouve un travail immense et une merveilleuse exactitude. L'auteur distingue fort bien ce qu'il y a de certain ou de probable des conjectures. Il est étonnant qu'un homme de 36 ans, très affaibli quant à sa santé, ait pu réaliser une œuvre pareille. Il a reçu le jour précédent la nouvelle édition du petit Pufendorf [Les devoirs de l'homme et du citoien, 1715] et l'enverra à JA à la première occasion. Pour le supplément de Moréri, qu'on imprime en Hollande, il ne sait pas qui en sont les auteurs mais il sait que [Jacques] Bernard avait promis depuis longtemps aux Huguetan d'y travailler. On veut charger Barbeyrac de faire la réfutation du livre de Stanyan intitulé L'État de la Suisse; il a reçu une proposition dans ce sens de la part du bailli d'Aubonne [Johann Rudolf Tillier]. Cela ne lui plaît pas, tout d'abord parce qu'il interrompt son travail sur Grotius [Le droit de la guerre, 1724] et ensuite parce qu'il ne veut pas se mêler de choses délicates. Mais il n'a pas pu refuser, puisqu'il s'agissait d'une proposition émanant du gouvernement. On lui a promis des mémoires et il paraît qu'il y a des erreurs grossières dans l'ouvrage. La réfutation doit surtout porter sur ce que l'auteur dit du gouvernement aristocratique, tel qu'il est à Berne; il semble qu'il y ait aussi des erreurs pour ce qui concerne Genève et il demandera des renseignements à JA là-dessus. Il a écrit en Hollande pour savoir si le livre était une traduction de l'anglais et dans ce cas il aimerait avoir l'original. La réfutation de Barbeyrac prendra la forme d'une lettre; il laissera de côté les choses trop délicates et trop scabreuses, comme la religion, à moins qu'il puisse faire des considérations utiles et cela d'autant plus qu'il y a à Berne, aux Deux-Cents, quantité de seigneurs qui ont, sur la politique et sur la religion, d'autres idées que les vieux. Il ne veut en tout cas pas être connu comme étant l'auteur de cette réfutation; il ménagera Stanyan et il espère que ce travail ingrat empêchera ceux qui lui veulent du mal de pouvoir lui en faire.

Adresse

Genève


Lieux

Émission

Lausanne

RĂ©ception

Genève

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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