160 Lettres

Lettre 2550 de LĂ©onard Baulacre Ă  Jean-Alphonse Turrettini

Londres 17.12.1714 [06/17.12.1714]

Monsr De Rossieres... m'ofre

Les livres de JA [Le Spectateur; The Guardian] ont été envoyés quinze jours auparavant; Baulacre lui-même, qui est encore en Angleterre, quittera le pays dans une dizaine de jours. Il y est resté un peu plus longtemps, sur les conseils de [Ludwig Friedrich] Bonet, entre autres pour fêter l'Escalade, ce qui a été fait de façon très authentique, avec Bonet qui a fait boire d'abord à la prospérité de la République et ensuite à la santé du clergé. Le même jour on parla de l'Escalade ch...

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Londres 17.12.1714 [06/17.12.1714]


Lettre autographe, signée. (F)
Archives de la Fondation Turrettini (Genève), 1/Gd.B.14

Budé, Lettres, I, p.211-213.


Monsr De Rossieres... m'ofre


Les livres de JA [Le Spectateur; The Guardian] ont été envoyés quinze jours auparavant; Baulacre lui-même, qui est encore en Angleterre, quittera le pays dans une dizaine de jours. Il y est resté un peu plus longtemps, sur les conseils de [Ludwig Friedrich] Bonet, entre autres pour fêter l'Escalade, ce qui a été fait de façon très authentique, avec Bonet qui a fait boire d'abord à la prospérité de la République et ensuite à la santé du clergé. Le même jour on parla de l'Escalade chez le baron [Friedrich Johann (?)] de Bothmer et on but également à la prospérité de Genève. Il avait été invité, quelques jours auparavant, chez mylord [Richard I Lumley] de Scarborough dont le fils [Richard II (?)] a connu JA et en parla très avantageusement. Malheureusement la comtesse ne parlait pas le français et les Genevois ne connaissaient pas l'anglais, mais d'autres membres de la famille s'exprimaient aisément en français. Une querelle a éclaté entre [Jean] Masson et [Jean] Le Clerc à propos de la signification du mot "areté" ; si cela continue, on dira que ces savants ne connaissent rien à la chose. Il semble que le fils aîné [William] de [Gilbert I] Burnet ait obtenu un emploi comme contrôleur de la douane; si c'est vrai, il faudra féliciter son père. On dit qu'[Henry] Sacheverell a prêché d'une façon séditieuse dans une église de Londres en citant certains versets d'Ézéchiel de la Bible française et d'autres de la Bible anglaise. Quelqu'un d'autre, dont Baulacre ignore le nom, a attaqué dans la chapelle du roi un sermon de [Gilbert I] Burnet sur la révolution. Bonet lui a fait connaître l'évêque [St. George Ashe (?)] de Clare [Clogher (?)] en Irlande, qui est un homme de mérite qu'il voit maintenant tous les lundis. [Veyssière] de la Croze est à Londres depuis peu et il garde toujours l'idée chimérique de faire bâtir à Genève une église où on célèbrerait le service à la façon anglicane. Il prétend que les autorités politiques et religieuses de la République y sont favorables, de même que toutes les familles, qui se servent déjà des prières de cette confession et attendent avec empressement cette église pour pouvoir y faire leurs exercices; il affirme que le projet avait eu l'approbation de la reine Anne [Stuart] et il le propose maintenant au roi George [I]. Mais les finances anglaises ne semblent pas permettre les dépenses prévues et l'évêque de Londres [John Robinson], qui avait conçu ce projet, ne veut plus s'en mêler, de même que d'autres ecclésiastiques pressentis. On a annoncé à de La Sablière la mort à Paris de sa sœur [Marguerite de Nocé], qui était la fameuse marquise des Dialogues sur la pluralité des mondes [de Fontenelle]. Baulacre demande à Genève une recommandation pour Madame de Verfeuil, une réfugiée de mérite établie à Lausanne à laquelle son frère, qui est à Londres, essaie de venir en aide. [Bénédict] Pictet a écrit à Baulacre en lui annonçant une deuxième lettre pour le roi.

Adresse

[Genève]


Lieux

Émission

Londres

RĂ©ception

Genève

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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