4245 Lettres

Lettre 1837 de Isaac Jaquelot Ă  Jean-Alphonse Turrettini

[Berlin] 10.09.1707

Je suis bien aise

Jaquelot est bien aise que la Compagnie soit satisfaite de la lettre du roi [Friedrich I, Epistola] ; on aurait pu s'expliquer plus clairement si la prudence l'eĂ»t permis. Une rĂ©union qui ne consisterait qu'Ă  ĂȘtre assemblĂ©s dans un mĂȘme temple n'irait pas trĂšs loin et pourrait mĂȘme faire renaĂźtre la division. Il faut faire venir les luthĂ©riens aux rĂ©formĂ©s et non l'inverse. Le seul obstacle est la prĂ©destination et il faut donc en parler dans des termes qui n'effaroucheront pas les luthĂ©r...

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Lettre 1837 de Isaac Jaquelot Ă  Jean-Alphonse Turrettini

[Berlin] 10.09.1707


Lettre autographe, signée. (F)
BibliothÚque de GenÚve, Ms fr 487 (f.385-387)

Budé, Lettres, II, p.116-119. Omissions.


Je suis bien aise


Jaquelot est bien aise que la Compagnie soit satisfaite de la lettre du roi [Friedrich I, Epistola] ; on aurait pu s'expliquer plus clairement si la prudence l'eĂ»t permis. Une rĂ©union qui ne consisterait qu'Ă  ĂȘtre assemblĂ©s dans un mĂȘme temple n'irait pas trĂšs loin et pourrait mĂȘme faire renaĂźtre la division. Il faut faire venir les luthĂ©riens aux rĂ©formĂ©s et non l'inverse. Le seul obstacle est la prĂ©destination et il faut donc en parler dans des termes qui n'effaroucheront pas les luthĂ©riens. C'est le dessein qu'il a eu en prenant la plume contre Bayle, comme on peut le voir dans le dernier chapitre de la RĂ©ponse aux Entretiens, ouvrage qu'il aurait envoyĂ© Ă  JA si les frais de port n'avaient pas coĂ»tĂ© plus que le livre lui-mĂȘme. Pour rĂ©ussir dans l'entreprise, il faut commencer par les États de Hollande pour obtenir d'eux que les ecclĂ©siatiques n'usent plus de sĂ©vĂ©ritĂ© contre les pasteurs modĂ©rĂ©s. Il espĂšre porter la Cour cet hiver Ă  faire quelques dĂ©marches dans ce sens-lĂ . La reine de la Grande-Bretagne [Anne Stuart] pourrait faire de mĂȘme, toujours sans Ă©clat. Il ferait lui-mĂȘme le voyage, en dĂ©pit de son infirmitĂ©, bien que l'on sache les dispositions des thĂ©ologiens de ce pays-lĂ . Si on engage la Hollande dans cette voie, GenĂšve et la Suisse suivront. Il faut faire cette demande pendant la guerre afin que les politiques ne s'y opposent pas. Il faudrait que JA en dise quelque chose Ă  [Ernst] de Metternich puisqu'il faut reconnaĂźtre qu'il n'est pas aisĂ© de mettre en mouvement cette machine-lĂ . Leur ami commun [David II Ancillon] pourrait ĂȘtre utile soit auprĂšs de l'ambassadeur soit en Ă©crivant au comte de Wartemberg sur les avis reçus. Il ne faut faire paraĂźtre aucune intelligence entre Jaquelot et JA. Quand l'affaire sera en train, on tĂąchera d'entretenir le mouvement. Toutes les fois qu'on parle avec les luthĂ©riens, ils prĂ©textent les thĂ©ologiens hollandais; il en a encore fait rĂ©cemment l'expĂ©rience lors d'un entretien avec l'ambassadeur de SuĂšde [Rosehane]. Il n'a pas encore reçu les exemplaires [du De pace protestantium] dont parle JA; mais le secrĂ©taire d'État [Amerlin] lui a dit qu'on en avait dĂ©jĂ  Ă©crit Ă  la Cour et qu'il faudrait mĂȘme envisager une rĂ©compense pour JA. Jaquelot rĂ©pliqua que tel n'Ă©tait absolument pas le but de JA mais qu'il recevrait nĂ©anmoins avec joie une mĂ©daille, ce qui se fera. Le ministre qui a Ă©crit Ă  JA est un honnĂȘte homme dont il n'y a rien Ă  craindre, mais il communiquera Ă  l'Ă©vĂȘque [Ursinus] le contenu de ses lettres et l'Ă©vĂȘque les transmettra Ă  d'autres dont Jaquelot ne peut rĂ©pondre. Il faut que JA prenne des mesures. [Daniel-Ernst] Jab[lonski] lui a dit deux jours auparavant qu'il avait reçu la lettre de l'un des collĂšgues de JA; on a convenu qu'il faudra essayer de l'apprivoiser. L'affaire de NeuchĂątel est finie; on a augmentĂ© la pension du ministre [Rosselet] de 200 Ă©cus; la lettre n'a pas Ă©tĂ© interceptĂ©e, sa mĂšre a l'original. Mais l'un de ses parents, hostile au roi, en avait copiĂ© quelques lignes et l'affaire s'Ă©tait compliquĂ©e. Il s'agit au fond d'un honnĂȘte homme et d'un bon prĂ©dicateur mais un peu brouillĂ© avec leur ami commun. Jaquelot, qui les aime tous les deux, tĂąchera de les rĂ©concilier. Pour une question de sĂ©curitĂ©, il se sert d'une main Ă©trangĂšre pour le dessus; JA devra envoyer sa lettre, bien cachetĂ©e, Ă  l'adresse d'Ancillon. Dans un PS, il ajoute qu'il croit que la triste nouvelle du siĂšge de Toulon empĂȘchera le voyage de [François Langes de Montmirail] de LubiĂšres. Il n'a pas encore vu le dernier livre de La Placette [RĂ©ponse Ă  deux objections] mais on lui a dit que c'Ă©tait un ouvrage pitoyable, scolastique et fait Ă  contre-temps.

Adresse

[GenĂšve]


Lieux

Émission

Berlin

RĂ©ception

GenĂšve

Conservation

GenĂšve


Cités dans la lettre

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