2 Lettres

Lettre 1731 de Israël-Antoine Aufrère à Jean-Alphonse Turrettini

Londres 31.08.1706 [20/31.08.1706]

J'ai été fort sensible

Aufrère remercie JA de lui avoir envoyé son oraison inaugurale [De theologo veritatis et pacis studioso] et, comme [Jacques (?)] Basnage, il la trouve fort belle. Il ne peut que partager ce que JA dit sur le zèle théologique qui a réduit la religion en factions et qui pousse les théologiens à défendre chacun ses propres subtilités et spéculations métaphysiques. À propos de disputes du reste, Aufrère s'interroge sur celles de Bayle et sur les sentiments que celui-ci a manifestés dans la

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Londres 31.08.1706 [20/31.08.1706]


Lettre autographe, signée, adressée. (F)
Bibliothèque de Genève, Ms fr 484 (f.76-77)

Budé, Lettres, I, p.63-67.


J'ai été fort sensible


Aufrère remercie JA de lui avoir envoyé son oraison inaugurale [De theologo veritatis et pacis studioso] et, comme [Jacques (?)] Basnage, il la trouve fort belle. Il ne peut que partager ce que JA dit sur le zèle théologique qui a réduit la religion en factions et qui pousse les théologiens à défendre chacun ses propres subtilités et spéculations métaphysiques. À propos de disputes du reste, Aufrère s'interroge sur celles de Bayle et sur les sentiments que celui-ci a manifestés dans la Continuation des Pensées diverses et dans les Réponses aux questions d'un provincial: il pense que le dessein de Bayle d'établir la religion sur les ruines de la raison et de la bonne philosophie n'est qu'un prétexte pour renverser la religion elle-même. Dans ce sens, l'athéisme et le pyrrhonisme sont les effets de la dispute, dès que l'on s'accorde avec Bayle. Le système de cet auteur renverse la religion puisqu'il prétend montrer que les fondements de la religion, tels la bonté de Dieu, la permission du péché, sa réparation etc., sont des principes qui choquent la raison et se détruisent mutuellement. Dans cette perspective, l'idée même de Dieu, que nous formons par la raison, s'en trouve détruite, étant combattue par l'expérience. Ainsi nous serons pyrrhoniens par la foi et manichéens par la raison. Aufrère incite JA, qui en a les moyens intellectuels, à réfuter cette pensée, dont il faut reconnaître la fine logique. Mais JA serait en mesure d'en découvrir les faiblesses et cela bien plus qu'[Isaac] Jaquelot, qui s'est attelé à la même tâche. Ce sujet semble très important à Aufrère, qui tient beaucoup à l'accord de la religion et de la raison. Il ne veut pas régler les occupations de son correspondant mais le met en garde contre une trop grande modestie qui lui ferait méconnaître la valeur de ses forces. Il félicite en tout cas l'Académie de Genève d'avoir en son sein un théologien du caractère de JA.

Adresse

Genève


Lieux

Émission

Londres

Réception

Genève

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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