285 Lettres

Lettre 1707 de Jean-Frédéric I Ostervald à Jean-Alphonse Turrettini

[Neuchâtel] 29.05.1706

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Ostervald, avec [Charles] Tribolet, remercie JA du récit qu'il a fait des événements de Genève; il est content du tour que les choses ont pris et loue la modération et la douceur de JA. Si le Conseil des Deux-Cents était favorable, on n'en demeurerait pas là. Il trouve qu'on a raison de dire que les mots "quoties hanc materiam suscipiam" ne sont pas dignes d'un corps ecclésiastique. Il juge personnellement les matières du C[onsensus] d'infime importance; elles ne méritent pa...

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[Neuchâtel] 29.05.1706


Lettre autographe, adressée. Inédite. (F et L)
Bibliothèque de Genève, Ms fr 486 (f.123-126)


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Ostervald, avec [Charles] Tribolet, remercie JA du récit qu'il a fait des événements de Genève; il est content du tour que les choses ont pris et loue la modération et la douceur de JA. Si le Conseil des Deux-Cents était favorable, on n'en demeurerait pas là. Il trouve qu'on a raison de dire que les mots "quoties hanc materiam suscipiam" ne sont pas dignes d'un corps ecclésiastique. Il juge personnellement les matières du C[onsensus] d'infime importance; elles ne méritent pas qu'on les traite. Il a gardé le secret pour l'affaire de Genève mais on en a su quelque chose d'autres sources; on sait en tout cas que Vial [de Beaumont] n'a pas signé comme les autres. Puisque JA aimerait savoir ce que les amis d'Ostervald à Z[urich] et à B[âle] penseraient si on supprimait le Consensus, il transcrit pour son ami des extraits de lettres latines qu'il a reçues de ces endroits-là. L'ami de Zurich [Johann Baptista Ott] lui écrit qu'il considère toute l'affaire à la lumière des rapports des Églises helvétiques avec l'Église anglicane. De ce point de vue, le maintien du Consensus est un obstacle à la communion. À Zurich, les choses sont tranquilles. Quant à l'ami de Bâle [Samuel Werenfels], il écrit qu'il est content que le conflit se soit assoupi et que ce qu'il craint le plus est la formulation de reproches sur le fait qu'à Bâle on a omis la signature; il reconnaît aussi qu'il y a probablement dans la ville des gens qui souhaitent qu'arrive ce que Werenfels craint justement. Ce qu'il ne veut en tout cas pas, c'est que l'affaire soit ébruitée parmi le peuple. Par cela, JA peut voir ce qu'il faut attendre de ce côté-là. Le chef de Bâle [Johann Rudolf Zwinger] est un ami d'Ostervald mais il est un peut rigide et Werenfels s'en méfie un peu. Pour sa part, Ostervald pense qu'il n'y a pas beaucoup à craindre puisqu'il sait que cet homme souhaite par-dessus tout établir une correspondance avec l'Angleterre. Il écrit à Bénédict P[ictet (?)] en se servant de deux jeunes ministres de Bâle qui ont passé par Neuchâtel et qui se rendent à Genève. Werndli a envoyé à la Compagnie de Neuchâtel une lettre circulaire imprimée que Genève a dû aussi recevoir. Ostervald, qui écrira à Londres lundi sur ce sujet, vient de recevoir des lettres de ce pays-là: [Ferdinand] de Montmollin est allé à Oxford avec [Ludwig Friedrich] Bonet et il y a reçu mille civilités; ce dernier y a été fait docteur en droit et il y a eu une grande fête à cette occasion. L'Université d'Oxford n'a pas envoyé de députés à Francfort à cause de l'absence du vice-chancelier [Delaune (?)]. Mais cela n'a pas empêché qu'à Oxford même on donnait mille marques de considération pour l'Université de Francfort et de respect pour le roi de Prusse [Friedrich I]. De Montmollin, qui a assisté à tous ces discours, a été fait lui-même maître ès arts, ce qui constitue un honneur considérable; cela lui donne le droit d'entrer partout et de visiter la bibliothèque et les manuscrits. Au reste il a reçu une impression assez favorable de cette Université, la situation ne lui paraissant pas aussi grave qu'il l'avait imaginée de Londres. Il y a trouvé un attachement à l'Église anglicane très fort et même un peu rigide mais les gens sont raisonnables et certains de grand mérite. Il y a rencontré plusieurs personnes, dont le docteur [John] Mill, célèbre pour son Nouveau Testament [Novum Testamentum, 1707], et le docteur Grabe. Tous ces gens semblent souhaiter la réunion et disent qu'avec le règne actuel de Prusse, l'occasion y est favorable. Pour ce qui est de l'attitude à l'égard de Genève, d'après de Montmollin les propos défavorables proférés à l'égard de l'Académie viendraient plutôt de jeunes étudiants et de gens mal informés, désavoués du reste par leurs supérieurs. Autrement on estime beaucoup l'Église de Genève et JA en particulier. Ostervald écrira à de Montmoll"in de travailler à l'union pendant qu'il est [en Angleterre]. Il suggère à JA de faire imprimer sa dernière harangue [De eruditionis et pietatis nexu], dont le sujet lui plaît beaucoup et le félicite d'avoir été confirmé recteur. À Neuchâtel, on a institué des prix de piété. Ostervald était déjà au courant de l'intention de [Jean] Le Clerc d'entrer en polémique avec Bayle [voir Bibliothèque choisie, IX, 1706] ; il ne faut pas le ménager et il faut suivre à son égard le précepte évangélique de fuir l'hérétique. Ostervald remercie JA des renseignements qu'il lui a donnés sur le mariage des prêtres; il en avait besoin pour un pasteur du voisinage à qui un prêtre avait lancé un défi à ce propos. Il a demandé à Werenfels s'il n'y aurait pas moyen que les trois se voient cette année. Il y a eu la veille un orage très violent et, dans le voisinage, la pluie est tombée en si grande quantité que les vignes sont toutes abîmées, les chemins remplis et les maisons enfoncées. Trois femmes, entraînées par l'eau, ont été emportées. Ostervald aimerait savoir s'il est vrai qu'à Genève on fait faire l'exercice à la jeunesse le dimanche matin; c'est ce qu'on a allégué en Consistoire pour contrer la proposition qu'on avait faite de ne pas choisir le dimanche pour ce genre d'exercices. Ostervald craint que l'exemple genevois ne fasse échouer le projet de Neuchâtel.

Adresse

Genève


Lieux

Émission

Neuchâtel

RĂ©ception

Genève

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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