48 Lettres

Lettre 1527 de Gabriel Bergier Ă  Jean-Alphonse Turrettini

Lausanne 04.03.1704

Jay eu plus de chagrin

Bergier a été encore plus chagriné que JA en apprenant le contenu de la lettre qu'il a reçue car il a plus de raisons que le Genevois de s'intéresser à celui qui en est l'auteur [Élie Merlat]. JA doit considérer cette lettre comme un petit orage levé dans l'esprit de celui qui l'a écrite mais un orage qui n'amoindrit pas l'estime et l'affection que l'auteur nourrit à l'égard de JA. Louer Grotius, c'est louer le corrupteur de l'Écriture et par conséquent de la religion: s'exprimer ainsi veut dire...

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Lettre 1527 de Gabriel Bergier Ă  Jean-Alphonse Turrettini

Lausanne 04.03.1704


Lettre autographe, signée. Inédite. (F)
Bibliothèque de Genève, Ms fr 485 (f.29-30)


Jay eu plus de chagrin


Bergier a été encore plus chagriné que JA en apprenant le contenu de la lettre qu'il a reçue car il a plus de raisons que le Genevois de s'intéresser à celui qui en est l'auteur [Élie Merlat]. JA doit considérer cette lettre comme un petit orage levé dans l'esprit de celui qui l'a écrite mais un orage qui n'amoindrit pas l'estime et l'affection que l'auteur nourrit à l'égard de JA. Louer Grotius, c'est louer le corrupteur de l'Écriture et par conséquent de la religion: s'exprimer ainsi veut dire ne pas considérer tous ses travaux sur les évangiles et sur le reste de la Bible. Bergier avoue que quand il doit consulter un critique, c'est vers le seul Grotius qu'il se tourne; quoiqu'il ne suive pas son avis, il est aidé dans la découverte de l'interprétation qui lui semble la meilleure. Quant à l'oraison de JA [De sæculo XVII erudito], Bergier en a été très satisfait, notamment pour ce qui est de la deuxième partie, consacrée aux causes de la décadence des sciences. Bergier avoue que quand il a lu la remarque de Huygens sur la distance des astres il a pensé aux objections des luthériens à l'égard de l'ascension de Jésus-Christ dans le ciel, objections basées sur la distance qu'il y a entre la terre et le ciel. Il trouve cette objection sans force dans la bouche d'un luthérien qui croit au mouvement diurne du soleil autour de la terre puisque, dans cette hypothèse qui prête au soleil un mouvement circulaire d'un jour, il ne devrait pas y avoir d'inconvénient à imaginer que Jésus-Christ a mis un jour pour monter du centre du cercle vers le ciel en parcourant par un mouvement direct une ligne perpendiculaire d'une aussi grande étendue que la ligne courbe que le soleil décrit tous les jours. Mais une telle explication n'est pas soutenable dans le système de Huygens et Bergier pense qu'il faut se contenter de croire que Jésus-Christ a été enlevé dans le ciel. Après la résurrection, la figure de ce monde changera complètement et nous ne savons guère comment elle sera faite. Bergier aimerait connaître le fonds de la pensée de JA. Il lui demande aussi le premier tome de Barrow [The Works], qu'il n'a pas trouvé à Berne ou, le cas échéant, un autre livre anglais qu'il trouvera sûrement bien, comme l'expérience faite avec Tillotson l'en assure.

Adresse

[Genève]


Lieux

Émission

Lausanne

RĂ©ception

Genève

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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