265 Lettres

Lettre 1456 de Philippe Madaillan de Lesparre  à Jean-Alphonse Turrettini

[GenĂšve] av.31.12.1702 [s.d.]

Vous voulez bien... que

Madaillan demande Ă  JA des Ă©claircissements sur des questions qu'il s'est posĂ©es Ă  la lecture de la rĂ©ponse Ă  l'Ă©crit de son correspondant, qu'il lui a fait parvenir. Tout d'abord JA n'a pas rĂ©pondu aux reproches que [Jean] Claude adresse, dans une lettre Ă  François Turrettini [Lettre Ă©crite], Ă  l'Église de GenĂšve qui a rajoutĂ© de nouveaux articles Ă  sa confession de foi. En deuxiĂšme lieu, JA se rĂ©fĂšre constamment Ă  la confĂ©rence de Marbourg par laquelle il prĂ©tend prouver la conformitĂ© d...

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[GenĂšve] av.31.12.1702 [s.d.]


Lettre autographe, signée, adressée. Inédite. (F)
BibliothÚque de GenÚve, Ms fr 488 (f.145-147)


Vous voulez bien... que


Madaillan demande Ă  JA des Ă©claircissements sur des questions qu'il s'est posĂ©es Ă  la lecture de la rĂ©ponse Ă  l'Ă©crit de son correspondant, qu'il lui a fait parvenir. Tout d'abord JA n'a pas rĂ©pondu aux reproches que [Jean] Claude adresse, dans une lettre Ă  François Turrettini [Lettre Ă©crite], Ă  l'Église de GenĂšve qui a rajoutĂ© de nouveaux articles Ă  sa confession de foi. En deuxiĂšme lieu, JA se rĂ©fĂšre constamment Ă  la confĂ©rence de Marbourg par laquelle il prĂ©tend prouver la conformitĂ© des calvinistes et des luthĂ©riens au sujet de l'eucharistie; mais cela est faux tant du point de vue chronologique que du point de vue des faits puisque dans l'accord de Sandomir il n'a pas Ă©tĂ© question des calvinistes mais des luthĂ©riens, des zwingliens et des frĂšres de BohĂšme qui se trouvaient en Pologne. Calvin leur Ă©crivit que leur confession de foi ne pouvait pas ĂȘtre souscrite sans danger. Luther aurait parlĂ© avantageusement du traitĂ© sur la cĂšne de Calvin. En troisiĂšme lieu, JA prĂ©tend que l'imposition des mains aux ministres n'est qu'une formalitĂ© alors que JĂ©sus-Christ l'a ordonnĂ©e expressĂ©ment et les apĂŽtres l'ont observĂ©e religieusement, persuadĂ©s que la grĂące y est attachĂ©e. En quatriĂšme lieu, selon le Symbole des apĂŽtres, la Tradition de l'Église est antĂ©rieure Ă  l'Écriture. Il faut dire Ă  ce propos que Madaillan partage ce que l'auteur de la rĂ©ponse Ă©crit, Ă  savoir qu'il y a une Église, une Écriture et une Loi Ă©crites dans le cƓur qui sont plus fortes que tout ce qui est visible et Ă©crit puisque dictĂ©es par l'Esprit. C'est cette Écriture lĂ  que tous les peuples, mĂȘme les plus barbares, ont toujours et partout gardĂ©e; c'est aussi cette Écriture-lĂ  qui contient la doctrine du salut sans chicanes ni subtilitĂ©s ni mystĂšres. C'est cette Écriture-lĂ  qui est la prĂ©fĂ©rable. Comment JA peut-il refuser l'autoritĂ© des conciles ƓcumĂ©niques alors qu'il admet que les troupeaux se soumettent Ă  l'autoritĂ© des synodes sous peine d'excommunication? Cela revient en effet Ă  attribuer Ă  ces assemblĂ©es, composĂ©es d'un si petit nombre de personnes, l'infaillibilitĂ© qui est refusĂ©e aux conciles, auxquels ont participĂ© les hommes les plus savants du monde, assemblĂ©s sous l'autoritĂ© d'une succession ininterrompue depuis les apĂŽtres. JA n'ignore pas la vĂ©nĂ©ration que les thĂ©ologiens protestants ont toujours eue pour les trois premiers conciles que saint GrĂ©goire le Grand recevait comme les quatre Évangiles. Si les PĂšres du Concile de NicĂ©e avait pu se tromper, la promesse faite par JĂ©sus-Christ Ă  son Église aurait Ă©tĂ© vaine, comme l'a dit le docteur anglais Bull. Amyraut en parle encore plus fortement dans son traitĂ© du gouvernement [Du gouvernement de l'Eglise]. Cette promesse faite aux apĂŽtres a dĂ» passer Ă  leurs successeurs. JA, qui oppose l'autoritĂ© de l'Écriture Ă  celle de l'Église, ne croit pas que les conciles soient convoquĂ©s par l'Esprit puisqu'ils enseignent des doctrines contraires Ă  la Bible. C'est lĂ  la seule raison qui fait dire au correspondant que les conciles ne sont pas infaillibles. JA doit bien voir qu'il ne peut pas soutenir la prĂ©fĂ©rence qu'il donne Ă  l'Écriture et que son opinion relative aux doctrines conciliaires qui seraient contraires Ă  celles-ci ne se base que sur le sens qu'il donne Ă  la Bible. Il faut en effet tenir compte de la façon diffĂ©rente de s'exprimer des HĂ©breux et il faut bien entendre les mĂ©taphores et les allĂ©gories dont se servaient les prophĂštes; il y a du reste beaucoup de contradictions dans ce qu'ont Ă©crit les apĂŽtres eux-mĂȘmes. Pour fonder la sĂ©paration des protestants, JA est obligĂ© de soutenir que son explication est la bonne; et c'est cette prĂ©tendue infaillibilitĂ© qui lui fait croire que Rome n'est pas la vĂ©ritable Église. Il faudrait que JA se rappelle que, mĂȘme au temps du plus grand dĂ©sordre de la synagogue, JĂ©sus-Christ ne s'en est jamais sĂ©parĂ©. Calvin lui-mĂȘme a Ă©crit contre la sĂ©paration dans son Institution; il est donc surprenant qu'il ait pu devenir l'"auteur de celle des rĂ©formĂ©s. C'est pour des raisons autres que la religion qu'il l'a fait; et c'est la mĂȘme chose pour GenĂšve qui ne s'est sĂ©parĂ©e que pour pouvoir s'allier avec les Suisses contre le duc de Savoie [Charles III] qui sans cette alliance, s'en serait emparĂ©. Il en va de mĂȘme pour les autres rĂ©formĂ©s: les Suisses sont devenus tels pour se soustraire Ă  l'empereur [Karl V], les Hollandais pour se libĂ©rer de l'Espagne et les Anglais Ă  cause du chagrin d'Henri VIII d'avoir Ă©tĂ© excommuniĂ© par le pape [ClĂ©ment VII]. Pour montrer qu'il connaĂźt tout ce que Calvin a Ă©crit contre la sĂ©paration, il transcrit ses propres termes. Les protestants reconnaissent du reste l'autoritĂ© des cinq premiers conciles et saint Cyprien, qui est un des PĂšres qu'ils vĂ©nĂšrent le plus, dit qu'il y a beaucoup de mauvais grain dans l'Église mais il n'invite pas Ă  en sortir. C'est Ă  JĂ©sus-Christ que revient la verge du chĂątiment et c'est Dieu qui sĂ©parera l'ivraie du bon grain Ă  la fin des temps; il ne veut pas que cette sĂ©paration se fasse sur terre. L'Église rĂ©formĂ©e est une nouvelle Église qui, de l'aveu mĂȘme de Calvin dans une lettre Ă  Melanchthon, s'est formĂ©e sans aucune continuitĂ© avec celles qui ont prĂ©cĂ©dĂ©. Dans une autre Ă©pĂźtre au mĂȘme, Calvin dit qu'il ne faut pas que la postĂ©ritĂ© sache toutes les divisions qui, depuis le dĂ©but de la RĂ©forme, ont eu lieu parmi les protestants.

Adresse

[GenĂšve]


Lieux

Émission

GenĂšve

RĂ©ception

GenĂšve

Conservation

GenĂšve


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