140 Lettres

Lettre 1374 de Samuel Werenfels Ă  Jean-Alphonse Turrettini

BĂąle 18.01.1702

Accepi meas de Pace

Werenfels a reçu les pensées sur la paix parmi les évangéliques que JA a appelé traité pacifique; à son tour, le correspondant doit avoir reçu ce que l'expéditeur lui devait. Werenfels a consulté amplement la confession des sorciÚres zurichoises qu'il pourra communiquer à l'occasion à JA si celui-ci le désire. Il ne fait pas de doutes que ces malheureuses ont donné l'impression d'avoir fait un pacte avec le démon, d'avoir couché avec lui, d'avoir participé à des cérémonies de sabbat etc. Et si l...

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BĂąle 18.01.1702


Lettre autographe, signée, adressée. Inédite. (L)
Archives de la Fondation Turrettini (GenĂšve), 1/Gd.W.3


Accepi meas de Pace


Werenfels a reçu les pensĂ©es sur la paix parmi les Ă©vangĂ©liques que JA a appelĂ© traitĂ© pacifique; Ă  son tour, le correspondant doit avoir reçu ce que l'expĂ©diteur lui devait. Werenfels a consultĂ© amplement la confession des sorciĂšres zurichoises qu'il pourra communiquer Ă  l'occasion Ă  JA si celui-ci le dĂ©sire. Il ne fait pas de doutes que ces malheureuses ont donnĂ© l'impression d'avoir fait un pacte avec le dĂ©mon, d'avoir couchĂ© avec lui, d'avoir participĂ© Ă  des cĂ©rĂ©monies de sabbat etc. Et si l'accusation est de croire tout cela, elles ont Ă©tĂ© brĂ»lĂ©es Ă  juste titre. On a eu aussi Ă  BĂąle un cas analogue concernant une femme et beaucoup de temps aprĂšs celui relatif Ă  une jeune fille. De la confession ressort que la sorciĂšre n'a Ă©prouvĂ© aucune voluptĂ© de son commerce avec le diable. Pour ceux comme JA qui ne croient pas aux sorciĂšres, il n'est pas Ă©tonnant qu'une telle femme n'ait ressenti aucun plaisir Ă  un accouplement purement imaginaire. Mais pour ceux qui prĂȘtent foi Ă  ces choses, il est lĂ©gitime d'essayer de savoir si la femme a Ă©prouvĂ© du plaisir. Si tel n'a pas Ă©tĂ© le cas (ce qui ne semble pas trĂšs vraisemblable), on peut se demander ce que cherche le diable dans une telle relation. JA sait-il que le Judicium de argumento Cartesii de Werenfels suscite une dispute parmi les savants de Paris; l'abbĂ© Brillon, de la Sorbonne, a publiĂ© lĂ -dessus et a reçu une rĂ©ponse de la part du pĂšre [François] Lamy publiĂ©e dans les MĂ©moires [de TrĂ©voux]. Mais Werenfels n'a rien vu de plus faible que cette dĂ©fense. Une autre rĂ©futation est apparue dans l'Histoire des Ouvrages des Savants. Werenfels est prĂȘt Ă  montrer que tous ceux qui approuvent cet argument ne comprennent pas que la proposition «Dieu existe» doit ĂȘtre prouvĂ©e et ne savent pas ce que c'est que le sujet et ce que c'est que le prĂ©dicat. Mais que cela reste entre eux. Il se demande si on possĂšde Ă  GenĂšve la thĂ©ologie dogmatique de Petau dont il pourrait avoir besoin.

Adresse

GenĂšve


Lieux

Émission

BĂąle

RĂ©ception

GenĂšve

Conservation

GenĂšve


Cités dans la lettre

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