3 Lettres

Lettre 1368 de Samuel Werenfels Ă  Jean-Alphonse Turrettini

BĂąle 14.11.1701

Ego vero obstinatiorem

Werenfels n'a jamais rien vu de plus obstinĂ© que la maladie de JA qui ne veut cĂ©der ni Ă  l'air plus pur qu'il respire maintenant ni aux dĂ©lices de la campagne ni au remĂšde le plus puissant, Ă  savoir la rencontre Ă  trois que JA mentionne dans sa lettre. C'est en effet bien connu: rien n'augmente autant ce genre de pituite que l'excĂšs de philosophie! Peut-ĂȘtre la maladie de JA s'amĂ©liorera-t-elle si pendant quelque temps il ne parle que de vendanges et d'autres choses de ce genre. Werenfels regret...

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BĂąle 14.11.1701


Lettre autographe, signée, adressée. (L)
Archives de la Fondation Turrettini (GenĂšve), 1/Gd.W.3

Extrait dans Hermanin, Werenfels, p.94-95, n.128.


Ego vero obstinatiorem


Werenfels n'a jamais rien vu de plus obstinĂ© que la maladie de JA qui ne veut cĂ©der ni Ă  l'air plus pur qu'il respire maintenant ni aux dĂ©lices de la campagne ni au remĂšde le plus puissant, Ă  savoir la rencontre Ă  trois que JA mentionne dans sa lettre. C'est en effet bien connu: rien n'augmente autant ce genre de pituite que l'excĂšs de philosophie! Peut-ĂȘtre la maladie de JA s'amĂ©liorera-t-elle si pendant quelque temps il ne parle que de vendanges et d'autres choses de ce genre. Werenfels regrette de ne pas pouvoir corriger plus amplement sa dissertation De logomachiis mais il n'a pas Ă©tĂ© possible de changer les fastidieux termes scolastiques en d'autres mieux adaptĂ©s au goĂ»t de cette Ă©poque. JA a approuvĂ© son idĂ©e de dĂ©dier le livre Ă  l'Ă©vĂȘque de Salisbury [Gilbert I Burnet]. Il aimerait beaucoup qu'on le chargeĂąt, soit par autoritĂ© publique soit, au moins, par celle d'un homme important, de la fonction de s'appliquer Ă  la rĂ©conciliation des protestants; cela lui donnerait davantage de libertĂ© de juger des controverses qui divisent ceux-ci et notamment de celles qui concernent la grĂące et la prĂ©destination qui agitent plus que de nĂ©cessitĂ© les deux parties. Werenfels espĂšre que l'autoritĂ© du prĂ©lat anglais Ă  qui l'ouvrage est dĂ©diĂ© renforcera le poids de ses arguments en faveur d'une rĂ©conciliation des protestants. Il ne sait pas combien d'exemplaires l'imprimeur [(Johann) Hendrik] Wetstein rĂ©servera pour l'Ă©vĂȘque. Werenfels estime que la thĂ©ologie n'a pas besoin des disputes sur la prĂ©destination ou les dĂ©crets de Dieu. On peut chercher deux choses 1) ce que Dieu a dĂ©crĂ©tĂ© concernant le salut des hommes et 2) dans quel ordre ces dĂ©crets doivent ĂȘtre reçus par nous. La derniĂšre question concerne la mĂ©thode et la premiĂšre est inutile puisque Dieu n'a rien dĂ©crĂ©tĂ© qu'il ne veuille encore et dans le temps. Il suffit donc de dĂ©cider des questions comme par exemple celle qui veut savoir ce que Dieu fait dans le temps pour le salut de l'homme. De cette maniĂšre tout se ramĂšne Ă  une seule question, celle de la possibilitĂ© ou pas de rĂ©sister Ă  la grĂące; la grĂące ordinaire est-elle efficace en elle-mĂȘme en sorte qu'un sujet qui en est touchĂ© ne peut pas rĂ©sister Ă  la conversion? C'est pour Werenfels la seule question qu'il admette dans la controverse avec les luthĂ©riens. Il exprime Ă  JA ses vƓux pour sa santĂ©.

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Lieux

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RĂ©ception

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Conservation

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Cités dans la lettre

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