63 Lettres

Lettre 1364 de Ludwig Friedrich Bonet [de Saint-Germain] à Jean-Alphonse Turrettini

Londres 10.10.1701 [29.09/10.10.1701]

J'allegue dans la

Bonet, qui a été retardé dans sa réponse à la Vénérable Compagnie par la visite que l'évêque de Londres [Henry Compton] a faite dans son diocèse, est heureux qu'à Genève on ait apprécié ses modestes services. Il remercie également JA de la part qu'il a prise à la mort de son oncle le professeur [Friedrich Spanheim]. Pour ce qui concerne les nouveaux Psaumes [Genève, 1700], l'affaire s'était calmée mais elle a repris de l'ampleur à la suite de la dernière édition de de La Bastide [Londres,...

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Londres 10.10.1701 [29.09/10.10.1701]


Lettre autographe, signée. Inédite. (F)
Bibliothèque de Genève, Ms fr 485 (f.82-83)


J'allegue dans la


Bonet, qui a été retardé dans sa réponse à la Vénérable Compagnie par la visite que l'évêque de Londres [Henry Compton] a faite dans son diocèse, est heureux qu'à Genève on ait apprécié ses modestes services. Il remercie également JA de la part qu'il a prise à la mort de son oncle le professeur [Friedrich Spanheim]. Pour ce qui concerne les nouveaux Psaumes [Genève, 1700], l'affaire s'était calmée mais elle a repris de l'ampleur à la suite de la dernière édition de de La Bastide [Londres, 1701], qu'on achète, qu'on lit et qu'on goûte. Mais, pour que la chose se calme, il faudrait que cette édition ait en tête l'approbation du clergé et que le synode wallon, qui doit se réunir à La Haye, se prononce en faveur de la nouvelle version. Bonet a toutefois de la peine à croire qu'un synode, composé aux deux-tiers par des wallons, soit disposé à l'accepter. Il est du reste étonnant que des Français, qui se piquent de politesse dans la langue, se conforment au goût des wallons; c'est une façon d'agir aussi peu équitable que celle qu'ils adoptent dans les Consistoires et les synodes, où ils prétendent qu'on adopte leurs opinions sans les discuter. La Lettre d'un prétendu gentilhomme de Montpellier contre la nouvelle version ne mérite pas d'être mentionnée; elle dénonce 136 fautes sans en indiquer aucune et est très mal écrite. La dernière convocation du clergé d'Angleterre n'a été accordée qu'à la suite de plaintes; en effet d'après un ancien usage, l'assemblée du clergé et celle du Parlement devraient avoir lieu en même temps, alors que depuis la Révolution on n'a eu qu'une seule convocation ecclésiastique. Il y a eu de grandes disputes sur le droit du roi sur ces assemblées et le trouble s'est insinué. La pomme de la discorde fut introduite dans la Chambre basse de la Convocation, où on demanda de s'assembler indépendamment de l'archevêque [Tenison] ; celui-ci prétend être le seul à avoir le droit de convoquer les deux Chambres, en tant que métropolitain de la provine de Cantorbéry, de la même manière que celui d'York le fait dans sa province, les deux chambres n'étant considérées que comme un seul synode, bien qu'assemblées, pour des raisons de commodité, dans deux lieux différents. Le droit que l'archevêque s'approprie est fondé sur un usage constant, dont on a d'infinis exemples; il pourrait se révéler de très grande utilité si l'Angleterre avait le malheur de tomber entre les mains d'un roi papiste; dans ce cas-là, l'absence de convocation gèlerait les affaires ecclésiastiques. Du reste la Chambre basse a demandé de pouvoir s'assembler indépendamment de l'archevêque dans les jours où il n'y a pas de convocation ordinaire et a allégué deux exemples en 1640. On a répliqué en montrant le peu de fondement de ces raisons. Ces querelles ont tellement occupé la Convocation qu'on y a peu traité les autres sujets qui étaient fort intéressants, à savoir l'état de la religion dans les colonies américaines (subsistance des ministres, envoi de nouveaux pasteurs, fondation d'écoles, propagation de la foi etc.) et l'examen des livres publiés contre la vérité de la religion chrétienne. On s'est quand même réjoui car on n'avait jamais eu d'aussi doctes discours sur ce problème dans une convocation et le mérite en est revenu à l'évêque de Londres qui a su susciter une noble émulation entre les ministres. Dans la Chambre basse, on a attaqué le commentaire de Burnet sur les XXXIX Articles [An Exposition of the Thirty-Nine Articles] en l'accusant de véhiculer des nouveautés; mais des juges avisés ont montré le contraire et affirmé qu'il est écrit avec toute la modestie nécessaire. Malheureusement ce jugement modéré ne l'a pas emporté et on a déclaré, par un vote, que ce livre allait à l'encontre des intentions des auteurs des XXXIX Articles, qui était d'entretenir l'unité. Au moment de la résolution, on se limita à envoyer aux évêques un certain nombre de passages sur lesquels on demandait leur avis. On ne fit rien contre"Locke mais on condamna Toland, l'auteur d'un livre dangereux intitulé Christianity not mysterious; pourtant la Chambre haute, qui avait été saisie de l'affaire, rappela qu'il fallait une licence du roi [Guillaume III] pour procéder à la censure d'un livre. Cette licence ne fut pas demandée. Le fait que pour toute nouvelle assemblée ou nouveau règlement, il faille une autorisation royale explique pourquoi on n'a rien décidé; en raison des querelles, le roi n'a pas estimé opportun de proposer à la Convocation des sujets à traiter. Il ne faut du reste pas oublier que les pouvoirs de ces assemblées ont toujours été très limités. Pour les nouvelles littéraires, Bonet se limite à renvoyer aux journaux de Bernard [Nouvelles de la République des Lettres] et de Basnage de Beauval [Histoire des Ouvrages des Savants]. Il paraît qu'on traduit en latin le commentaire de l'évêque de Salisbury. Bonet a accepté de Favre les six louis d'or qu'on lui a offerts pour ce qu'il a déboursé pour l'impression de l'apologie de la Compagnie des pasteurs.

Adresse

[Suisse]


Lieux

Émission

Londres

Réception

Suisse

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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