152 Lettres

Lettre 1335 de Ludwig Friedrich Bonet [de Saint-Germain] à Jean-Alphonse Turrettini

Londres 18.04.1701 [07/18.04.1701]

J'ay apris avec chagrin

Bonet a tardé à répondre à JA parce qu'il attendait la réaction des quatre évêques [Tenison, Henry Compton, William I Lloyd, Gilbert I Burnet] à l'envoi de la Compagnie des pasteurs de Genève [Récit de la manière]. Tous ont approuvé les changements faits à l'ancienne version. Seul l'évêque de Londres [Henry Compton] estime que le silence eût été préférable à cause du bruit que cela répand; on peut imaginer que certains ont essayé de le convaincre que la difficulté à introduire en Angleter...

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Londres 18.04.1701 [07/18.04.1701]


Lettre autographe, signée. Inédite. (F)
Bibliothèque de Genève, Ms fr 485 (f.78-81)


J'ay apris avec chagrin


Bonet a tardé à répondre à JA parce qu'il attendait la réaction des quatre évêques [Tenison, Henry Compton, William I Lloyd, Gilbert I Burnet] à l'envoi de la Compagnie des pasteurs de Genève [Récit de la manière]. Tous ont approuvé les changements faits à l'ancienne version. Seul l'évêque de Londres [Henry Compton] estime que le silence eût été préférable à cause du bruit que cela répand; on peut imaginer que certains ont essayé de le convaincre que la difficulté à introduire en Angleterre la nouvelle version vient des chefs de famille, alors qu'elle ne tient qu'à deux ou trois créatures de Jurieu. À propos de cet évêque, il faut ajouter le déplaisir qu'il a témoigné au sujet du poème d'Aldrige qui met en garde à la fois contre Rome et Genève. Bonet, frappé depuis longtemps des libertés prises par les savants d'Oxford contre l'Église genevoise, a profité d'une occasion propice pour faire lire ces vers à plusieurs évêques rassemblés et tous en ont été indignés, même s'ils ont ajouté qu'il ne s'agissait que des sentiments d'un particulier. Bonet n'en a plus parlé depuis mais il semble que les évêques aient réfléchi à la chose, puisque celui de Londres fait à ce sujet des excuses à la Vénérable Compagnie. Pour ce qui est de l'apologie envoyée par les pasteurs genevois, il donne le nom des onze pasteurs à qui il l'a faite parvenir; le libraire l'a envoyée aux diverses Églises répandues dans le royaume jusqu'en Écosse et en Irlande. Plusieurs ont manifesté leurs satisfaction à Bonet, même si certains ont eu des réticences quant au procédé, puisque des membres des différents Consistoires l'avaient déjà approuvée avec enthousiasme. Le problème est pourtant qu'aucune Église ne se risquera à recommander publiquement la nouvelle version [Genève, 1700], en dépit des avis positifs, à cause de l'organisation disciplinaire de ces communautés. En effet les Églises françaises sont parfaitement indépendantes les unes par rapport aux autres, diffèrentes quant à la discipline et sans autre communion que celle de la foi. Aucune n'a encore osé se prononcer pour la nouvelle version et tant qu'elles ne seront assurées de l'appui des troupeaux respectifs ne le feront pas puisque les ministres dépendent financièrement des fidèles et ne veulent pas leur déplaire. Il faut du reste comprendre ces pauvres pasteurs qui sont déjà assez à l'étroit et qui sont à la merci d'un peuple léger qui n'a d'autres freins que les lois civiles. La situation donne lieu à des abus manifestes et le ministère ne consiste qu'à faire des sermons et à administrer les sacrements, la censure et la discipline ecclésiastique y étant tout à fait inconnues. Il s'ensuit le libertinage et le mépris pour les pasteurs. À cela il faut ajouter que les Français contribuent comme les autres, par une taxe sur leurs maisons, à l'entretien des ministres et des pauvres des paroisses anglaises, sans que rien de cette somme n'aille aux ministres et aux pauvres français, auxquels on doit pourvoir par d'autres moyens. Quant à l'impression des nouveaux Psaumes, les imprimeurs, ne sachant pas quelle en sera la diffusion, ont publié un petit nombre d'exemplaires. De son côté, de La Bastide à fait imprimer à ses frais une nouvelle édition [Londres, 1701], empruntée à celles de Genève et de Berlin [Berlin, 1701] ; il se propose d'en donner un certain nombre d'exemplaires aux plus pauvres. Il n'a consulté personne sur son ouvrage et donc il n'engage personne à en promouvoir la diffusion. Rivals a fini la réponse à Benoist et elle est imprimée en Hollande. Le petit ouvrage de Misson n'a pas pu s'imprimer et c'est dommage parce qu'il en valait la peine.

Adresse

[Suisse]


Lieux

Émission

Londres

Réception

Suisse

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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