172 Lettres

Lettre 1308 de Samuel Werenfels Ă  Jean-Alphonse Turrettini

BĂąle 30.09.1700 [20.09.1700]

A. D. Corn incipiam

Le but de [Jean-Jacques] Korn est de pouvoir Ă  terme prĂȘcher en allemand; c'est une chose difficile et Ă  laquelle peu de gens parviennent quand l'allemand n'est pas leur langue maternelle et qu'on a commencĂ© Ă  la travailler en mĂȘme temps que les Ă©tudes de thĂ©ologie. Mais Korn est un jeune homme de valeur et il pourrait y arriver; il faudrait trouver un autre jeune homme qui allĂąt habiter dans sa famille Ă  GenĂšve. Werenfels n'a pas encore rĂ©pondu Ă  son ami bernois [Leemann] ; il remet ce moment d...

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BĂąle 30.09.1700 [20.09.1700]


Lettre autographe, signée, adressée. (L)
Archives de la Fondation Turrettini (GenĂšve), 1/Gd.W.3

Hermanin, Werenfels, p.313-317.


A. D. Corn incipiam


Le but de [Jean-Jacques] Korn est de pouvoir Ă  terme prĂȘcher en allemand; c'est une chose difficile et Ă  laquelle peu de gens parviennent quand l'allemand n'est pas leur langue maternelle et qu'on a commencĂ© Ă  la travailler en mĂȘme temps que les Ă©tudes de thĂ©ologie. Mais Korn est un jeune homme de valeur et il pourrait y arriver; il faudrait trouver un autre jeune homme qui allĂąt habiter dans sa famille Ă  GenĂšve. Werenfels n'a pas encore rĂ©pondu Ă  son ami bernois [Leemann] ; il remet ce moment de jour en jour parce qu'il est embarrassĂ© et craint de se rendre suspect Ă  son tour s'il dĂ©fend tant soit peu leur ami [Jean-FrĂ©dĂ©ric I Ostervald]. Il lui faudrait en ce moment l'ami de CicĂ©ron ou un ami tel que CicĂ©ron le dĂ©crit. Ce que JA lui a dit dans sa lettre Ă  ce propos lui a tirĂ© des larmes: JA peut trouver en lui un homme dont l'affection est indĂ©fectible. Werenfels approuve avec enthousiasme l'idĂ©e qu'a eu son correspondant d'un traitĂ© d'hermĂ©neutique; il ferait lĂ  quelque chose de trĂšs utile; personne ne serait plus qualifiĂ© que lui pour un tel ouvrage. Werenfels lui en serait trĂšs reconnaissant puisque ce qu'il dĂ©sire par dessus tout, c'est une mĂ©thode claire et certaine d'interprĂ©ter l'Écriture et il ne trouve rien de tel dans les livres. La plupart d'entre eux ne suivent pas de rĂšgles certaines et constantes mais leur propre fantaisie. Ces rĂ©flexions le font tomber parfois dans une espĂšce de pyrrhonisme dont un ouvrage comme celui imaginĂ© par JA pourrait le libĂ©rer. Il est du reste Ă©tonnant qu'on ne se soit pas mieux appliquĂ© Ă  une entreprise aussi importante. Il y a dans les pensĂ©es de JA quelque chose de juste et de sain qu'il voit si rarement ailleurs. La plupart des Ă©rudits lui semblent cultiver le savoir pour confirmer leurs songes. Il souhaite avec Platon que les sages soient Ă©rudits ou que les Ă©rudits soient sages. Pour ce qui est de la mĂ©thode coccĂ©ienne, il faudrait que JA lise certains des auteurs qui la soutiennent et en particulier quelques commentaires, notamment sur les livres prophĂ©tiques. Ce serait un travail fastidieux mais trĂšs utile pour pouvoir freiner le mal qui ronge l'Église. On dit qu'une rĂšgle est vraie si elle ne s'oppose pas au but de l'auteur, Ă  ce qui prĂ©cĂšde, Ă  ce qui suit et enfin Ă  l'analogie de la foi. Ils ont ainsi toujours le moyen de s'en sortir en ayant recours Ă  l'un ou Ă  l'autre de ces Ă©lĂ©ments.

Adresse

GenĂšve


Lieux

Émission

BĂąle

RĂ©ception

GenĂšve

Conservation

GenĂšve


Cités dans la lettre

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