140 Lettres

Lettre 1291 de Samuel Werenfels Ă  Jean-Alphonse Turrettini

BĂąle 06.07.1700 [26.06.1700]

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Le rabbin est revenu avec un témoignage assez favorable écrit probablement de la main de JA; il l'a montré au pÚre de l'expéditeur [Peter] et l'a laissé chez celui-ci en se promettant de venir le chercher le lendemain. Or, il se trouve que le pÚre l'a malheureusement perdu; il l'a cherché mais en vain. Le rabbin est trÚs profondément affecté par cette perte, au point de dire qu'il aurait préféré plutÎt perdre sa main droite. Pour essayer de le consoler, Werenfels lui a dit qu'il écrirait à GenÚv...

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BĂąle 06.07.1700 [26.06.1700]


Lettre autographe, signée, adressée. (L)
Archives de la Fondation Turrettini (GenĂšve), 1/Gd.W.3

Budé, Lettres, III, p.410-412. Traduite en français. Omissions. Extrait dans Hermanin, Werenfels, p.85.


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Le rabbin est revenu avec un tĂ©moignage assez favorable Ă©crit probablement de la main de JA; il l'a montrĂ© au pĂšre de l'expĂ©diteur [Peter] et l'a laissĂ© chez celui-ci en se promettant de venir le chercher le lendemain. Or, il se trouve que le pĂšre l'a malheureusement perdu; il l'a cherchĂ© mais en vain. Le rabbin est trĂšs profondĂ©ment affectĂ© par cette perte, au point de dire qu'il aurait prĂ©fĂ©rĂ© plutĂŽt perdre sa main droite. Pour essayer de le consoler, Werenfels lui a dit qu'il Ă©crirait Ă  GenĂšve pour voir s'il Ă©tait possible d'en obtenir un autre semblable au premier. Que pense-t-on Ă  GenĂšve du livre d'Ostervald [TraitĂ© des sources de la corruption]? On a Ă©crit Ă  Berne en disant que [Louis I] Tronchin l'avait patronnĂ© mais que d'autres le dĂ©sapprouvaient. Il craint que cette affaire ne suscite un orage dans la patrie, Ostervald lui en a envoyĂ© un exemplaire et en le parcourant Werenfels s'est rendu compte qu'il y avait des choses qui ne peuvent pas plaire aux Bernois. Si l'auteur a des amis Ă  Berne, il faudrait que ceux-ci puissent s'en faire les dĂ©fenseurs contre ceux qui l'attaqueraient. Il ne sait pas s'il y a des choses dans le livre que l'auteur entend dans un sens hĂ©rĂ©tique; ce qui est sĂ»r, c'est que Werenfels les entend dans un sens orthodoxe. Il a lu du reste l'ouvrage avec grand plaisir. S'il peut faire quelque chose pour prĂ©venir ou calmer les troubles, il le fera trĂšs volontiers mais Ă  condition qu'on ne sache pas Ă  Berne ni Ă  BĂąle que cette affaire lui tient Ă  cƓur. À BĂąle, on a fait naĂźtre des soupçons fĂącheux sur ce livre et Werenfels n'a personne avec qui en parler librement. Qu'en est-il Ă  GenĂšve? De l'avis de Werenfels 1) il faut convaincre les gens que la polĂ©mique nĂ©e autour de cet ouvrage est surtout une controverse de mots 2) que l'ouvrage ne contient pas d'opinions hĂ©tĂ©rodoxes susceptibles de froisser les thĂ©ologiens mais certaines vĂ©ritĂ©s qui peuvent ĂȘtre un peu rudes Ă  entendre, notamment sur la corruption du christianisme et sur l'excessive sĂ©vĂ©ritĂ© Ă  l'Ă©gard des piĂ©tistes 3) qu'une des causes des rĂ©actions si violentes est Ă  chercher dans la critique que l'auteur dĂ©veloppe Ă  l'Ă©gard du coccĂ©ĂŻanisme dont beaucoup de ses adversaires sont imbus. Certainement le coccĂ©ĂŻanisme est un grand mal dans l'Église; chaque jour surgissent de nouvelles interprĂ©tations bizarres et insensĂ©es et ceux qui s'y opposent sont taxĂ©s de socinianisme ou d'arminianisme. Dans leurs mains, la thĂ©ologie devient un savoir purement fantastique et leurs partisans des fanatiques, comme Horch, Reitz et König. C'est incroyable de voir Ă  quel point cette secte s'est rĂ©pandue en Hollande, en Allemagne mĂȘme parmi les luthĂ©riens et en Suisse enfin oĂč ses partisans ne font que croĂźtre chaque jour. Dans les acadĂ©mies, on rend suspects tous ceux qui ne partagent pas le coccĂ©ĂŻanisme; les jeunes ne sont envoyĂ©s que dans les acadĂ©mies oĂč on Ă©tudie ce qu'ils appellent les Ă©tudes scripturaires et prophĂ©tiques. On en fait chaque jour l'expĂ©rience Ă  BĂąle par oĂč passent les gens qui vont Ă©tudier en Hollande et qui vont Ă  peine saluer Werenfels. MĂȘme chose Ă  GenĂšve oĂč dans le temps se rendaient beaucoup de candidats au ministĂšre pour y Ă©tudier Ă  la fois la thĂ©ologie et le français et qui ne sont plus actuellement envoyĂ©s lĂ -bas. Des hommes de qualitĂ© sont soupçonnĂ©s d'on ne sait quelle hĂ©tĂ©rodoxie tout simplement parce qu'ils ne suivent pas les doctrines coccĂ©iennes. Mais, assez sur ce sujet! Pour revenir Ă  ce que Werenfels disait au dĂ©but, il serait bien disposĂ© Ă  rendre des services Ă  l'ouvrage d'Ostervald. Il se rĂ©jouit de ce que les Italiens commencent Ă  s'occuper de philosophie. Il voudrait pouvoir lire ce qui se publie de part et d'autre sur la controverse concernant la conversion de la Chine dont Sylvestre, qui lui a apportĂ© la lettre de JA, lui a parlĂ©.

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