4 Lettres

Lettre 1244 de Louis Longuerue Dufour à Jean-Alphonse Turrettini

Paris 10.06.1699

Je vous ecris ces

Villery a fait savoir à de Longuerue qu'en dépit de ce qu'il ait désespéré de trouver désormais l'Acropolite, qui ne se trouve en réalité plus séparément, il peut en avoir un exemplaire en blanc pour JA grùce à l'un de ses amis. Le Genevois peut donc l'avoir avec le Ducas pour 50 francs. C'est cher mais il faut que JA considÚre qu'avec ce qu'il a trouvé à GenÚve il aura à la fin une trÚs belle Byzantine pour 450 francs, ce qui est trÚs bon marché. De Longuerue lui conseille donc de conclure cett...

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Paris 10.06.1699


Lettre autographe, signée, adressée. (F)
Archives de la Fondation Turrettini (GenĂšve), 1/Gd.L.28

Budé, Lettres, II, p.248-251.


Je vous ecris ces


Villery a fait savoir Ă  de Longuerue qu'en dĂ©pit de ce qu'il ait dĂ©sespĂ©rĂ© de trouver dĂ©sormais l'Acropolite, qui ne se trouve en rĂ©alitĂ© plus sĂ©parĂ©ment, il peut en avoir un exemplaire en blanc pour JA grĂące Ă  l'un de ses amis. Le Genevois peut donc l'avoir avec le Ducas pour 50 francs. C'est cher mais il faut que JA considĂšre qu'avec ce qu'il a trouvĂ© Ă  GenĂšve il aura Ă  la fin une trĂšs belle Byzantine pour 450 francs, ce qui est trĂšs bon marchĂ©. De Longuerue lui conseille donc de conclure cette affaire-lĂ . L'annĂ©e derniĂšre l'expĂ©diteur a dit Ă  [Johann Jakob] Cramer, comme JA le sait bien, qu'on ne trouvait point de mĂ©dailles et de monnaies juives avec des caractĂšres samaritains aprĂšs Simon MaccabĂ©e, mais, depuis, Toinard en a dĂ©couvert trois du dernier MaccabĂ©e, le roi Antigone. On y voit deux cornes d'abondance, sans tĂȘte ni figure, avec des inscriptions en grec d'un cĂŽtĂ©, en samaritain de l'autre. On n'a pas encore pu dĂ©chiffrer ces derniers caractĂšres mais cela prouve qu'Ă  l'Ă©poque de JĂ©sus-Christ la monnaie se battait en des caractĂšres qui n'Ă©taient pas ceux de la Bible, fussent-ils Ă©trangers et paĂŻens, phĂ©niciens ou samaritains et cela pour les besoins du commerce. Le iod est ici une des plus grandes lettres et JĂ©sus tĂ©moigne que c'Ă©tait la plus petite dans la Loi ou l'Écriture. Cela liquide toutes les conjectures des affamĂ©s de nouveautĂ©s. JĂ©rĂŽme avait tirĂ© d'OrigĂšne ce qu'il dit du caractĂšre changĂ© par Esdras; OrigĂšne de son cĂŽtĂ© l'avait pris de quelques Juifs dont on peut lire les raisons trĂšs dĂ©raisonnables dans le traitĂ© du SanhĂ©drin. Il n'y a rien de plus faux; les autres docteurs talmudiques condamnent ces gens-lĂ  et les rĂ©futent. C'est une effronterie indigne d'affirmer que ce changement de caractĂšre est dĂ©cidĂ© dans le Talmud puisque c'est tout le contraire. Quand ils disent que le caractĂšre est venu d'Assur, ils n'entendent pas par cela Babylone et Esdras mais l'Assyrie et Abraham. Il demande Ă  JA de communiquer tout cela Ă  Cramer; Toinard a fait graver ces mĂ©dailles et de Longuerue espĂšre qu'il les publiera. Quant Ă  la chertĂ© de l'Acropolite, il faut dire que dans la Byzantine il y a des volumes trĂšs bon marchĂ© et d'autres beaucoup plus chers. De Longuerue n'a plus vu [Paul] L'Escot depuis la lettre de JA que celui-ci lui a rendue; il le regrette parce qu'il l'aurait servi volontiers, maintenant en particulier qu'il est installĂ© dans le plus joli ermitage philosophique qu'on puisse imaginer. Il souhaiterait que JA pĂ»t venir y passer ses vacances.

Adresse

GenĂšve


Lieux

Émission

Paris

RĂ©ception

GenĂšve

Conservation

GenĂšve


Cités dans la lettre

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