18 Lettres

Lettre 1239 de Jacques Basnage Ă  Jean-Alphonse Turrettini

[Hollande] 16.03.1699 [16.03.]

Il est vray que

Carpentier, au sujet duquel JA avait Ă©crit Ă  Basnage, s'est effectivement rendu en Hollande aprĂšs avoir quittĂ© GenĂšve et y a abjurĂ© les erreurs de l'Église catholique, son instruction ayant Ă©tĂ© jugĂ©e satisfaisante. Il a Ă©tĂ© employĂ© par [Reinier] Leers Ă  tirer les portraits dans l'Histoire d'Angleterre [de Larrey] mais Leers l'a par la suite accusĂ© d'avoir vendu des exemplaires de ces portraits Ă  Rotterdam et d'en avoir portĂ© d'autres Ă  Paris. Des bruits ont aussi couru quant Ă  la probitĂ©...

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Lettre 1239 de Jacques Basnage Ă  Jean-Alphonse Turrettini

[Hollande] 16.03.1699 [16.03.]


Lettre autographe, signée, adressée. (F)
Archives de la Fondation Turrettini (GenĂšve), 1/Gd.B.10

Silvera, Corrispondenza, p.160-167.


Il est vray que


Carpentier, au sujet duquel JA avait Ă©crit Ă  Basnage, s'est effectivement rendu en Hollande aprĂšs avoir quittĂ© GenĂšve et y a abjurĂ© les erreurs de l'Église catholique, son instruction ayant Ă©tĂ© jugĂ©e satisfaisante. Il a Ă©tĂ© employĂ© par [Reinier] Leers Ă  tirer les portraits dans l'Histoire d'Angleterre [de Larrey] mais Leers l'a par la suite accusĂ© d'avoir vendu des exemplaires de ces portraits Ă  Rotterdam et d'en avoir portĂ© d'autres Ă  Paris. Des bruits ont aussi couru quant Ă  la probitĂ© de ses mƓurs. Ce qui est sĂ»r, c'est qu'il a quittĂ© cette ville sans payer ses dettes et sans demander de tĂ©moignages ni Ă  Leers ni Ă  l'Église. Northeit est charmĂ© de son sĂ©jour Ă  GenĂšve et Basnage le comprend puisque pour lui cela a Ă©tĂ© l'un des plus agrĂ©ables qu'il ait jamais faits. Le voisinage des troupes françaises a dĂ» alarmer les Genevois et Basnage a craint pour eux. Entre [Marie] de Nemours et le prince de Conti c'est la premiĂšre qui devrait la remporter puisque le testament de Longueville a Ă©tĂ© fait quand celui-ci n'avait plus l'usage de sa raison; mais la France consolera le prince de la perte d'une couronne par l'acquisition d'une petite principautĂ©. Il y a de quoi craindre pour la religion de ce pays [NeuchĂątel]. Basnage aurait voulu offrir Ă  JA un exemplaire de son Histoire mais le prix est tellement Ă©levĂ© qu'il n'en a pas les moyens et doit se restreindre Ă  la parentĂ©; on y trouvera un grand amas de fait entassĂ©s les uns sur les autres mais la question est de savoir s'ils ont Ă©tĂ© assez bien digĂ©rĂ©s. On entreprend en Hollande la rĂ©impression de gros ouvrages, comme le saint Augustin de Paris, qui sortira en 4 volumes in-folio et auquel [Jean] Le Clerc ajoutera des notes, qui ne seront peut-ĂȘtre pas trĂšs honorables pour Augustin et serviront peut-ĂȘtre Ă  le discrĂ©diter. Les Huguetans encore vont imprimer les Ɠuvres de Petau alors que Van der Aase se charge Ă  Leyde de celles d'Erasme [Opera omnia emendatoria]. Un soi-disant abbĂ© allemand fait paraĂźtre une censure contre l'Ă©dition bĂ©nĂ©dictine d'Augustin mais il doit s'agir d'un jĂ©suite [Langlois, Lettre de l'abbĂ© ***]. Simon a publiĂ© une critique de l'Ă©dition que Martianay a faite de JĂ©rĂŽme, Ă  cause de ses dĂ©mĂȘlĂ©s personnels avec ce savant et de certains faits piquants que Martianay a publiĂ©s dans la prĂ©face. Simon accuse les moines bĂ©nĂ©dictins de gratter les parchemins et d'arriver Ă  trouver dans les manuscrits tout ce qu'ils veulent; il leur reproche de forcer la lecture des manuscrits pour y trouver ce qu'ils veulent et accuse Martianay en particulier d'avoir attribuĂ© Ă  JĂ©rĂŽme des scholies qui ne sont pas de lui. Mais puisque celui-ci reconnaĂźt sa faute, Basnage juge la critique de Simon trop rude. On a publiĂ© en Hollande un livre intitulĂ© De causa arnaldiana [de Quesnel], qui est une biographie d'Arnauld avec toutes les piĂšces qui ont Ă©tĂ© faites pour sa dĂ©fense. On prĂ©pare aussi une histoire complĂšte du jansĂ©nisme [de Gerberon] mais on verra avant trois volumes de sermons de Du Bosc sur les premiers chapitres de la lettre aux ÉphĂ©siens oĂč la matiĂšre de la grĂące est bien expliquĂ©e. En mĂȘme temps, Leers donnera le traitĂ© des comĂštes de Bayle avec beaucoup d'additions; les dĂ©mĂȘlĂ©s de celui-ci ont finalement cessĂ© et il peut travailler tranquillement Ă  la IIe Ă©dition de son Dictionnaire [1702]. La polĂ©mique entre Benoist, Le Vassor et [Isaac] Jaquelot a aussi pris fin; le dernier a fait un traitĂ© du Messie. Basnage ne l'a pas encore lu; certains le trouvent trĂšs bon et orthodoxe mais ses ennemis l'attaquent et cherchent de la matiĂšre pour un nouveau procĂšs. On a beau ĂȘtre persĂ©cutĂ©, exilĂ©, affligĂ©, on ne peut rester tranquille pour autant, mu comme on l'est par le dĂ©sir de faire sentir aux autres qu'on vit. Quant Ă  Basnage, il se tient Ă  l'Ă©cart. Les dĂ©mĂȘlĂ©s entre [Jacques-BĂ©nigne I] Bossuet et FĂ©nelon continuent; on imprime toujours en Hollande tout ce qui se faitlĂ -dessus, de mĂȘme que quelques ouvrages de Madame Guyon. Il paraĂźt que Rome est divisĂ©e Ă  ce sujet.

Adresse

GenĂšve


Lieux

Émission

Hollande

RĂ©ception

GenĂšve

Conservation

GenĂšve


Cités dans la lettre

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