220 Lettres

Lettre 1070 de Paul L'Escot Ă  Jean-Alphonse Turrettini

La Haye 23.05.1697

J'ay receu La Lettre... dans laquelle

Comme JA le lui avait demandé, L'Escot a fait tout ce qu'il pouvait auprÚs de [François (?)] de L'Estang pour qu'il se rappelle sa promesse, mais il est trÚs difficile ces temps-ci de faire débourser de l'argent aux hommes de guerre. Quant à Guib, il laisse JA maßtre absolu de la vente de ses livres. L'Escot a fait parvenir à Basnage de Beauval et à [Jacques] Bernard le sermon de JA [Sermon sur la charité] qui a été par ailleurs trÚs apprécié par Jaquelot à qui L'Escot a donné son propre...

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Lettre 1070 de Paul L'Escot Ă  Jean-Alphonse Turrettini

La Haye 23.05.1697


Lettre autographe, signée, adressée. Inédite. (F)
Archives de la Fondation Turrettini (GenĂšve), 1/Gd.L.21


J'ay receu La Lettre... dans laquelle


Comme JA le lui avait demandĂ©, L'Escot a fait tout ce qu'il pouvait auprĂšs de [François (?)] de L'Estang pour qu'il se rappelle sa promesse, mais il est trĂšs difficile ces temps-ci de faire dĂ©bourser de l'argent aux hommes de guerre. Quant Ă  Guib, il laisse JA maĂźtre absolu de la vente de ses livres. L'Escot a fait parvenir Ă  Basnage de Beauval et Ă  [Jacques] Bernard le sermon de JA [Sermon sur la charitĂ©] qui a Ă©tĂ© par ailleurs trĂšs apprĂ©ciĂ© par Jaquelot Ă  qui L'Escot a donnĂ© son propre exemplaire. Gaudot est parti pour l'Angleterre et L'Escot fera suivre les lettres de recommandation pour lui qu'il n'a pas encore reçues. L'expĂ©diteur est presque sĂ»r de partir bientĂŽt pour Vienne en qualitĂ© de prĂ©cepteur chez [Coenraad van] Heemskerck, un homme gĂ©nĂ©reux, raisonnable et trĂšs riche et qui est l'envoyĂ© extraordinaire de cet État Ă  la Cour de l'empereur [LĂ©opold I]. Le dernier synode qui a eu lieu Ă  Berg-op-Zoom a mis dĂ©finitivement terme aux querelles entre [Élie] Saurin et Jurieu et Ă©touffĂ© celles qui menaçaient entre [Pierre] de Joncourt et son collĂšgue [Duvelaer] au sujet des sacrements, dont le premier avait mis en doute le caractĂšre de sceaux de la grĂące; de Joncourt a Ă©tĂ© condamnĂ© et on lui a imposĂ© le silence. Le pasteur CarrĂ© vient de dĂ©cĂ©der; il laisse une somme trĂšs importante Ă  ses deux filles; l'aĂźnĂ©e a prĂšs de 50 ans mais les soupirants ne manqueront certainement pas dĂšs que les larmes seront essuyĂ©es. La duretĂ© de sa position Ă  l'Ă©gard des rĂ©fugiĂ©s ne le fait pas regretter parmi ceux-ci. Les nĂ©gociations pour la paix se poursuivent Ă  Ryswick oĂč les envoyĂ©s rivalisent de luxe, mĂȘme si ceux d'Angleterre semblent remporter la palme. Les ambassadeurs des pays ennemis ne se rencontrent pas directement mais ils communiquent par le biais des mĂ©diateurs. L'Escot envoie ses salutations Ă  diffĂ©rentes connaissances genevoises et fait des vƓux pour la santĂ© de la tante de JA [Marie I Turrettini]. L'Escot a entendu dire que Bayle allait augmenter son Dictionnaire de deux volumes, ce qui empĂȘchera les contrefaçons du cĂŽtĂ© d'Amsterdam. L'impression du Dictionnaire de Moreri augmentĂ© par [Jean] Le Clerc avance bien. Le Clerc lui-mĂȘme vient de publier l'Ars critica, dont malheureusement la meilleure partie est passĂ©e en Angleterre. La Critique des Loteries de Leti est un salmigondis d'impertinences; l'auteur conçoit le monde comme une immense loterie dans laquelle certains tirent les bons numĂ©ros et les autres les mauvais. Ses attaques n'Ă©pargnent pas GenĂšve et, en particulier, l'oncle de JA Stephanus [Étiennne Turrettini] Ă  propos des deniers des collectes faites autrefois pour les Vaudois. Il dit aussi des choses hardies sur les alliĂ©s, rangĂ© qu'il est cette fois-ci du cĂŽtĂ© de la France; pour L'Escot, il est intolĂ©rable que l'on laisse faire cela dans un pays oĂč le roi d'Angleterre [Guillaume III] a tellement de pouvoir. On a dĂ©jĂ  publiĂ© quatre ou cinq volumes des grands critiques [Critici sacri] ; pour ceux qui voudraient les acheter le mieux serait de verser quinze ou vingt francs et de les avoir tous tome aprĂšs tome. [Isaac] Jaquelot a fait un sermon pour convaincre les Juifs; l'un d'entre eux, trĂšs fortunĂ©, l'a entendu et en a Ă©tĂ© trĂšs secouĂ©, presque sur le point de se convertir. Il en a demandĂ© une copie Ă  Jaquelot et l'a envoyĂ©e par la suite aux rabbins d'Amsterdam. Jaquelot espĂšre que ceux-ci lui rĂ©pondront, ce qui lui donnerait l'occasion de faire un ample traitĂ© sur la matiĂšre; le livre sur l'existence de Dieu, quant Ă  lui, n'a pas suscitĂ© de rĂ©futations, bien qu'on lui connaisse beaucoup d'ennemis. On dit ici que les Français veulent assiĂ©ger Ath et que Guillaume III est allĂ© Ă  leur rencontre.

Adresse

GenĂšve


Lieux

Émission

La Haye

RĂ©ception

GenĂšve

Conservation

GenĂšve


Cités dans la lettre

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