181 Lettres

Lettre 1070 de Paul L'Escot Ă  Jean-Alphonse Turrettini

La Haye 23.05.1697

J'ay receu La Lettre... dans laquelle

Comme JA le lui avait demandé, L'Escot a fait tout ce qu'il pouvait auprès de [François (?)] de L'Estang pour qu'il se rappelle sa promesse, mais il est très difficile ces temps-ci de faire débourser de l'argent aux hommes de guerre. Quant à Guib, il laisse JA maître absolu de la vente de ses livres. L'Escot a fait parvenir à Basnage de Beauval et à [Jacques] Bernard le sermon de JA [Sermon sur la charité] qui a été par ailleurs très apprécié par Jaquelot à qui L'Escot a donné son propre...

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Lettre 1070 de Paul L'Escot Ă  Jean-Alphonse Turrettini

La Haye 23.05.1697


Lettre autographe, signée, adressée. Inédite. (F)
Archives de la Fondation Turrettini (Genève), 1/Gd.L.21


J'ay receu La Lettre... dans laquelle


Comme JA le lui avait demandé, L'Escot a fait tout ce qu'il pouvait auprès de [François (?)] de L'Estang pour qu'il se rappelle sa promesse, mais il est très difficile ces temps-ci de faire débourser de l'argent aux hommes de guerre. Quant à Guib, il laisse JA maître absolu de la vente de ses livres. L'Escot a fait parvenir à Basnage de Beauval et à [Jacques] Bernard le sermon de JA [Sermon sur la charité] qui a été par ailleurs très apprécié par Jaquelot à qui L'Escot a donné son propre exemplaire. Gaudot est parti pour l'Angleterre et L'Escot fera suivre les lettres de recommandation pour lui qu'il n'a pas encore reçues. L'expéditeur est presque sûr de partir bientôt pour Vienne en qualité de précepteur chez [Coenraad van] Heemskerck, un homme généreux, raisonnable et très riche et qui est l'envoyé extraordinaire de cet État à la Cour de l'empereur [Léopold I]. Le dernier synode qui a eu lieu à Berg-op-Zoom a mis définitivement terme aux querelles entre [Élie] Saurin et Jurieu et étouffé celles qui menaçaient entre [Pierre] de Joncourt et son collègue [Duvelaer] au sujet des sacrements, dont le premier avait mis en doute le caractère de sceaux de la grâce; de Joncourt a été condamné et on lui a imposé le silence. Le pasteur Carré vient de décéder; il laisse une somme très importante à ses deux filles; l'aînée a près de 50 ans mais les soupirants ne manqueront certainement pas dès que les larmes seront essuyées. La dureté de sa position à l'égard des réfugiés ne le fait pas regretter parmi ceux-ci. Les négociations pour la paix se poursuivent à Ryswick où les envoyés rivalisent de luxe, même si ceux d'Angleterre semblent remporter la palme. Les ambassadeurs des pays ennemis ne se rencontrent pas directement mais ils communiquent par le biais des médiateurs. L'Escot envoie ses salutations à différentes connaissances genevoises et fait des vœux pour la santé de la tante de JA [Marie I Turrettini]. L'Escot a entendu dire que Bayle allait augmenter son Dictionnaire de deux volumes, ce qui empêchera les contrefaçons du côté d'Amsterdam. L'impression du Dictionnaire de Moreri augmenté par [Jean] Le Clerc avance bien. Le Clerc lui-même vient de publier l'Ars critica, dont malheureusement la meilleure partie est passée en Angleterre. La Critique des Loteries de Leti est un salmigondis d'impertinences; l'auteur conçoit le monde comme une immense loterie dans laquelle certains tirent les bons numéros et les autres les mauvais. Ses attaques n'épargnent pas Genève et, en particulier, l'oncle de JA Stephanus [Étiennne Turrettini] à propos des deniers des collectes faites autrefois pour les Vaudois. Il dit aussi des choses hardies sur les alliés, rangé qu'il est cette fois-ci du côté de la France; pour L'Escot, il est intolérable que l'on laisse faire cela dans un pays où le roi d'Angleterre [Guillaume III] a tellement de pouvoir. On a déjà publié quatre ou cinq volumes des grands critiques [Critici sacri] ; pour ceux qui voudraient les acheter le mieux serait de verser quinze ou vingt francs et de les avoir tous tome après tome. [Isaac] Jaquelot a fait un sermon pour convaincre les Juifs; l'un d'entre eux, très fortuné, l'a entendu et en a été très secoué, presque sur le point de se convertir. Il en a demandé une copie à Jaquelot et l'a envoyée par la suite aux rabbins d'Amsterdam. Jaquelot espère que ceux-ci lui répondront, ce qui lui donnerait l'occasion de faire un ample traité sur la matière; le livre sur l'existence de Dieu, quant à lui, n'a pas suscité de réfutations, bien qu'on lui connaisse beaucoup d'ennemis. On dit ici que les Français veulent assiéger Ath et que Guillaume III est allé à leur rencontre.

Adresse

Genève


Lieux

Émission

La Haye

RĂ©ception

Genève

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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