18 Lettres

Lettre 872 de Richard Simon à Jean-Alphonse Turrettini

Paris 14.11.1694 [14.11.94]

Je viens d'apprendre

Simon vient d'apprendre de son ami Picques que JA a entre les mains les œuvres posthumes de Saubert pour les lui envoyer. Il faudrait que JA s'informât à Genève des libraires de la ville qui sont en correspondance avec [Jacques] Anisson de Lyon. Ce dernier reçoit souvent des paquets de Genève. Simon Indique à JA la marche à suivre. C'est [Johann] Fabricius qui lui fait ce présent, mais Simon n'a pas pu lui répondre à cause du malheur qui lui est arrivé à Dieppe qui lui a fait perdre tous ses liv...

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Paris 14.11.1694 [14.11.94]


Lettre autographe, signée. (F)
Bibliothèque de Genève, Ms fr 492 (f.243)

Auvray, Simon, p. 216-217.


Je viens d'apprendre


Simon vient d'apprendre de son ami Picques que JA a entre les mains les œuvres posthumes de Saubert pour les lui envoyer. Il faudrait que JA s'informât à Genève des libraires de la ville qui sont en correspondance avec [Jacques] Anisson de Lyon. Ce dernier reçoit souvent des paquets de Genève. Simon Indique à JA la marche à suivre. C'est [Johann] Fabricius qui lui fait ce présent, mais Simon n'a pas pu lui répondre à cause du malheur qui lui est arrivé à Dieppe qui lui a fait perdre tous ses livres et même une somme d'argent considérable. Il prie JA de transmettre cette nouvelle à Fabricius s'il a l'occasion de lui écrire. La seule chose qui le console dans ce malheur, c'est que ses compositions et ses manuscrits les plus précieux ont été sauvés car il y avait pourvu auparavant, craignant depuis longtemps ce qui est finalement arrivé. On a accusé les nouveaux convertis d'avoir mis le feu à leurs maisons et certains le croient encore à la Cour; mais Simon, qui s'est renseigné, les absout entièrement de cette fausse accusation. Il a rompu tout commerce avec [Reinier] Leers qu'il a découvert homme de parti. Il espère faire imprimer à Paris son supplément [Nouvelles observations], qui est une quatrième partie de sa critique du Nouveau Testament [Histoire critique du Nouveau Testament]. Il aurait pu être imprimé depuis deux ans si Leers n'avait pas eu de la considération pour Arnauld et les jansénistes. Simon envisage de faire imprimer une Bibliothèque choisie d'auteurs sacrés et ecclésiastiques [1708-1710], qui sera un supplément aux autres bibliothèques; il y aura des pièces curieuses tant imprimées que manuscrites avec des remarques sur les faux actes. Si Simon imprime ce livre à Paris avec privilège, il y aura des choses qui ne pourront pas y figurer, notamment pour ce qui concerne les bénédictins, avec qui ses amis l'ont réconcilié en son absence. Sans cela, il aurait montré que le canon hébreu qu'ils prétendent être de Jérôme est une fausse pièce. Simon demande donc à JA de voir s'il y a à Genève des libraires qui seraient intéressés par cette impression. Il faudrait qu'ils aient une bonne impression, de même que les caractères hébreux, arabes, syriaques et grecs. Il tâchera de faire connaître les caractères par des circonlocutions qui seront utiles aux voyageurs et à ceux qui composent des bibliothèques. Il n'y aura rien qui puisse choquer [les protestants]. Il faudrait prendre le nom d'un libraire de Francfort, comme Leers l'a fait quand il a commencé à imprimer pour lui. Simon recommande le secret à JA.

Adresse

Genève


Lieux

Émission

Paris

Réception

Genève

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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