18 Lettres

Lettre 869 de Claude Nicaise Ă  Jean-Alphonse Turrettini

Villey-sur-Tille 07.10.1694

Vous m'avés... osté

La derniĂšre lettre de JA a rassurĂ© Nicaise quant Ă  l'Ă©tat de sa santĂ©; celui-ci n'Ă©tait point embarrassĂ© Ă  propos des livres que le Genevois devait lui envoyer puisque ce qu'il dit dans sa lettre recoupe exactement ce que son neveu lui avait communiquĂ© trois semaines auparavant. Depuis, il n'a plus reçu de nouvelles de son neveu qui doit ĂȘtre occupĂ© Ă  ses affaires. Il pense que l'Ă©vĂȘque de Meaux [Jacques-BĂ©nigne I Bossuet] a dĂ» se procurer le livre sur la probabilitĂ© [Gonzalez de Santalla, Fu...

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Lettre 869 de Claude Nicaise Ă  Jean-Alphonse Turrettini

Villey-sur-Tille 07.10.1694


Lettre autographe, signée. (F et I)
Archives de la Fondation Turrettini (GenĂšve), 1/Gd.N.3

Budé, Lettres, II, p.354-360.


Vous m'avés... osté


La derniĂšre lettre de JA a rassurĂ© Nicaise quant Ă  l'Ă©tat de sa santĂ©; celui-ci n'Ă©tait point embarrassĂ© Ă  propos des livres que le Genevois devait lui envoyer puisque ce qu'il dit dans sa lettre recoupe exactement ce que son neveu lui avait communiquĂ© trois semaines auparavant. Depuis, il n'a plus reçu de nouvelles de son neveu qui doit ĂȘtre occupĂ© Ă  ses affaires. Il pense que l'Ă©vĂȘque de Meaux [Jacques-BĂ©nigne I Bossuet] a dĂ» se procurer le livre sur la probabilitĂ© [Gonzalez de Santalla, Fundamentum] Ă  Paris auprĂšs de [Reinier] Leers qui en a sĂ»rement amenĂ© dans ses ballots, imprimĂ©s en Flandres. Cet imprimeur a Ă©tĂ© rĂ©galĂ© par Bossuet, par l'archevĂȘque de Reims [Le Tellier], et par d'autres personnes de distinction. Nicaise pense qu'il aura envoyĂ© Ă  GenĂšve des exemplaires du De pictura de Franciscus Junius qu'on dit ĂȘtre un chef-d'Ɠuvre en matiĂšre d'impression. L'auteur des Depeches [Vincent Minutoli] aura ainsi l'occasion d'amender l'erreur qu'il avait faite en attribuant l'ouvrage Ă  Hadrianus Junius. On demande Ă  Nicaise, de toutes parts et avec empressement, de nouvelles Depeches. On n'a qu'Ă  les donner Ă  son neveu qui les enverra par la poste. Il y a un protestant rĂ©fugiĂ© en Hollande [Jacques Bernard (?)] qui donne tous les mois des Lettres historiques et un Recueil des piĂšces curieuses mais il semble un peu partial. On n'a pas envoyĂ© Ă  Nicaise les stances faites Ă  l'occasion de la mort d'Arnauld; apparemment Boileau et Racine, bons amis du dĂ©funt, n'y auront pas manquĂ©. Racine, ainsi que ses amis, ont Ă©tĂ© irritĂ©s de ce que Bossuet a dit sur le compte de ce dernier dans le livre qu'il a fait contre la comĂ©die [Maximes et rĂ©flexions]. Et cela est probablement Ă  l'origine des vers qu'on a faits contre Bossuet et qu'on a mandĂ©s Ă  Nicaise. Il transcrit Ă  ce propos le passage d'une lettre qu'un de ses amis lui a Ă©crite et qui dĂ©sapprouve ce que Bossuet a dit contre Racine; il aurait pu en effet s'attaquer seulement aux poĂštes morts. Cela fait longtemps que Racine a quittĂ© le thĂ©atre et Bossuet n'aurait pas dĂ» l'y faire remonter pour lui faire faire une confession et une pĂ©nitence publique sans sa participation. [Le Nain] de Tillemont a fait imprimer sa rĂ©ponse [MĂ©moires pour servir] au pĂšre Lamy de l'Oratoire au sujet de la PĂąques [Lamy, TraitĂ© historique] ; Lamy a du reste un autre adversaire dans sa congrĂ©gation mĂȘme en la personne du pĂšre Mauduit, auteur de l'Analyse du Nouveau Testament et de savantes dissertations. Il dĂ©fend la concorde de Port Royal que Lamy rabaisse pour relever la sienne. Cet auteur a fait imprimer des ElĂ©ments de gĂ©omĂ©trie qui sont les mĂȘmes que ceux d'Arnauld mais sans en dire mot. Le cardinal de Aguirre achĂšve sa collection des Conciles d'Espagne; il y en aura quatre volumes, dont le 1er, le 2e et le 4e sont imprimĂ©s et le 3e sous presse. Il continue Ă  y rĂ©futer la probabilitĂ© qu'il avait pourtant partagĂ©e quand il avait Ă©tĂ© professeur Ă  Salamanque; il y parle avec Ă©loge du livre du gĂ©nĂ©ral des jĂ©suites qui d'aprĂšs certains ne vaut pas grand chose. Le gĂ©nĂ©ral y a fait une addition sous forme d'appendice qu'il a adressĂ©e Ă  Cantelmo, l'archevĂȘque de Naples, lui aussi contraire Ă  la probabilitĂ©. Nicaise ne sait plus s'il a envoyĂ© Ă  JA toutes les nouvelles que Graevius lui a Ă©crites dans une longue lettre oĂč il lui parle des lacunes de Longin qu'un certain Tollius promet dans un voyage d'Allemagne et d'Italie qu'il va faire imprimer; si elles ne sont pas meilleures que les fragments du PĂ©trone de Nodot (?) [Satyricon, 1691 (?)], cela ne vaudra pas la peine de les donner au public. Nicaise va terminer la lettre par une piĂšce curieuse et plaisante des Messieurs de l'AcadĂ©mie arcadienne de Rome. C'est une lettre circulaire qu'ils adressent Ă  leurs confrĂšre"s arcadiens du dehors et que l'un d'entre eux, [Augustin] Nicolas, conseiller du Parlement de Besançon, a reçue et envoyĂ©e Ă  Nicaise pour le divertir. Il transcrit la lettre italienne qui invite, dans des termes pastoraux, Ă  participer Ă  une assemblĂ©e arcadienne le 20 aoĂ»t 1694. Il y a un petit mot pour [Marie] Spon; il prie aussi JA de donner Ă  [Jean-Antoine (?)] Chouet l'argent qui lui revient.

Adresse

[GenĂšve]


Lieux

Émission

Villey-sur-Tille

RĂ©ception

GenĂšve

Conservation

GenĂšve


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