19 Lettres

Lettre 708 de Barthélemy Micheli du Crest à Jean-Alphonse Turrettini

Genève 15.09.1693

Vous avès donc etè

JA a donc été à Chantilly et a pu voir la différence qui existe entre les beautés naturelles et celles qui sont dues à l'artifice et au déploiement de grands moyens financiers. JA aura pu voir aussi Liancourt qui n'a pas les beautés du premier mais qui a commencé à donner aux gens le goût de la beauté des eaux, inconnue jusque là. Il a vu ensuite le beau canal de Combreux dans un pays où l'on ne connaît pratiquement pas d'eaux. Micheli est ravi que le plaisir que prendra JA dans un tel lieu [Com...

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Genève 15.09.1693


Lettre autographe, signée. (F)
Archives de la Fondation Turrettini (Genève), 1/Gd.M.20

Budé, Lettres, II, p.316-317.


Vous avès donc etè


JA a donc été à Chantilly et a pu voir la différence qui existe entre les beautés naturelles et celles qui sont dues à l'artifice et au déploiement de grands moyens financiers. JA aura pu voir aussi Liancourt qui n'a pas les beautés du premier mais qui a commencé à donner aux gens le goût de la beauté des eaux, inconnue jusque là. Il a vu ensuite le beau canal de Combreux dans un pays où l'on ne connaît pratiquement pas d'eaux. Micheli est ravi que le plaisir que prendra JA dans un tel lieu [Combreux] et dans l'accueil obligeant du patron [Pierre Stoppa] lui fasse un peu oublier son arabe et sa trop grande application aux belles-lettres qu'il doit réserver pour le temps où il sera dans un lieu moins agréable. Micheli a appris par une lettre de Stoppa au résident [d'Iberville] que le roi [Louis XIV] a donné la compagnie de [Benjamin] Micheli à du Bouchet et il en a été aussi content que possible dans ces circonstances; cependant il serait bon que la famille Micheli puisse bénéficier des avantages que Stoppa lui a fait espérer, au moins tant que le nouveau capitaine ne sera pas en place. Il faudrait que JA s'intéresse de près à la chose. Cela est d'autant plus nécessaire que la famille est dans un triste état. La tante de JA [Marie I Turrettini] le charge d'une commission délicate. Puisqu'il est trop compliqué de faire venir de Flandres une tapisserie qu'elle voulait, elle demande à JA de se renseigner pour savoir s'il serait possible d'en trouver une à Paris (même si elle n'est pas neuve, pourvu qu'elle soit bien conservée), à un prix raisonnable. Il doit s'agir d'une tapisserie de verdure de Flandres, sans personnage, de 20/22 aunes courantes, en 6 ou 7 pièces, de la hauteur de deux aunes et demi. JA peut demander à [Daniel] Martine et à quelques dames de l'aider. On préfère avoir quelque chose qui coûte un peu plus cher mais qui soit honnête. Le résident a reçu la lettre de Martine et en est fort content. En Piémont, les alliés perdent leur temps à aller et venir et bien que depuis le début de la campagne ils veuillent bombarder Pignerol, ils ne seront pas prêts, comme ils l'avouent eux-mêmes, avant le 20. À présent du reste Catinat devrait avoir reçu les secours. On peut donc se demander s'ils pourront exécuter leur plan. Il faut dire du reste que tout ce que les alliés ont éprouvé d'avantageux pendant cette campagne, ils le doivent aux barbets qui, par leurs actions, ont fort contenté le duc [Victor-Amédée II] qui leur a envoyé 100 pistoles. Il faut voir comme on fait valoir cet exploit. Micheli, qui a envoyé à JA la harangue d'Amelot à la Diète, y ajoute de curieux mémoires que le ministre [de Neveu] de l'empereur [Léopold I] et celui de France y ont présentés. La Diète a répondu au baron de Neveu que c'est elle qui exige des satisfactions pour toutes les contraventions qu'on a dû subir. Les réfugiés continuent à partir de Genève et de Suisse mais il reste toujours tous ceux qui sont invalides et incapables de sortir. Il n'y a rien de remarquable à signaler pour Genève: [Élisabeth] Andrion a eu des attaques qui font craindre le pire, [Ami de Chapeaurouge-]Dauphin n'est pas bien non plus. Il lui donne ensuite des nouvelles des mariages: [François] Le Clerc avec [Susanne] Gallatin, [Antoine] Tronchin avec [Susanne] Perret. La fille [Olympe II] de l'auditeur [Jacob] de Normandie, qui se piquait de bel esprit, souffrant de rhumatisme est allée à Aix où elle prétend avoir eu une illumination, à la suite de laquelle elle est entrée dans un couvent à Chambéry. Elle ne veut voir ni père ni mère [Sara]; il faudra s'en consoler. La même chose est arrivée au bon [Michel (?)] Voisine, mais il est vite revenu. La pauvreté pousse parfois les gens à faire des démarches dont il se repentent par la suite. Les chaleurs ont pris fin et le froid est de retour. On recommande à JA de prendre soin de sa santé. [Germain] Colladon, qui est sur le point de partir, apportera à JA le catalogue de ses livres qui était dans sa malle. Il faudra qu'il travaille, après les féries, au procès de Grenoble. Madaillan est parti hier pour Lyon. Micheli l'a vu rarement.

Adresse

[Paris]


Lieux

Émission

Genève

RĂ©ception

Paris

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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