181 Lettres

Lettre 667 de Jacques Basnage Ă  Jean-Alphonse Turrettini

[Rotterdam] 09.07.1693 [09.07.]

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Basnage a mis un peu de temps pour répondre parce qu'il a transmis la lettre de JA à son frère [Henri Basnage de Beauval] pour qu'il puisse l'utiliser dans son journal [Histoire des Ouvrages des Savants]. Tous deux s'emploieront pour [Paul] Eyraud. Basnage a lu l'ouvrage du père Hardouin De nummis Herodiadum et aimerait savoir comment celui-ci prouvera que Josèphe n'est pas l'auteur de l'ouvrage qui porte son nom car il ne suffit pas de remarquer plusieurs fautes pour tirer une tel...

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[Rotterdam] 09.07.1693 [09.07.]


Lettre autographe, signée, adressée. (F)
Archives de la Fondation Turrettini (Genève), 1/Gd.B.10

Silvera, Corrispondenza, p.116-124.


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Basnage a mis un peu de temps pour répondre parce qu'il a transmis la lettre de JA à son frère [Henri Basnage de Beauval] pour qu'il puisse l'utiliser dans son journal [Histoire des Ouvrages des Savants]. Tous deux s'emploieront pour [Paul] Eyraud. Basnage a lu l'ouvrage du père Hardouin De nummis Herodiadum et aimerait savoir comment celui-ci prouvera que Josèphe n'est pas l'auteur de l'ouvrage qui porte son nom car il ne suffit pas de remarquer plusieurs fautes pour tirer une telle conclusion. Beaucoup de ses conjectures semblent hasardeuses, comme quand il prétend que les hérodiens et les sadduciens étaient les mêmes sectateurs de Platon. Ses explications de l'Écriture sont aussi fausses parfois. Dans une deuxième édition, il faudrait également qu'il mette les médailles à leur juste place, pour qu'on puisse juger de la vérité de ses conjectures. Cuper n'a pas voulu réfuter l'ouvrage et Gronovius ne devrait pas non plus le faire. Quant aux Menagiana, qui contiennent pas mal de «coïonneries», Bayle saura en profiter pour son Dictionnaire dont l'impression commencera dans la semaine [Projet]. Basnage a de la peine à croire ce que JA lui a écrit à propos de Du Pin; il se peut que celui-ci ait été forcé de se rétracter mais il doute qu'on ait fait une pièce si longue et si circonstanciée à son insu [La juste défense]. À la première occasion, il enverra à JA Le vain triomphe des Jésuites [d'Arnauld] et les Illusions. Thierry a envoyé ici plusieurs centaines d'exemplaires des traités de paix [Léonard, Recueil] ; c'est pourquoi ils paraissent ici sous le nom de [Reinier] Leers comme s'il les avait imprimés. On commence à publier les premiers volumes de l'Histoire de l'Edit de Nantes; l'auteur [Benoist], qui écrit bien, s'en tient étroitement à son sujet, ce que Basnage semble regretter parce que non conforme à la méthode des historiens modernes. Le point central est la démonstration qu'il fait de la nécessité et de l'irrévocabilité de l'Édit de Nantes; pour ce faire, il se fonde sur la nécessité de la tolérance, ce qui ne sera pas du goût de tout le monde. Il trouve pour finir que l'auteur a bien développé son plan, même si nombre de personnes auront probablement un autre avis. On imprime La Vie de Pierre Du Bosc par Le Gendre. Un curé de Bruxelles, janséniste, a fait publier chez Leers de bonnes pensées qui ne sont pas toutes telles. Leers a dit à Basnage qu'il écrirait à JA en lui envoyant ce qu'il demande pour Monsieur de Meaux [Jacques-Bénigne I Bossuet] ; si JA veut aussi une lettre pour Fontenelle, Basnage peut la lui écrire mais, en attendant, le père Commire peut lui dire s'il est ou non à Paris. Il signale enfin la parution de deux opuscules un peu particuliers; l'un est l'Index Achilleus [de Drelincourt] qui contient une table de 80 pages de tout ce qu'on a dit du personnage; l'autre est la vie d'Épicure publiée par Du Rondel et dédiée à Drelincourt, où il y a des choses curieuses bien que le style soit un peu affecté. La querelle entre [Jacques] Basnage et Jurieu se poursuit, à la suite du sermon sur l'amour du prochain dans lequel Basnage avait cité un passage de Grégoire de Nazianze sur la paix qui n'avait pas plu aux amis de Jurieu; celui-ci a calomnié Basnage et en a demandé la déposition. Entre temps, le même Jurieu faisait son possible pour perdre [Basnage] de Bellemare auprès du comte d'Athlone en arguant, entre autres, des relations suspectes de Bellemare avec ses deux frères [Basnage lui-même et Henri Basnage]. Au début, ces calomnies eurent un certain effet puisque le frère de Basnage [Henri] fut contraint de demeurer quinze jours à Bruxelles, en attendant que les choses s'éclaircissent. Finalement, le grand bruit de ces affaires provoqua l'intervention du Consistoire, qui s'en mêla pour essayer de trouver un accommodement. On entendit a"insi séparément Basnage, P[iélat] et J[urieu] (mais pas les frères de Basnage qui ne voulurent pas que leurs affaires fussent mêlées à celle de Basnage) et on conclut par des remontrances aux trois. La remontrance à Jurieu fut plus faible que celle à Pielat parce qu'on voulut le protéger au maximum. Quant à Basnage, comme on ne sut pas sur quoi la fonder, on lui reprocha d'avoir cité Grégoire sans un mot qui marquât qu'il en faisait l'application. On a aussi dit que Jurieu avait dénié avoir accusé Basnage d'hostilité à l'égard du gouvernement. Bien que Basnage eût des preuves de cela, il n'a pas relevé la chose puisque l'affaire ne portait pas sur ce problème. Il lui transmet les salutations de Bayle et d'Henri Basnage; ce dernier a publié un «Eloge» de [Fabrice] Burlamaqui. Perizonius a quitté Franecker pour l'Académie de Leyde.

Adresse

Paris


Lieux

Émission

Rotterdam

RĂ©ception

Paris

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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