66 Lettres

Lettre 575 de Barthélemy Micheli du Crest à Jean-Alphonse Turrettini

Genève 27.01.1693 [17.01.1693]

Il y a un mois que Je ne vous ay point escrit

À cause de sa goutte, cela fait un mois que Micheli n'a pas écrit à JA; s'il avait pu le faire, il aurait fait amende honorable pour les reproches qu'il lui a faits dans sa dernière au sujet de la brièveté de ses lettres puisque, dans les deux dernières, il a montré qu'il savait les choses et qu'il savait bien les dire quand il en prenait le temps. Même s'il ne dit pas grand chose sur son action du 27 du mois passé, on sait du moins qu'elle n'a pas altéré sa santé. Il se peut que le froid qu'il...

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Genève 27.01.1693 [17.01.1693]


Lettre autographe. Inédite. (F)
Bibliothèque de Genève, Ms fr 488 (f.256-257)


Il y a un mois que Je ne vous ay point escrit


À cause de sa goutte, cela fait un mois que Micheli n'a pas écrit à JA; s'il avait pu le faire, il aurait fait amende honorable pour les reproches qu'il lui a faits dans sa dernière au sujet de la brièveté de ses lettres puisque, dans les deux dernières, il a montré qu'il savait les choses et qu'il savait bien les dire quand il en prenait le temps. Même s'il ne dit pas grand chose sur son action du 27 du mois passé, on sait du moins qu'elle n'a pas altéré sa santé. Il se peut que le froid qu'il a fait depuis Noël ait empêché JA d'aller à Cambridge; quoi qu'il en soit, il faut maintenant songer au retour parce qu'il a encore d'autres séjours à faire et que cela fait presque deux ans qu'il est en voyage. Il pourrait profiter du passage de Wikart qui est destiné à aller faire la campagne de Flandres. Micheli est sûr que Wikart prendra toutes les précautions possibles. Il se peut aussi que les parents de Germain Colladon le rappellent à Genève pour qu'il vienne s'occuper de ses affaires et puisse être installé en même temps aux Deux-Cents. S'il passait à une époque favorable pour JA, il serait bon pour celui-ci qu'il fît le voyage avec lui, même s'il devait un peu contribuer pour lui jusqu'à Paris. Il aurait au moins une personne de confiance avec qui partir. Pour que le voyage se fasse en sécurité, il devra aller à Bruges pour passer à Courtrai et pour cela il n'aura besoin que du passeport de l'Électeur de Bavière [Maximilien II Emmanuel] et, si possible, d'une lettre de recommandation du commandant de Bruges. Il arrivera ensuite à Lille d'où il pourra prendre un carosse pour Paris. On avait compté sur le passage de Larrivée mais il serait imprudent pour lui de quitter le certain pour l'incertain. Il faut en tout cas que JA ne se prive pas de commodité. On a à Genève un nouveau syndic en la personne de [Jean-Louis] Mestrezat qui aimerait bien procurer à son frère [François] la profession de philosophie. [Pierre] Gautier travaille aussi à l'avancement de son fils [Jean-Antoine] qui se perfectionne à Bâle mais on ne sait toujours pas si le Conseil maintiendra ou supprimera cette chaire. Micheli ne doute pas qu'on sollicite JA de plusieurs côtés et que, si on s'y employait, il pourrait avoir l'emploi. Mais après avoir bien réfléchi, la famille pense qu'il est encore trop tôt pour lui: il doit pouvoir terminer tranquillement ses études et prendre ensuite un temps de repos. Il faut qu'il profite de cette période puisqu'il n'y a rien de mieux que d'être maître de soi-même. Du reste, on sait comment les professeurs de Genève voient la philosophie et avec quelle facilité on fait les gens hérétiques. On sait aussi ce qu'on pense de ceux qui l'ont faite jusqu'à présent. Après avoir soupiré pour sa belle [Renée Burlamaqui], [Barthélemi] Pellissari soupire devant la dépense puis qu'on dit que même abrégée, la noce lui coûtera dix mille écus. La Chambre de la Réformation a bien fait contre les horribles dépenses des noces. Pour les nouvelles publiques, il n'y a à signaler que la course que les Français ont faite dans la plaine du Piémont jusqu'aux portes de Turin. Le duc [Victor-Amédée II] se porte mieux mais il semble qu'il ne pourra pas faire la campagne. Tout porte à croire que les Français seront cette année forts de ce côté-là. Catinat est à Chambéry. Les Suisses, inquiets de ce que le duc [Friedrich Karl] de Wurtemberg puisse céder la forteresse d'Hohentwiel à la France pour obtenir sa libération, ont envoyé [Heinrich I] Escher à l'ambassadeur de France [Amelot]. Il doit lui représenter combien une telle cession porterait ombrage à la Suisse, qui serait alors enfermée de tous côtés et se verrait obligée de prendre des mesures pour assurer sa sécurité. Amelot lui a répondu que le roi [Louis XIV], durant toute cette guerre, avait eu à cœur de ne pas donner ombrage aux Suisses mais il a fait également remarquer que cette forteresse ne pouvait intéresser que les villes de Schaffhouse et de St Gall, dont l'attitude avait été très partiale jusqu'à présent. Le roi n'était donc pas obligé de guérir leurs soupçons. La liberté, rendue au duc sans rançon et sans conditions, aura calmé le tout. On a été bien heureux d'avoir sauvé Rhinfeld et l'on veut avoir le cours du Rhin.

Adresse

[Londres]


Lieux

Émission

Genève

RĂ©ception

Londres

Conservation

Genève


Cités dans la lettre

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